Trois banques américaines ont fait faillite en une seule semaine, à savoir Silicon Valley Bank (SVB), Signature Bank et Silvergate Bank. Un coup dur pour le secteur bancaire mondial, sujet à un risque de contagion malgré les tentatives des autorités américaines pour freiner les dégâts.
Tel un château de cartes, trois banques américaines se sont effondrées, les unes après les autres: Signature Bank, Silvergate Bank et Silicon Valley Bank (SVB). La fermeture de cette dernière est considérée comme la plus grande faillite bancaire aux Etats-Unis depuis la crise f inancière de 2008. Au supplice vendredi, les banques européennes chutaient de nouveau lundi dernier, avec un mouvement encore plus marqué pour les banques perçues comme moins solides : Crédit Suisse dévissait de 9,98% et a touché un nouveau point bas historique tandis que l’al lemande Commerzbank plongeait de 10,56%, la française Société Générale de 5,88% et l’italienne Unicredit de 7,75%. HSBC, qui perdait 3,59%, a annoncé lundi matin racheter la branche britannique de Silicon Valley Bank pour une livre, ce qui permet aux clients d’accéder à leurs dépôts et leurs services bancaires normalement.
Les autorités américaines ont pris plusieurs mesures durant le weekend pour tenter d’endiguer la défiance dans le système bancaire américain et d’éviter des retraits massifs des dépôts pouvant fragiliser encore plus ces établissements.
Les raisons de la faillite
Le resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed), via une hausse des taux, a mis les marges des banques sous pression, incité des clients à placer leur argent dans des produits financiers mieux rémunérés que les comptes courants et a bousculé le secteur des nouvelles technologies, gourmand en cash. La vague de retraits qui a suivi a provoqué la défaillance des trois banques. Le système bancaire américain est «solide», assure le président Biden Le président américain Joe Biden s’est voulu rassurant lundi matin, assurant que «les Américains peuvent avoir confiance dans le fait que le système bancaire est solide», après les turbulences suscitées par l’écroulement de la banque californienne SVB. «Vos dépôts seront disponibles quand vous en aurez besoin», a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche. Il a également promis que les contribuables américains ne seraient pas responsables des pertes d’une faillite bancaire, et a appelé le Congrès à «renforcer» la régulation du secteur. «Le système bancaire est beaucoup plus résilient et doté d’une bien meilleure assise qu’avant la crise financière», a martelé un responsable du Trésor. «Pour être clair, la situation n’est pas celle de 2008.» «Les actions de la Fed ce week-end sont destinées à mettre fin aux perturbations dans le secteur bancaire et le système financier qui s’étaient manifestées rapidement ces derniers jours», a expliqué un responsable de la Fed. L’ensemble des mesures dévoilées dimanche dernier étaient «nécessaires pour traiter le risque systémique que nous avons observé sur les marchés financiers», a-t-il appuyé. La solution annoncée dimanche dernier protège les déposants mais «les investisseurs (actionnaires) de ces deux banques (SVB et Signature Bank) vont tout perdre» et leurs dirigeants seront remplacés, a souligné ce responsable de la Fed.
Nouvelle donne pour la Fed?
Cette crise dans le secteur bancaire «change la donne concernant les attentes de la Fed», souligne Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank. Les relèvements brutaux des taux directeurs depuis un an afin de lutter contre l’inflation ont contribué à fragiliser les banques et à ralentir l’activité économique. Face aux événements, les marchés anticipent désormais un ralentissement de la cadence des hausses de taux de la Fed lors de la prochaine réunion les 21 et 22 mars. En Europe, «il est difficile de voir pourquoi la BCE ne devrait pas réaliser la hausse de 50 points de base», mais les colombes, partisans d’une politique monétaire accommodante, ont désormais «plus d’arguments» pour la suite, estime Carsten Brzeski, économiste à ING. Les taux souverains chutaient sur le marché obligataire lundi dernier. Le taux d’intérêt pour l’emprunt à 10 ans américain était de 3,49%, contre 3,70% vendredi à la clôture, tandis que le taux à deux ans connaissait une chute inédite depuis 1987, de plus de 50 points de base à 4,06%. La dette allemande à 10 ans se négociait à 2,18% contre 2,50% vendredi à la clôture. Le dollar reculait face aux autres monnaies: l’euro reprenait 0,56% à 1,0703 dollar et la livre 0,53% à 1,2094 dollar. Le bitcoin rebondissait de 4,54% à 22.470 dollars, effaçant les pertes qui avaient suivi l’annonce des difficultés de SVB.





