Le 22 décembre marquait le début de l’hiver et bien entendu de la dépression saisonnière dont la cause principale est le manque de lumière. S’exposer intentionnellement à la lumière peut-il alléger les symptômes de cette dépression ? Et est-il possible que la lumière soit utilisée comme outil de médecine alternative pour résoudre d’autres problèmes.
Par Ghada Choucri




En effet, la luminothérapie existe vraiment et elle est utilisée pour différents objectifs. La luminothérapie est un traitement médical utilisé dans la prise en charge des troubles du rythme circadien et de la dépression saisonnière, ainsi que dans d’autres pathologies (dépression non-saisonnière). Elle consiste à exposer les yeux à une lumière d’intensité et de spectre lumineux spécifique proche de la lumière solaire. C’est en 1984 que l’utilisation de la luminothérapie en psychiatrie clinique fait sa première apparition pour soigner la dépression saisonnière. Cette découverte a été faite par Norman E. Rosenthal et ses collègues du National Institute of Mental Health aux États-Unis. Pendant plus de vingt ans, plusieurs chercheurs, exploraient cette voie pour le traitement de la dépression saisonnière, les troubles du sommeil et la dépression nonsaisonnière. Mais malgré des résultats apparemment positifs, la reconnaissance de cette technique est longue, au point de décourager certains chercheurs. En 2004, Raymond W. Lam, auteur d’une étude clinique sur le sujet, déclare au journal Medscape : « C’est dommage que davantage de patients n’y aient pas accès parce que les médecins n’ont pas conscience [de l’efficacité de ce traitement] ». En 2006, l’Association Américaine de Psychiatrie reconnait officiellement la luminothérapie comme un traitement efficace, de première ligne, contre la dépression saisonnière et certains troubles du sommeil.
Lutter contre l’insomnie
Parmi les troubles ou la technique de la luminothérapie peut y intervenir, il y a l’insomnie. Dans des affirmations faites au site Internet d’actualité de Strasbourd, Juliette Chambe, médecin généraliste à Strasbourg, spécialiste des questions liées à l’insomnie et la luminothérapie a expliqué que pour ce qui est de l’insomnie, l’efficacité de la luminothérapie reste à démontrer.
Des travaux existent, «mais ça n’est pas très clair pour l’instant», résume Mme Chambe. «Une métaanalyse sur le sujet, publiée par des Néerlandais, montre que, globalement, il y a une efficacité de la luminothérapie dans l’insomnie. Mais, si on regarde dans le détail, on observe qu’il y a des personnes pour qui ça ne marche pas du tout et d’autres pour qui ça marche, sans que l’on sache encore très bien sur quel critère», pointe Mme Chambe. La spécialiste esquisse : « Il semblerait que la luminothérapie ait une efficacité pour lutter contre l’insomnie, mais il reste à savoir chez quel insomniaque – car toutes les insomnies ne se ressemblent pas – et comment mettre en pratique cette luminothérapie ». Dépression, insomnie et cancer? Bon, les bénéfices de la luminothérapie dans le cadre du cancer ne sont pas encore validés par des preuves scientifiques. Il existe des recherches notamment sur l’intérêt de la luminothérapie dans la gestion de la fatigue persistante chez les personnes ayant été traitées par un cancer et sur la gestion des symptômes dépressifs dans le cadre de cancers. La photothérapie dynamique (PDT), elle, est proposée en traitement de certains cancers (notamment des cancers superficiels de la peau).
La photothérapie dynamique est un traitement qui repose sur l’interaction entre un photosensibilisateur et une source lumineuse de longueur d’onde adaptée au spectre d’absorption du photosensibilisateur. Cette interaction, en présence d’oxygène, entraîne la formation de radicaux libres permettant la destruction des lésions, selon le Journal des Femmes. Et pour la beauté, la luminothérapie ou en est-elle ? Selon Dr Sarah Fadli, médecin généraliste et esthétique a expliqué dans un article publié sur Magicmaman, que la photothérapie est utilisée pour traiter de multiples problèmes cutanés. Sur le visage, on l’emploie pour lutter contre le vieillissement de la peau, favoriser la cicatrisation, ou encore traiter l’acné inflammatoire.
En médecine esthétique, la luminothérapie est également utilisée pour compléter de nombreux soins. «Pour nous, c’est vraiment une arme thérapeutique indissociable de nos traitements!», explique Dr Fadli, donnant l’exemple des peelings qu’elle pratique, toujours suivis d’une séance de luminothérapie pour augmenter les bienfaits du soin. « La lumière LED a également une action sur le moral et améliore la qualité du sommeil », poursuit Sarah Fadli. Ce n’est toutefois pas la même technologie que les lampes à lumière blanche qui imitent le rayonnement solaire.
La luminothérapie fonctionne avec des lampes LED qui diffusent différents types de lumière en fonction du problème à traiter. Ainsi, la lumière rouge a un effet antiinflammatoire, apaisant et cicatrisant, quand la lumière bleue a une action antibactérienne, permettant notamment de soigner l’acné. « La longueur d’ondes de la lumière va entrer dans les mitochondries, qui sont les usines à énergie des cellules. » précise Dr Fadli. Selon la couleur de la lumière, la longueur d’ondes est différente et, par conséquent, l’action sur la peau aussi. L’étude Photomedecine and laser surgery, datant de 2014 et répertoriée dans l’US National Library of Medicide, souligne notamment ses bienfaits. Les sujets de cette recherche ont ainsi connu une nette amélioration de leur peau après leur traitement lumineux. Des effets secondaires possibles? Et comme toute thérapie, on pense toujours aux effets secondaires et les risques.
En effet, La luminothérapie ne présente pas ou peu de danger, elle sera évitée en cas d’atteinte rétinienne importante. En revanche, il peut y avoir quelques effets secondaires, liés surtout à un mode d’administration inadapté. “La luminothérapie faite à des horaires inadaptés peut aggraver les symptômes au lieu de les améliorer” prévient Pr Patrice Bourgin, neurologue.




