Al-Masry Al-Youm
Par Amr Al-Chobki
La guerre russo-ukrainienne a directement affecté la sécurité européenne commune, selon un article d’Amr Al-Chobki publié par Al-Masry Al-Youm. L’Europe semble déchirée entre un soutien militaire prudent en faveur de l’Ukraine et une volonté de mettre un terme à la guerre mais en état de force et non de faiblesse.
L’avancement russe et l’insistance de la Russie à contrôler la région de Donbas (…) est toujours rejeté par l’Europe et ouvrira la porte à la poursuite du conflit malgré les risques économiques et sécuritaires. La guerre a engendré un fait indéniable : l’Europe a augmenté ses dépenses militaires et a révisé sa stratégie sécuritaire et militaire. D’un côté, les pays de l’UE ont approuvé la création d’un siège permanent de l’OTAN en Pologne (…). D’un autre côté, la guerre un engendré un renforcement des capacités militaires des pays de l’UE en adoptant une politique appelée «le pouvoir auto-stratégique». Cela veut dire que l’Europe restera sous le pouvoir américain, concrétisé par l’OTAN, mais renforcera aussi sa capacité militaire unifiée. Les pays de l’UE ont approuvé, pour la première fois depuis la création de l’Union, de s’engager à hausser leurs dépenses militaires pour dépasser les 2% du PIB. (…) Selon un rapport publié par l’Agence de Défense Européenne, l’UE était parmi les blocs internationaux qui dépensent le moins sur l’armement entre 1999 et 2021.
Les dépenses militaires ont augmenté de 20% chez les pays de l’UE à comparer avec 66% aux USA, 292% en Russie et 592% en Chine. De plus, la Suède et la Finlande ont renoncé au principe de non alignement vis-à-vis de l’OTAN (principe que les deux pays adoptaient depuis des années pour éviter un conflit avec la Russie), en appelant à rejoindre l’OTAN (…) Bien qu’il soit question d’une indépendance de la puissance militaire européenne, cette indépendance semble en fait un renforcement des capacités militaires mais en coordination avec les Etats-Unis. Il semble que l’expression de l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson «sois proche des Américains», pèse concrètement sur la scène, à travers diverses positions de leaders Européens qui cherchent à bâtir une puissance militaire européenne qui agit sous le parapluie américain et en coordination avec les USA.





