Aucune civilisation ne pourrait exister sans éducation. Opter pour l’éducation de qualité n’est pas un choix, si l’objectif est d’édifier une nation, une civilisation, une culture et de réaliser des progrès. C’est indispensable. Partant de ce concept, l’Egypte, sous le haut patronage du Président Abdel Fattah Al-Sissi, a lancé depuis 2014 un projet national pour le développement de l’éducation.
L’objectif n’est pas facile puisqu’il s’agit d’une transformation totale du système éducatif en Egypte. Cette transformation vise à passer d’un système d’éducation et d’enseignement à un système d’apprentissage où l’élève n’est plus un récepteur passif, mais plutôt un apprenant qui interagit avec le système. Point final donc à la communication des connaissances et sciences ! C’est dorénavant le temps d’un enseignement qui rime bien avec la vie quotidienne et professionnelle. Un enseignement basé, à la fois, sur les connaissances, les expériences et les compétences. Apprendre aux jeunes à chercher les informations eux-mêmes, à appliquer ce qu’ils ont appris dans leurs vies personnelles et professionnelles.
Certes, ceci n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Outre la préparation de nouveaux programmes et étudier de nouveaux systèmes d’évaluation, il ne faut pas oublier de changer les mentalités des élèves et de leurs parents à propos du système éducatif qui dépendait, pour de longues années, de l’apprentissage par coeur, et des notes finales des examens.
Une question qui n’est pas simple et qui demande du temps et des efforts. Les responsables ont bien pris en considération cette réalité en commençant leur plan graduellement. Par exemple, l e changement des programmes s’effectue avec les premières classes de chaque cycle, en commençant par le premier primaire, premier préparatoire et ainsi de suite. Idem pour les évaluations.
Les premiers examens numériques via les tablettes pour le premier secondaire n’étaient pas notés afin de permettre aux élèves de s’adapter au nouveau système. Même son de cloche pour les évaluations du Bac égyptien.
Lors de la conférence d’Al-Gomhouriya sur la Nouvelle République à laquelle a pris part le ministre de l’Education et de l’Enseignement technique, Dr Tarek Chawki, il a expliqué à l’audience que l’objectif principal est de changer la vision des élèves et de leurs parents sur le parcoeurisme, sans rien apprendre, en s’intéressant seulement au total des notes élevées et aux facultés dites facultés de sommet. Dans ses interventions à la Conférence internationale sur l’enseignement virtuel dans les universités, Dr Chawki a expliqué que le projet national de développement de l’éducation adopté par l’Egypte vise à créer une nouvelle vision de la société sur l’enseignement. L’objectif est d’arriver à un élève qui a le plaisir d’apprendre et aspire à être plus créatif, plus le développement des programmes scolaires, adaptés aux besoins du marché du travail, aussi bien au niveau national qu’international.
Par ailleurs, de nouvelles filières d’études ont été créées dans les universités publiques et aussi dans les universités internationales. Ces dernières font également partie du projet national de développement de l’éducation. Des universités internationales dans les quatre coins du pays, qui offrent aux jeunes un enseignement de qualité, capable de rivaliser avec les grandes universités de grande renommée, et proposer de nouvelles filières qui vont de pair avec la nouvelle époque et répondent aux demandes du marché du travail actuel. L’Egypte compte actuellement quatre universités civiles : l’Université d’Al-Galala, l’Université internationale Roi Salmane, l’Université internationale d’Al-Alamein et l’Université de la Nouvelle Mansoura. Au niveau des écoles, l’Etat a également commencé à lancer les écoles internationales. En janvier dernier, le quotidien égyptien Al-Youm Al-Sabie a publié une liste de 19 écoles internationales gouvernementales dans différents gouvernorats, essentiellement au Caire, mais aussi à Kafr El-Cheikh, Damiette, Alexandrie, etc…
Transformation numérique
La Banque des connaissances est un des principaux aspects de la transformation numérique qui fait partie du projet national de développement de l’éducation. Fruit de l’initiative du Président Al-Sissi, “Vers une société égyptienne qui apprend, pense et crée”, en 2014, la Banque des connaissances a été lancée en 2016. Il s’agit d’une énorme bibliothèque numérique qui offre aux utilisateurs un contenu conatif provenant des plus grandes maisons d’édition de par le monde. La Banque est également liée au système éducatif égyptien et quelque 100 millions d’Egyptiens de tout âge ont gratuitement profité de ce service. Par ailleurs, les tablettes ont été incluses dans la classe du premier secondaire en 2017. De ce fait, 700 mille tablettes ont été distribuées aux élèves et 700 mille autres en 2018, plus 770 mille pour l’année scolaire 2020/2021 pour un total d’environ 2 millions de tablettes. D’autre part, des réseaux d’Internet ont été établis dans des écoles gouvernementales, soit 2530 écoles en 2021. Toujours dans le cadre de cette transformation, le ministère de l’Education et de l’Enseignement technique s’est penché sur les professeurs en leur offrant diverses formations pour les aider à s’adapter aux nouveaux besoins de l’enseignement, que ça soit au niveau des techniques d’enseignement ou de la formation numérique.
Partenariat internationale
Étant donné que l’objectif est d’arriver à une éducation au niveau des standards internationaux, l’Egypte s’est penchée sur le partenariat et la coopération internationale avec nombre d’institutions prestigieuses comme l’UNICEF, l’UNESCO, la Banque Mondiale et d’autres. En effet, la Banque des connaissances jouit d’un partenariat avec 33 institutions de connaissances internationales de par le monde.
Enseignement technique
Le projet national de développement de l’éducation inclut tous les types d’éducation. L’enseignement technique pré-universitaire a souffert, pour de longues années, de manque d’intérêt. Avec le projet national, les programmes de ce type d’enseignement ont été révisés et modifiés, de même que les partenariats avec les entreprises et usines du secteur public ou privé afin de permettre aux élèves de découvrir le milieu de travail et de développer leurs compétences. Nombre de stages de formation ont été offerts aux élèves, en plus des opportunités d’emploi pour les diplômés.
Les partenariats ne sont pas seulement limités aux stages. De n o u velles écoles d’enseignement technique ont été ouvertes dans de nouveaux domaines qui répondent aux besoins modernes du marché du travail.
A noter que les écoles japonaises sont également le fruit de la coopération entre l’Egypte et le Japon. En 2021, le nombre des écoles japonaises en Egypte a atteint 43 établissements dans les différents gouvernorats où le gouvernement égyptien vise à construire 100 autres écoles en coopération avec le Japon. Les écoles japonaises sont favorablement accueillies par les Égyptiens. Tous ces efforts déployés n’ont pas été vains. En décembre 2021, l’Egypte s’est offert la 73ème place dans l’indice de l’enseignement pré-universitaire en grimpant de 11 places par rapport à 2020. Elle a occupé la 68ème place sur l’indice de l’enseignement technique et technologique, sautant ainsi de 12 places et enfin pour l’indice mondial de la connaissance, organisé par le programme des Nations Unies pour le développement en coopération avec la Fondation Mohammed Ben Rashed Al Maktoum, l’Egypte a occupé la 53ème place en 2021 au niveau mondial sur 154 pays, et la première place au niveau de l’Afrique, tandis qu’en 2020 elle occupait le 72ème rang sur 138 pays.





