Chacun de nous se rappelle les histoires de sa grand-mère. Des histoires héritées d’une génération à l’autre. Chaque génération y a évidemment ajouté sa propre sauce et a permis aux autres d’en goûter une nouvelle saveur. Les histoires de grand-mère cherchent à rappeler aux adultes ces doux moments passés à l’ombre des persiennes à écouter les histoires de nos aïeuls à l’âge de l’innocence.
Une tête de poisson et deux galettes de pain
Il était une fois une jeune femme qui vivait avec sa mère. Toutes deux habitaient dans un hameau très pauvre et très humble. Elles trouvaient une grande difficulté à joindre les deux bouts et à trouver de la nourriture. La mère demandait le plus souvent aux voisins de les aider pour se nourrir. Malgré cela, elles continuaient de vivre dans des conditions assez misérables. Puis, un jour, la mère a décidé de sortir pour chercher du travail. Elle trouve du travail chez un vendeur de poisson, mais malgré une longue journée de travail, il lui donne une tête de poisson et deux galette de pain. Dès qu’elle rentre chez elle, elle dépose son salaire ou sa rémunération sur une petite table basse et fond en larmes. Sa fille affamée l’attendait impatiemment : elle avait si mal à l’estomac et espérait après autant de temps qu’elle pourra bien se nourrir. Fatiguée, la mère dépose le plat et dit à sa fille d’apporter deux assiettes.
• C’est tout ce que j’ai pu obtenir. J’ai bossé follement, sans manger, ni répit, pour n’avoir que cela. Nous allons nous en partager et espérer que demain sera meilleur. La mère a peine dit ses mots qu’elle s’est endormie, en fermant ses paupières lourdes comme deux sacs de sable, elle a marmonné rapidement : Laisse ma part, je mangerai à mon réveil.
C’est alors que la jeune fille s’est retrouvée avec une petite quantité de nourriture, extrêmement minime, et en train de manger seule. Elle a essayé de suivre les conseils de sa mère : bien mâcher la nourriture de sorte à tuer la faim réellement. Sa mère lui disait toujours : les grandes bouchées avalaient rapidement et ne permettent pas de rassasier des pauvres. Il faut apprendre à trouver des stratégies pour faire taire la faim. Après avoir mangé, la fille se rend compte qu’elle a dévoré la tête de poisson complète et n’a rien laissé à sa mère. Même, la deuxième galette de pain, elle ne l’a pas épargné : elle s’en est emparée et l’a dévorée d’un seul coup. Face à ce constat, elle tremblote et se demande : quelle sera la réaction de sa mère une fois qu’elle le découvre ?
A suivre





