«Nous irons mieux demain», de Tatiana de Rosnay

Un soir à Paris, Candice Louradour, jeune ingénieure du son et mère d’un petit garçon de 4 ans, est témoin d’un grave accident de la circulation : une passante est renversée devant elle. Bouleversée, elle lui accorde quelques mots de réconfort en attendant les secours. Un élan spontané qui se mue en amitié pour cette femme d’une cinquantaine d’années, amputée d’une jambe après la collision. Sans famille, posant beaucoup de questions mais peu loquace sur son passé, Dominique Marquisan, lectrice assidue de l’œuvre d’Émile Zola, s’immisce petit à petit dans la vie de Candice jusqu’à s’installer chez elle, développant une relation qui va se révéler toxique. On savait déjà Tatiana de Rosnay fine connaisseuse de Daphné du Maurier, et il en reste quelques échos dans cette inconnue à la personnalité opaque, selon elle.fr. Mais c’est l’admiratrice d’Émile Zola que l’on découvre : l’écrivain s’invite dans ce nouveau roman que l’on dévore comme une boîte à secrets, dont on ouvre les tiroirs au fil des chapitres. Tatiana de Rosnay n’en oublie pas son intrigue : que signifient ces échanges entre une certaine Gabrielle et un certain Valentin, retrouvés par Candice sur le portable de son père décédé deux ans plus tôt ? Pourquoi ne supporte-t-elle pas son corps ? Que cache vraiment Dominique Marquisan, dont l’emprise sur le petit garçon et l’amoureux de Candice devient angoissante ? Porté par un souffle romanesque, la marque indélébile des livres de Tatiana de Rosnay, « Nous irons mieux demain » joue avec habilité entre le présent et le passé, entre le thriller… et Zola.
«Ainsi pleurent nos hommes», de Dominique Celis

Ce premier roman suffocant de rage et de splendeur est une succession de lettres fiévreuses envoyées par Erika, la narratrice installée à Kigali en 2018, à sa sœur chérie : «Lawurensiya, […] je dois en finir ! Avec Vincent. Avec le mausolée Rwanda, selon elle.fr. Faire sécession d’avec la pulpe criminelle de cette société.
D’avec le flicage permanent. Par tes amis. Tes collègues, tes voisins. Tes amants. D’avec l’absence viscérale de confiance. De tes amis. De tes collègues, de tes voisins. De tes amants. […] Je veux en finir avec le mortifère ! Rassembler mes morceaux et me casser, les larguer, amarres comprises. Là-bas ou ailleurs. » Vincent, c’est son grand amour et sa grande douleur.
«Il était une autre fois», Célia Housset et Anne-Fleur Multon

Ce joli album revisite trois grands classiques des contes pour enfants : « Cendrillon », « La Belle et la Bête » et « Casse-Noisette ». Superbement écrit par Anne-Fleur Multon et sublimé par les illustrations de Célia Housset, « Il était une autre fois » réinterprète à la sauce féministe et de manière plus contemporaine ces histoires qui ont bercé notre enfance. À lire et relire, sans modération, d’après elle.fr.
«Marcel Proust I et II», de Jean-Yves Tadié

En cette année de centenaire de la mort de Marcel Proust, s’il y a un texte à lire, c’est celuilà : nourrie de l’œuvre de Proust et de la vie quotidienne de son époque, aussi extraordinairement documentée que fluide, l’énorme biographie de Jean-Yves Tadié dresse le portrait d’un homme malade et révolutionnaire qui a tout sacrifié à l’écriture, d’après elle.fr.





