Quand on parle d’Abdel-Aziz Tag, on ne peut citer que la simplicité. Il représente par sa simplicité et sa modestie la gentillesse des petites gens dans la rue, la candeur des villageois, ou encore la bravoure des Saïdis. Il s’est inspiré de leurs traits, de leurs émotions et de leurs expressions dans ses tableaux qu’il trace avec une qualité indiscutable.
A chaque, on ne peut que se laisser séduire par son œuvre haute qualité, riche en émotions et parfaite en terme de simplicité. Mais, comment a-t-il pu parvenir à cela ? Il était probablement le disciple de Na[guib à l’école artistique du magazine « Sabah Al-Kheir », mais aussi, il a appris son art en côtoyant Hassan Fouad, père spirituel de tous les grands dessinateurs. Il a été également quasi-adopté par Salah Jahine et Nagui Kamel. Tag a pu ainsi en peu de temps à se faire une place parmi les vedettes de la presse, notamment durant la période où il était en poste au journal Al-Gomhouriya, tout comme Moustafa Hussein à Al-Akhbar et Salah Jahine à Al-Ahram.
Parler de ce grand caricaturiste et dessinateur est important car il sait ensorceler son public. D’ailleurs, le grand « cheikh des caricaturistes » Zohdy Al-Adawy a dit de lui : « Tag représente l’évolution ordinaire de l’art de la caricature ». Lorsque le grandissime Amr Fahmy a interrogé Moustafa Hussein sur un caricaturiste qu’il adore, ce dernier n’a pas hésité un instant citant le nom de Tag. Un avis partagé par Hassan Hakem qui souhaitait que Tag donne davantage de vitalité à ses personnages. Né à Dessouk en 1945, il a remporté étant élève un prix pour un dessin impressionnant sur le massacre de « Bahr Al-Baqr».
En somme, il appartient à la même région où sont nés le chanteur Abdel-Halim Hafez et le poète Ahmed Fouad Negm. Il est connu pour son côté convivial et modeste, alors qu’il est constamment préoccupé par le dessin. Il adorait les sandwichs de fèves et de felafels et consommait énormément de cigarettes. Son œuvre artistique a connu plusieurs phases, cela ne l’a pas empêché d’avoir une véritable nostalgie pour ses débuts. Il disait : « Belles sont les débuts. J’adorais l’art de la caricature depuis ma douce enfance, depuis que j’ai eu entre les mains un magazine qui en regorgeaient alors que j’étais en quatrième primaire (équivalent de CM1). J’adorais à l’époque des dessins que j’ai appelé à l’époque « Al-Afarit » (Les démons)».
C’était évidemment de dessins de caricature. J’avais alors commencé à les imiter, et c’est ainsi que j’ai poursuivi cet art. A l’époque, j’ai commencé à établir une correspondance avec le magazine « Samir » qui avait un dessinateur français qui travaillait à Dar Al-Hélal. J’ai une réponse positive de la part du magazine m’informant que mes dessins étaient intéressants. Pendant des années, alors, je suis devenu le dessinateur essentiel du magazine ». Tag a eu également le grand mérite de créer un programme consacré à l’art de la caricature, il l’avait préparé et présenté lui-même recevant les plus grandes vedettes du cinéma et du petit écran. J’ai eu la chance de travailler avec lui dans le cadre du programme « Caricature et vedettes » qui était présenté par l’acteur Mahmoud Al-Guéndi et l’actrice Hala Fakhr. Plus de 200 acteurs y ont également participé.
C’est à cette époque que j’ai eu la chance de travailler avec Tag, je lui ai dit : « Le dessin est parfait, mais les commentaires qui accompagnent la caricature devraient être modifié ». Il a éclaté en rire, mais n’a rien changé. Alors, je lui ai posé la question : « Pourquoi n’avez-vous pas modifié le commentaire alors que vous avez ri ? » Il m’a répondu en souriant : « Je suis dans ce métier depuis plus de 30 ans et je connais mon public, nous avons une sorte d’alchimie, de langue mutuelle, de compréhension et d’entente. Ma caricature est la source de son sourire. Si je change le commentaire et je le pousse au rire, comment pourrai-je garantir de lui donner cette même dose au quotidien ? » J’ai alors appris à respecter son intelligence, il sait bien ce qu’il fait et comment le faire.
Tag était responsable de l’élaboration, du dessin et de la rédaction des commentaires de deux pages et vraiment, elles ressemblaient à un tableau unique et sublime d’art plastique que ce soit au niveau des formes et en ce qui concerne le choix des couleurs.








