Le ministre égyptien des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Égyptiens à l’étranger, Badr Abdel Aati, a pris part, mercredi 15 avril, à une session organisée par le Groupe de la Banque mondiale, consacrée au thème : « Des solutions innovantes pour accroître la production et garantir l’accès aux produits médicaux ». Cette rencontre s’est tenue en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Washington.
Dans son intervention, le chef de la diplomatie égyptienne a salué la réactivité du Groupe de la Banque mondiale face aux appels des pays africains en faveur de la localisation de la production des produits de santé essentiels. Il a notamment mis en avant l’initiative « Accès et fabrication de produits médicaux en Afrique » (AIM2030), récemment lancée à titre pilote dans neuf pays africains, dont l’Égypte. Selon lui, cette initiative constitue un pilier fondamental pour renforcer l’efficacité et la résilience des systèmes de santé du continent, dans un contexte marqué par des capacités de production pharmaceutique encore limitées.
Le ministre a également insisté sur plusieurs priorités stratégiques, au premier rang desquelles la nécessité de localiser les chaînes d’approvisionnement en Afrique à travers des investissements accrus dans les infrastructures et les capacités industrielles. Il a appelé à accélérer le transfert de technologies, à numériser les procédures d’autorisation de production pharmaceutique et à harmoniser les cadres réglementaires, notamment via l’activation de l’Agence africaine des médicaments et le renforcement des mécanismes d’achats groupés. Il a en outre plaidé pour la mobilisation de mécanismes de financement innovants afin de répondre aux besoins du secteur de la santé.
Évoquant les efforts nationaux, Badr Abdel Aati a souligné la volonté de l’Égypte de se positionner comme un hub régional pour la production pharmaceutique et les technologies médicales. Parmi les initiatives phares figure le projet « EDA PharmaLand », lancé par l’Autorité égyptienne du médicament, visant à accroître les exportations du secteur à l’horizon 2030. Il a également rappelé l’adoption, en 2024, d’une stratégie nationale pour la localisation de la fabrication de vaccins, s’appuyant sur des expériences réussies, notamment dans le traitement de l’hépatite C.
Le ministre a par ailleurs mis en lumière le programme « 100 millions de santé », présenté comme un modèle pionnier en matière de prévention et de renforcement du système de soins. Il a insisté sur l’importance d’attirer davantage d’investissements dans la recherche et le développement afin de stimuler l’innovation et améliorer la compétitivité du secteur.
Sur le plan réglementaire, il a indiqué que le gouvernement égyptien avait mis en place un cadre intégré incluant des incitations pour les investisseurs, tout en poursuivant la numérisation des procédures de délivrance de licences afin d’accroître la transparence et l’efficacité. Il a également évoqué le projet de création d’un complexe industriel dédié aux prothèses.
À l’échelle continentale, le ministre a réaffirmé l’engagement de l’Égypte en faveur du renforcement des capacités sanitaires en Afrique, rappelant que le pays a été désigné centre régional d’excellence réglementaire par l’Agence de développement de l’Union africaine. Il a également souligné la coopération étroite avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, ainsi que l’organisation du salon Africa Health ExCon, devenu une plateforme majeure pour le développement du secteur de la santé en Afrique.
Enfin, Badr Abdel Aati a appelé à maintenir une coopération étroite avec les organisations internationales, en particulier l’Organisation mondiale de la santé, afin de favoriser l’échange d’expertises et l’adoption des meilleures pratiques à l’échelle mondiale.





