Al-Ahram
Par Farouk Gouéda
L’Histoire s’arrêtera longtemps sur cette période morose que le monde vit aujourd’hui. C’est une période parmi les pires périodes où les incidents et les cartes se sont «mélangés», précise le grand écrivain Farouk Gouéda dans un article publié par le quotidien Al Ahram. Le facteur le plus dangereux est en fait celui de la « surprise » qui a frappé le monde sans prévisions ni calculs en vue de changer tous les stratagèmes et les objectifs. D’autre part, ce qui arrive dans les coulisses de la politique des armées, est aussi mystérieux et imprévisible. Dans le cadre de décisions contradictoires, d’incapacité à déterminer le gagnant et le perdant, de destruction qui menace le monde, nous pouvons révéler des pertes et des idées qui ont chuté.
Je crois que la plus grande idée à chuter et la première victime de ce chaos mondial est l’idée de la mondialisation. Cette idée était une arme de destruction massive qui a envahi le monde pour créer un nouveau monde sans entités, ni origines ni constantes. La mondialisation a progressé à travers des axes organisés et étudiés. La technologie était «le cheval gagnant», l’arme la plus dangereuse du changement, les réseaux de communications, les satellites, les industries modernes, l’annulation des distances et des cartes ; pour transformer le monde en un «petit village» géré par Washington et les grandes capitales du monde.
Comme si les chaines satellites contrôlaient le monde au lieu des armées d’occupation. La technologie a ciblé aussi les langues, les cultures, les valeurs en propageant des appels portant atteinte aux religions (…) Les religions étaient en fait la première cible de la mondialisation précisément l’Islam (…) La langue arabe a aussi été parmi les victimes de la mondialisation. L’enseignement étranger est devenu en vogue (…) les peuples arabes sont sur le point d’oublier leur langue. (…) De plus, la mondialisation était derrière l’atteinte à l’identité des peuples, et à leurs constantes (…).
Sans doute la mondialisation a uni le monde en ce qui concerne l’alimentation, les vêtements, les arts, la danse, le chant… La mondialisation visait à créer une image unie des pays du monde, avec une seule langue et une seule race pour qu’elle soit une nouvelle forme d’occupation sans armées ni batailles (…) Pourtant, les catastrophes qui ont frappé le monde étaient la première alarme annonçant la chute de la mondialisation (…) La guerre russo-ukrainienne est le début permettant de tracer une nouvelle carte mondiale. Dans ce nouveau monde, la mondialisation sera la première victime des divisions. Cette division entre les puissances du monde est le danger le plus éminent. (…)
La mondialisation n’était pas une idée mais un nouveau projet d’occupation visant à changer le monde. Elle visait à contrôler les esprits non pas les territoires. Mais le monde s’est divisé et c’est la mondialisation qui est la première victime





