Des personnes déplacées dans la région éthiopienne du Tigré (Nord) ont accusé des soldats “d’enlèvement, torture, et dans certains cas de meurtre”, selon un rapport d’agences de l’ONU et d’ONG obtenu jeudi 27 mai par l’AFP. Ce document, finalisé cette semaine, concerne les sites de personnes déplacées dans la ville de Sheraro dans le nord-ouest du Tigré, près de la frontière avec l’Érythrée, selon l’AFP. Le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) s’est dit mercredi 26 mai “profondément alarmé” par les arrestations de centaines de déplacés dans des camps au Tigré, où l’armée fédérale éthiopienne mène une opération militaire depuis six mois.
Ces arrestations, effectuées lundi 24 au soir, par des soldats éthiopiens ainsi que de l’Erythrée voisine, ont visé les camps tentaculaires qui se sont formés près de la ville de Shire, ont affirmé le lendemain à l’AFP Amnesty International des témoins. Près de 200 déplacés ont été frappés par les soldats qui ont confisqué leurs téléphones avant de les faire monter dans des camions, selon Fisseha Tekle, chercheur à Amnesty. Environ 40.000 Tigréens déplacés se trouvent à Sheraro, dont la plupart sont venus de plus à l’ouest, où le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré qu’un “nettoyage ethnique” était en cours.





