Réaliser une autosuffisance en récoltes agricoles est une question de sécurité nationale. Ce qui justifie les investissements consacrés aux projets agricoles pour faire face aux défis économiques dus aux mutations régionales et mondiales.
Le plan d’expansion agricole, est une démarche visant à sécuriser les besoins du pays en récoltes stratégiques. Il s’agit de garantir la disponibilité des cultures stratégiques, d’éradiquer la pauvreté dans les zones rurales, de s’adapter aux changements climatiques et de promouvoir une agriculture durable.
Le développement agricole commence à porter ses fruits. Il est actuellement possible de fournir plus de 50 % de la demande de semences pour atteindre une productivité élevée. Selon le ministre de l’Agriculture, l’année dernière, il y eu une hausse de la productivité des semences et plus de 60 % de la demande a été couverte. Pour la culture du maïs, 100% de la demande de semences de maïs est couverte en coopération avec les entreprises supervisées par le ministère de l’Agriculture. En ce qui concerne la récolte de blé, le pourcentage de couverture des besoins en semences était moindre par rapport au volume de la demande, mais il y a eu recours au projet “L’avenir de l’Égypte” pour la production agricole et d’autres projets de culture de semences.
Le but est que les besoins en semences certifiées soient entièrement couverts pour un grand pourcentage de cultures, y compris le riz et le coton. Quant au projet « Avenir de l’Egypte » pour la production agricole, il compte parmi les plus grands projets nationaux lancés par l’Etat. Le projet, situé sur la route Le Caire/El-Dabaa, vise à optimiser la production agricole et à fournir des produits de haute qualité et à prix abordables afin de combler le fossé entre la production et l’importation, assurer la sécurité alimentaire et l’autosuffisance en denrées stratégiques. “Nous n’avons ménagé aucun effort pour développer le projet, qui est devenu l’un des plus grands projets agricoles et qui contribue à la production de toutes les cultures dont notre pays a besoin”, a dit le directeur du projet, Bahaa al-Ghanem. “En inaugurant ce projet, nous aspirons achever le projet du Nouveau Delta, qui sera un essor quantitatif et qualitatif pour l’Egypte, dans le domaine de l’agriculture et de l’industrie’’ a-t-il ajouté.
La superficie totale allouée au projet est de 1,5 million de feddans, ce qui représente 50% du projet “Nouveau Delta” qui se compose de quatre phases, dont la première a été entièrement mise en œuvre sur une superficie de 34 000 feddans. La deuxième phase sera entamée en octobre prochain, la troisième en juillet 2023 et la quatrième en 2024. Le total des terres bonifiées dans le projet atteindra environ un million 50 mille feddans. 350 mille feddans ont été bonifiés et cultivés selon les normes de rapidité et de qualité les plus élevées. Il s’agit d’un projet géant qui maximise le principe économique d’abondance de la production via l’utilisation des systèmes modernes d’agriculture et d’irrigation à pivot central.
Le projet implique la bonne gestion de l’énergie et de l’eau, qui font partie des éléments très importants dans le coût, représentant de 25 à 30%. Par ailleurs, l’Etat a construit nombre d’axes et de routes, comme l’axe de Rod al-Farag et celui d’Al-Dabaa, lesquels ont facilité le transfert des récoltes et des biens en un temps record, ce qui constitue un grand ajout à l’économie agricole.
Avenir de l’Egypte se caractérise également par la présence d’un département de numérisation et d’analyse de données pour évaluer la performance des employés, ainsi qu’un département de prévision des crises auxquelles le pays peut être confronté. Un autre méga projet agricole doit être mis en œuvre : le projet “Tochka Al-Kheir”, dans le sud de la Haute-Egypte. Ce projet est la matérialisation des démarches de la nouvelle république dans le dossier de la sécurité alimentaire et du développement durable. Dans la même optique, il importe de mentionner le projet de développement du nord et du centre du Sinaï, ainsi que le projet de développement de la campagne égyptienne. Les travaux dans tous ces projets sont en cours afin de réaliser les objectifs escomptés : augmenter la superficie agricole et renforcer l’autosuffisance.
Un stock de blé suffisant jusqu’à fin 2022
Le ministre des Finances, Mohamed Maït, a récemment déclaré que l’Egypte disposait d’un stock de blé suffisant jusqu’à la fin de l’année courante 2022. Déclaration faite sur fond de crise alimentaire mondiale qui se profile à l’horizon du fait de la crise ukrainienne et des avertissements faits par les Nations et le G7 sur des craintes croissantes au sujet d’une pénurie de blé partout dans le monde. Maït a prévenu des répercussions de la crise russoukrainienne sur la crise alimentaire mondiale qui pourrait menacer des millions de personnes dans le monde et les exposer à des risques de famine en raison de la flambée des prix de la nourriture. “Il faut que nous soyons extrêmement prudents pour cette probable crise de sécurité alimentaire à l’échelle mondiale, car c’est un danger qui menace de famine des millions de vies innocentes”, a ajouté Maït. Le ministre a, par ailleurs, souligné que l’économie égyptienne ne tomberait pas en récession malgré ces crises mondiales. Il a souligné que l’Egypte faisait partie du petit nombre de pays qui ont réalisé une croissance positive au cours des deux dernières années malgré la pandémie de coronavirus. “Le gouvernement égyptien prévoit une croissance de 5,5% lors de l’exercice 20222023-’’, s’est félicité le ministre.
Le blé égyptien, parmi les meilleures espèces
Le blé égyptien est l’une des meilleures espèces de blé dans le monde en raison de sa dureté, d’un contenu de protéine élevé et d’un taux d’humidité assez bas, a affirmé Bahaa Al-Ghannam, directeur du projet de production agricole “Avenir de l’Egypte”. Selon lui, le taux de pureté du blé égyptien est nettement meilleur, comparé à de nombreuses espèces de blé au niveau mondial. Al-Ghannam a mis en avant que l’extension de la superficie cultivée dans le cadre de ce projet était essentiellement consacrée aux cultures stratégiques.
D’ailleurs, le service d’information du gouvernement (SIG) a publié une vidéo dans laquelle il a exposé le fonctionnement du système de culture et d’approvisionnement en blé qui repose sur plusieurs axes consistant à atteindre des taux de production sans précédent, à faire un bond dans la construction des silos et à soutenir les agriculteurs et les incitations à l’importation










