Quelle sera la trajectoire de la hausse des prix en 2023 dans la zone euro ? Tour d’horizon des arguments en faveur d’une accélération et d’une décélération, peut-on lire sur La Tribune.
En 2022, le taux d’ inflation annuel enregistré dans la zone euro fut le plus élevé depuis sa création en 1999, notamment sous l’ effet des perturbations dans les chaînes d’ approvisionnement mondial et de la crise énergétique engendrée par le conflit en Ukraine. La question qui se pose désormais est celle de sa trajectoire en 2023 et au-delà. Faut-il s’ attendre à un ralentissement ou à une accélération de la hausse des prix ? En effet, plusieurs facteurs semblent aujourd’ susceptibles hui de rapprocher l’inflation de l’ objectif de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE) tandis que d’ autres, à l’ inverse, risquent de la maintenir à des niveaux élevés.
Le pire est-il derrière nous ? Parmi les facteurs qui laissent penser que la tendance serait plutôt à un ralentissement de l’ inflation, on peut déjà noter une baisse des prix des matières premières. Après un pic à 10,6 % en glissement annuel en octobre 2022, les derniers chiffres de janvier ont montré une baisse à 8.5%. Cette chute des matières premières depuis leurs sommets historiques explique en grande partie cette décélération de la hausse des prix. En effet, l’ alimentation et le logement/ énergie représentent 35 % de l’ indice global de l’ IPCH (indice harmonisé des prix). En supposant que nous n’ assistions pas à une résurgence des tensions sur ces marchés à forte volatilité, l’ effet de base (c’ est-à-dire corrigé des causes transitoires) sera donc de plus en plus favorable dans les mois à venir, poussant les chiffres de l’ inflation globale à la baisse.
Autre argument qui plaide pour un ralentissement de l’ inflation : les anticipations d’ inflation. De manière peut être surprenante pour le grand public, ces anticipations constituent en effet l’ un des principaux moteurs de la hausse des prix aujourd’ hui. Dans ce contexte, les banquiers centraux surveillent attentivement les donc enquêtes menées auprès des consommateurs et de prévisionnistes professionnels pour évaluer les sentiments d’ inflation.
Or, selon le dernier rapport de la BCE, ces prévisions des consommateurs commencent à se stabiliser depuis plusieurs mois. Dans le même temps, les professionnels ont revu légèrement à la hausse leurs prévisions d’ inflation IPCH pour 2023 et 2024 par rapport à l’ enquête précédente (pour le quatrième trimestre de 2022), pour s’ établir à 5,9 % et 2,7 % respectivement. Dans l’ ensemble, ces deux indicateurs constituent un signal positif indiquant que les anticipations d’ inflation à moyen terme sont toujours bien ancrées autour de l’ objectif de la BCE, et que le scénario d’ un dérapage de l’ inflation n’ est (pour l’ instant) que peu probable. Enfin, il ne faut pas oublier que les actions de politique monétaire mettent du temps à produire leurs effets. En bref, nous ne ressentirons l’ impact de la première hausse des taux d’ intérêt de la BCE qu’ à la mi-2023. Si l’ économie de la zone euro a montré quelques signes de ralentissement au dernier trimestre de 2022, l’ effet « retardateur » d’ une hausse des taux d’ intérêt aura certainement un impact plus important sur la croissance en 2023, attendue à 0.7% après 3,5 % l’ année dernière.





