Nilesat-301 en orbite
L’Égypte poursuit son expansion scientifique et technologique dans les l’espace, à travers la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse avec un budget indépendant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique visant à faire progresser le développement économique et social, conformément aux directives du président Abdel Fattah Al-Sissi en faveur de la sécurité nationale. Les ambitions de l’Egypte en matière de science spatiale prennent de l’ampleur.
Par Marwa Mourad

Les grands chantiers spatiaux annoncés par l’Egypte sont le fruit du nouveau programme spatial adopté en 2020 et qui court jusqu’en 2030. Il traduit la volonté du gouvernement égyptien d’accélérer le développement spatial national et d’en faire un moteur de bonne gouvernance et de développement, conformément à la stratégie de développement durable Vision Egypte 2030.
La constellation de satellites dont l’Egypte se dotera d’ici deux ans contribuera entre autres à la sécurité – surveillance du territoire et suivi des frontières en cas de catastrophes ou de menaces – ; à la météorologie pour l’agriculture, la surveillance du changement climatique, l’atténuation des débris spatiaux.
Programme ambitieux
En 2020, un nouveau programme spatial ambitieux a été adopté par l’Egypte. Aligné sur la stratégie de développement durable Vision Egypte 2030, il contribuera au développement socioéconomique du pays à travers le déploiement dans l’espace de divers équipements de surveillance et de télédétection.
Le satellite de communication géostationnaire Nilesat-301 de l’opérateur égyptien de satellites de télécommunications Nile SAT est dans l’espace. Construit par la société Thales Alenia Space, l’engin a été lancé, le mercredi 8 juin, à bord d’une fusée Falcon 9 de la société spatiale américaine du milliardaire d’origine sud-africaine Elon Musk.
NileSat-301
NileSat-301 est basé sur la plateforme Spacebus 4000-B2, avec une masse de 4 tonnes au lancement. Il aura une durée de vie minimale de 15 ans durant lesquels il fournira des services de communication et de haut débit par satellite à l’Égypte et aux pays voisins de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord).
La construction de NileSat-301 a débuté en décembre 2019 avec la signature d’un accord entre NileSat et Thales Alenia Space au terme d’un appel d’offres international. Le projet avait un délai de développement de 25 mois et devait être livré en janvier 2022. Il s’agit du deuxième satellite de télécommunications géostationnaire réalisé par Thales Alenia Space pour le compte de Nile SAT, après NileSat-201. Les deux premiers satellites de la société ont été construits par l’ex-société aérospatiale française Matra Marconi, aujourd’hui Airbus Defence and Space.
Une fois opérationnel, NileSat-301 viendra renforcer et remplacer le satellite NileSat-201, qui expirera en 2028. Le nouveau satellite de télécommunications géostationnaire contribuera également à l’extension de la fourniture de services de télécommunications et de radiodiffusion numérique directe en Afrique australe et dans le bassin du Nil, renforçant ainsi le leadership commercial de Nilesat.
« NileSat-301 est capable de manœuvrer les antennes pour ajuster des zones de couverture en fonction des besoins des pays africains, qui sont considérés comme de nouveaux marchés pour Nilesat », a déclaré Ahmed Anis, président-directeur général de la société égyptienne.
La construction du satellite de NileSat a débuté en décembre 2019. Le projet initialement prévu pour durer 25 mois devait être livré en janvier 2022. Le calendrier du projet a finalement été prolongé de quatre mois supplémentaires.
L’année prochaine verra également le lancement du satellite EgyptSat-2 d’une masse de 330 kg pour les applications de capteurs avec une précision photographique de 2 mètres, après que l’agence a terminé sa conception initiale en coopération avec la partie chinoise, selon un accord de don de 45 millions d’USD conclu entre les deux parties.
Nouveau centre d’essai
L’Égypte entend en outre ouvrir un centre de collecte et d’essai de satellites, qui serait le premier de ce type dans le monde arabe. Un tel site serait placé sous les auspices d’une cité de l’espace, entièrement dédiée à la recherche spatiale.
