Le président américain a placé l’atténuation comme une priorité, mais il a esquivé le sujet des réparations financières pour répondre aux catastrophes causées par le réchauffement climatique. Cela a été une visite au pas de course, pour celui qui se présente comme un champion de la lutte climatique : le président Joe Biden a passé trois heures en Egypte, vendredi 11 novembre, à la conférence mondiale sur le climat qui se tient à Charm el-Cheikh, avant de s’envoler vers l’Asie, où il participera notamment au sommet du G20, peut-on lire sur LeMonde.


Depuis la station balnéaire égyptienne, où les mesures de sécurité étaient renforcées, le dirigeant a rejoint le chœur des appels à une action urgente, qui résonne depuis l’ouverture de la COP27 : « La crise climatique concerne la sécurité des êtres humains, la sécurité économique, la sécurité nationale et la vie même de la planète », a-t-il dit, en mettant en exergue la « vulnérabilité » de l’Afrique. Il a jugé les efforts pour le climat « plus urgents que jamais » M. Biden a défendu sa politique climatique, en vantant son engagement personnel ancien et en détaillant le plan colossal adopté cet été, qui finance, entre autres, les énergies renouvelables et la recherche, à hauteur de 370 milliards de dollars.
De quoi « changer le paradigme » et permettre aux Etats-Unis d’atteindre leurs objectifs de réduction des émissions en 2030, a-t-il assuré. Posant l’atténuation comme une priorité mondiale, il a présenté un nouveau projet de réglementation américaine pour réduire les émissions de méthane, incluant des normes strictes pour les producteurs.
Le méthane, qui contribue activement au réchauffement climatique, est en particulier lié à l’industrie de pétrole et de gaz, ainsi qu’à l’agriculture. Le président américain a également a exhorté les autres pays à agir. « Tous les pays doivent faire plus. A cette réunion, nous devons renouveler et relever nos ambitions », a-t-il lancé. Dans sa ligne de mire, bien qu’il ne l’ait pas nommée, figure notamment la Chine, devenue le premier émetteur de gaz à effet de serre devant les Etats-Unis, pollueur historique.
Le président chinois Xi Jinping n’a pas fait le déplacement à Charm El-Cheikh. Les deux hommes doivent se rencontrer lundi en marge du sommet du G20 à Bali, en Indonésie. Joe Biden s’exprimait dans la salle plénière où, avant lui, des chefs d’Etat et de gouvernement d’une centaine de pays avaient pris la parole lundi et mardi, lors du mini-sommet des leaders mondiaux. Il a insufflé « une énergie positive » à la conférence, a estimé auprès de l’agence AP l’envoyée spéciale sur le climat de l’Allemagne, Jennifer Morgan.
L’ambition climatique au cœur des débats
Près de 200 pays entrent cette semaine dans le dur des négociations pour tenter de s’entendre sur la mise en œuvre des promesses climatiques. Source de tensions entre Nord et Sud, la question des financements est loin d’être tranchée. Comment montrer que le monde, en proie à des crises multiples à même de bouleverser l’ordre des priorités, ne fait pas machine arrière dans la lutte contre le dérèglement climatique ? A Charm el-Cheikh, en Egypte, le sommet mondial sur le climat amorce une deuxième semaine sous haute tension. D’ici à vendredi soir – ou quelques heures plus tard si les pourparlers se prolongent – les quelque 200 pays présents à la COP27 devront s’accorder sur une déclaration finale qui ne marque pas un recul par rapport aux accords précédents, selon LesEchos. Rien n’est acquis. A commencer par le maintien des engagements pris l’an passé à Glasgow, lors de la COP26, de limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Ce week-end, l’envoyé américain pour le climat, John Kerry, a cherché à rassurer. « La plupart des pays ici n’ont pas l’intention de revenir en arrière », a-t-il jugé. Mais il a reconnu que certains s’opposaient à la mention de cet objectif, le plus ambitieux fixé dans l’Accord de Paris en 2015, dans le texte en préparation.
Eliminer les énergies fossiles
Chaque mot, chaque virgule de l’accord final seront discutés. Car le document permet aux gouvernements d’envoyer un message politique fort sur des objectifs qu’ils se fixent sur le long terme. Ce weekend, la présidence égyptienne de la COP a mené une première série de consultations avec les pays. L’Inde pousserait ainsi, selon Reuters, pour que les nations s’engagent à « éliminer progressivement » tous les combustibles fossiles – et non plus uniquement le charbon (dont le pays est un des plus gros consommateurs), comme décidé à Glasgow l’an dernier. L’Union européenne souhaiterait, de son côté, voir figurer l’alignement de tous les flux financiers sur l’objectif « 1,5 °C » de l’Accord de Paris. Les délégations pourraient aussi regarder si elles incluent dans le texte la nécessité de doubler le financement pour l’adaptation au changement climatique.



