Les Egyptiens sont un peuple très spirituel. Qu’ils soient musulmans ou chrétiens, ils vivent une période très particulière en ce mois de mars : le jeûne. En effet, le carême chrétien a commencé depuis près d’un mois et devrait prendre fin le 15 avril quelques minutes avant minuit. Et, les Musulmans devraient, pour leur part, commencer le jeûne de Ramadan à partir de jeudi 23 mars. Une période haute en spiritualité qui permettrait à l’ensemble de la population de changer de rites et aussi de vivre des moments loin du rythme trépidant du quotidien. Car, la religion est avant tout un moment où le cœur et l’esprit cherchent une sorte de quiétude qu’on peut ne pas trouver dans notre course effrénée dans une société moderne basée sur la consommation. Qui dit consommation, dit achat et accumulation de bien, mais oublie le plus souvent un élément fort important : prendre soin de son âme.






Chacun cultive son âme d’une façon différente par rapport à l’autre. Il y a ceux qui préfèrent le voyage, le yoga, la nourriture ou encore la spiritualité. Et les Egyptiens, depuis l’époque de l’Egypte antique, sont fort attachés à la religion. Ils trouvent une sorte de repos, ou de salut près de Dieu, et dans les rites religieux. Cela les réconforte face au matérialisme de notre monde, un matérialisme qui peut parfois étouffer l’âme. Et ce mois de mars est particulier, puisque le jeûne chrétien avant Pâques coïncident avec le jeune du mois de Ramadan. Bref, il s’agit d’une période sacrosainte et singulière. Le Grand carême est une préparation avant Pâques, qui est la plus grande fête orthodoxe. Cette période de purification du corps et de l’esprit permet de se préparer à la Résurrection du Christ. Il est même indiqué de nettoyer sa maison pendant le jeûne. Pendant le Grand carême, de nombreux aliments sont interdits : viande, poisson, œufs, fromage, huile, lait et vin notamment. Quelques dates marquent des pauses dans le jeûne : l’Annonciation et le dimanche des Rameaux pour le poisson, l’Annonciation et le Jeudi Saint pour le vin et l’huile, selon le site www.icalendrier.fr. L’idée est que l’être humain durant cette période de carême se libère des plaisirs de la chaire pour se donner à Dieu. Dans ces moments, il peut certainement se redécouvrir et être en connexion avec son âme. Dans Matthieu 4, le Christ rappelle que « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». S’abstenir de nourriture, c’est ouvrir un espace pour accueillir autre chose. Le fait d’entrer en jeûne oriente vers le désir de nouer des relations plus profondes avec la Parole et les personnes autour de nous. On rompt avec ses habitudes, on entreprend un travail sur soi. La véritable démarche du jeûne s’inscrit dans une offrande d’une partie de soi. Offrande liée à un temps liturgique comme le Carême, à un choix personnel difficile ou bien encore à une cause qui nous est chère. Le jeûne a deux moteurs : la prière d’un côté et la charité de l’autre. On ne jeûne pas pour soi mais pour produire des fruits, par une plus grande disponibilité aux autres, insiste le site www.lepelerin.com. La règle est presque la même quand il s’agit du jeune du mois sacré et béni de Ramadan. Ramadan est un mois de pardon, un mois de paix et est clôturé par une aumône obligatoire faite aux plus pauvres. Lorsque le musulman jeûne, il se rappelle de tous les bienfaits et porte un sentiment de reconnaissance envers son Créateur. Enfin de compte, le jeûne du mois de Ramadan est une façon de se rapprocher de Dieu, de se remettre en question, et de bénéficier de bienfaits sur le corps et sur l’esprit. Il est un des 5 piliers de l’Islam et construit la base solide du musulman dans sa quête religieuse de plaire à Allah. Il apporte beaucoup de bienfaits à tous les niveaux. Jeûner, c’est l’abstention de nourriture, de boisson et de rapports sexuels de l’aube jusqu’au coucher du soleil pendant un mois et tout cela dans un état de pleine conscience. Ce mois est le Ramadan, neuvième mois du calendrier hégirien et est communément associé au Jeûne. Il est meilleur que le jeûne des autres jours dans l’année, car d’après ‘Awf Ibn Malik Al Achja’i, ‘Omar Ibn Al Khattab (qu’Allah l’agrée): « Le jeûne d’un jour en dehors du Ramadan et nourrir soixante pauvres sont l’équivalent du jeûne d’un jour de Ramadan », d’après le site www.gomuslim.fr.