Le plan comprenait également l’inauguration en septembre 2022 “d’un centre d’assemblage et d’essai de satellites” – premier du genre au niveau de la région arabe – qui sera installé sur la cité spatiale internationale, ce qui permettra d’effectuer des tests environnementaux dans le domaine des sciences spatiales et de la télédétection.
Le centre visait une production égyptienne à 100% des satellites et à servir un certain nombre de projets nationaux égyptiens que le gouvernement met en œuvre au cours de la période actuelle.
Le chef de l’Agence spatiale égyptienne, Mohamed El-Qoussi, a récemment déclaré que l’Egypte avait des plans ambitieux de construction de systèmes et d’infrastructures spatiales. L’Égypte dispose déjà de plusieurs satellites en orbite, et le nouveau venu ajoute des capacités de télédétection ainsi que des utilisations pour la recherche scientifique. Affichant 65 kilos à la pesée, le satellite est lancé avec l’aide de partenaires allemands et chinois.
Coopération Egypte-Afrique
Concernant la coopération égypto-africaine dans le domaine spatial, notamment après l’aval par le conseil exécutif de l’Union Africaine de l’accueil par l’Egypte de l’Agence spatiale africaine, le responsable a révélé un plan égyptien dressé avec la participation de cinq pays africains (Kenya, Ouganda, Ghana, Soudan et Nigéria) pour le lancement – lors de la prochaine période – d’un satellite commun baptisé “le satellite du développement africain”.
L’accueil par l’Egypte de l’agence africaine vient couronner les efforts scientifiques et techniques déployés par l’équipe de travail égyptienne et prouve la capacité de l’Egypte de servir le continent y compris les défis dans les divers domaines, notamment l’élimination de la pollution de l’eau et de l’air, les changements climatiques et l’instauration de la paix et de la sécurité dans le continent
Cadre

Flash back
Le programme spatial égyptien a été initié au milieu des années 1990, mais a vraiment démarré en 1998 avec la création du Conseil Spatial Égyptien. Son ambition est d’acquérir les compétences nécessaires pour accéder au domaine spatial.
L’Égypte a six autres expériences de satellites, dont certains sont toujours en service et d’autres hors service après la fin de leur vie.
Nilesat 101 : Lancé le 28 avril 1998, le premier satellite égyptien destiné aux communications par satellite a été officiellement lancé le 31 mai 1998. Il a été mis hors service en février 2013 et a été fabriqué par Matra Marconi, une entreprise franco-britannique.
Nilesat 102 : Lancé en 2000 et chargé sur le satellite «Nilesat 101», il était équipé de plus de 680 chaînes de télévision couvrant l’Afrique du Nord, l’Europe du Sud et le Moyen-Orient. Il est maintenant exploité par la Société égyptienne de satellites. Il est sorti du service en 2015.
Égypte Sat 1 : Le premier satellite de télédétection égyptien a été fabriqué en coopération entre l’Autorité nationale pour la télédétection et les sciences spatiales en Égypte et le Bureau d’étude ukrainien. Il a été lancé le 17 avril 2007 à partir d’un missile «Dnepr-1» depuis le lance-roquettes de Baïkonour au Kazakhstan.
Nilesat 201 : L’un des satellites de la deuxième génération des satellites Nilesat, lancé en août 2010, a été fabriqué par Thales Elenia Space, une société française. Il a été lancé sur le missile «Ariane 5» en Guyane française le 4 août 2010 et a été lancé à l’essai en septembre 2010. Il pèse 3,2 tonnes.
Égypte Sat 2 : Lancé en 2014, il pèse environ 100 kg et contient deux capteurs, un capteur infrarouge et un capteur multispectral. Il était équipé d’une technologie d’imagerie allant jusqu’à 8 mètres (distance entre deux objets au sol), mais il s’est perdu en février 2015.
Égypte Sat A : Lancé en février 2019 d’un coût de 100 millions de dollars, le satellite «Egypt Sat 1», perdu en 2015, a été dédommagé et la compagnie d’assurance a repris la fabrication du nouveau satellite. Elle a été lancée depuis la base russe de Baïkonour en présence d’une délégation de haut niveau des scientifiques de la télédétection et des sciences spatiales.





