Al-Masry Al-Youm
Par Abdel Moneïm Al-Saïd
Il y a un an, les relations internationales étaient critiques lorsque la Russie mobilisait ses forces militaires sur les frontières de l’Ukraine. Des positions politiques et diplomatiques accompagnaient cette mobilisation et des accusations s’échangeaient entre Moscou et les capitales occidentales, précise Abdel Moneïm Al-Saïd dans un article publié par Al-Masri Al-Youm. D’une part, la Russie rejetait l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, laquelle lui constituait une menace directe. D’autre part, la Russie planifiait une attaque contre un pays membre de l’ONU et la crise s’escaladait (…) et a pris une approche mondiale (…) avec la signature d’un communiqué commun russo-chinois le 4 février 2022. Ce communiqué était un « cri » appelant à réviser le système international en place depuis la fin de la guerre froide et basé sur les USA en tant que seule super puissance dans le monde (…) Alors que le monde entrait dans une crise géopolitique sur les alliances et les menaces des frontières, il est aussi entré dans la scène de réorganisation du système international (…) et la guerre a commencé. Cette guerre a annoncé l’échec de deux théories des relations internationales. La première théorie est celle de la stabilité des puissances. La stabilité des puissances entre la Russie et l’Occident n’a pas empêché le déclanchement de la guerre.
La seconde théorie est la dépendance réciproque selon laquelle les échanges entre les parties internationales empêcheraient la guerre car elle porterait atteinte à ces échanges. Le long d’une année, la guerre s’est acharnée sur divers fronts (…) La Russie, l’Ukraine et l’Occident n’ont pas payé seuls la facture de la guerre mais le monde entier l’a payée. (…) La Russie qui est entrée en guerre pour empêcher l’élargissement de l’ OTAN, a causé, à travers les opérations militaire, le plus haut degré de solidarité au sein de l’OTAN depuis longtemps : le Suède et la Finlande, non alignée depuis des années, ont demandé d’adhérer à l’OTAN. L’opération militaire s’est ainsi transformée en une guerre globale qui exige une mobilisation militaire, trois changements de leaders militaires, un recours aux milices (…) Un an après la guerre, l’accueil des réfugiés et le soutien de l’Ukraine ont causé des pressions économiques et politiques sur les pays européens et sur les USA. Après un an, la guerre s’est transformée en un drain réciproque des puissances Le monde devait payer la facture de la mondialisation qui n’était plus opérante.
Le monde a payé la facture des opérations militaires à travers le déséquilibre des chaines d’approvisionnement, la crise énergétique, la flambée des prix (…) Ce qui est aussi important est le fait que le système des Nations Unies n’est non seulement pas parvenu à empêcher la guerre mais n’a aussi pas pu l’arrêter. Les « doutes » ont pris la relève dans les relations internationales. (…) La Russie mobilise ses forces ; l’Ukraine, avec le camp européen, est prête à recevoir des armes d’attaque (…) Des préparatifs sont en cours pour la reprise du conflit ce printemps. Et ce au milieu d’une scène internationale agitée sans aucune réaction (…)