Pourquoi jeûne-t-on pendant le mois de Ramadan ?
Pour se rapprocher d’Allah: Tout d’abord, c’est une adoration et une soumission à Allah de la part du musulman consentant. C’est à dire que le musulman est conscient que la volonté d’Allah est un bienfait pour lui, et il attend de son jeûne, la miséricorde d’Allah. Le Ramadan est également un pilier de l’Islam qui est une obligation religieuse. Pour bénéficier des bienfaits du jeûne sur le corps…: Ne pas manger toute la journée peut apporter de la souffrance. Ce n’est pas l’objectif de ce mois béni, car Allah nous facilite cette période si nous sommes malades ou en incapacité physique de le faire, et il est toujours possible de rattraper ces jours avant le prochain Ramadan. En jeûnant, le jeûneur s’attend aussi aux bienfaits liés à la santé, et liés à sa personne. Mais aussi sur l’esprit: En effet, il amène a un meilleur contrôle de soi et des pulsions. Le jeûne enseigne la patience et la reconnaissance, et c’est une prise de conscience considérable des bienfaits de petits plaisirs que nous avons chaque jour que nous avons l’habitude de jouir, mais parfois que l’on néglige. Le jeûne apporte cette conscience et nous en sommes donc reconnaissants, selon le site gomuslim.fr. Le temps libre que nous offre ce mois béni, nous amène à une réflexion et une remise en question de soi-même, et en découle une envie de changer des choses du quotidien que nous n’aimons pas. Il développe des atouts de caractères: Le jeûne nous amène à la compassion des personnes qui n’ont pas de quoi vivre correctement et qui ne mangent pas à leur faim, et par la même occasion, nous apprend la générosité. Comme le hadith nous le mentionne, le Prophète était généreux, et encore plus pendant le mois de Ramadan.
Que nous dit la science sur le jeûne ?
Pour y répondre, nous vous proposons de partir à la rencontre de Françoise Wilhelmi de Toledo, médecin et auteur, qui a mené des études sur des jeûneurs depuis près de 30 ans. Elle a publié des ouvrages sur les impacts positifs du jeûne sur la santé des jeûneurs. Pour elle, “jeûner est la capacité de vivre pendant un certain temps avec de la nourriture mise en réserve sous forme de graisse dans le corps. Dans sa présentation, Françoise WDT nous parle des effets du jeûne sur : L’aspect médical: il diminue les inflammations, l’obésité, l’hypertension, l’envie de fumer, les problèmes cardiovasculaires, les œdèmes. Il entraîne une régénération de l’organisme et des cellules du corps, et lutte contre le cancer, etc.
L’aspect communautaire: tous les être humains qui jeûnent sont dans un même état d’esprit : pacifiques, sereins et ouverts aux autres. Le jeûne est comparé à la méditation. Françoise le mentionne comme étant “un outil social extraordinaire.”.
L’aspect spirituel : le jeûne rend plus léger physiquement, mentalement (moins stressé) et renforce la spiritualité. Une journée remplie d’espace, dans un monde dématérialisé. Les religions invitent les fidèles à jeûner ( le carême pour les chrétiens, Ramadan pour les musulmans, Yom Kippour pour les juifs, etc. ), car il amène à un état d’absence de besoin, et nous rend donc plus heureux. L’aspect physique : Le jeûne agit sur le moral positivement: les études montrent que le bienêtre physique et le bien-être moral du jeûneur s’améliorent au fil des jours jeûnés.





