Après la conclusion d’un protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran, une probable première séance de pourparlers devrait commencer vendredi, jour où il doit être signé, rapporte DW.
Le texte intégral de l’accord entre les États-Unis et l’Iran n’a pas encore été publié, et les deux parties divergent quant à son contenu exact. Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que l’accord autoriserait l’Iran à percevoir des “droits de service maritime” sur les navires traversant le détroit d’Ormuz. Cependant, le vice-président américain, J.D. Vance, a réaffirmé que les États-Unis n’attendent aucun péage pour la navigation dans ce détroit. L’accord devrait être signé vendredi en Suisse et être suivi de négociations techniques supplémentaires en vue d’un accord à long terme.
Selon la diplomatie iranienne, le chef de l’équipe de négociation de l’Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf, assistera à la cérémonie de signature du protocole d’accord entre Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Côté américain, le vice-président JD Vance sera présent pour représenter les Etats-Unis.
L’objectif de l’accord est de mettre un terme à la guerre en IranImage : Sasan/MEI/SIPA/picture alliance
L’accord
L’accord préliminaire conclu entre l’Iran et les États-Unis est décrit comme un “mémorandum d’entente”. Le document, dont le contenu devrait être rendu public dans les prochains jours, fait environ “une page et demie” et est “très général”, selon le vice-président américain JD Vance.
L’Iran et le Pakistan, médiateur, ont déclaré que l’accord prévoit la suspension “immédiate” des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, où Israël et le Hezbollah s’affrontent.
Le président américain Donald Trump n’a pas mentionné le Liban dans son annonce mais a plus tard affirmé en marge du sommet du G7 en France avoir “suggéré à Israël de laisser la Syrie s’occuper du Hezbollah” au Liban.
Le président américain, dont la relation avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est tendue récemment, a jugé qu’Israël “se battait contre le Hezbollah depuis trop longtemps” et que “trop de gens étaient tués”. Le ministre israélien de la Défense a déclaré qu’Israël s’opposerait à toute pression visant à retirer ses troupes du Sud-Liban.
Le détroit d’Ormuz
Selon le président américain Donald Trump cette voie maritime stratégique serait ouverte “sans péage”. Il a par ailleurs autorisé la “levée immédiate” du blocus naval américain.
Mais il a précisé par la suite que l’ouverture du détroit était conditionnée par la signature de l’accord et qu’elle aurait pour seul but le “déminage”.
Le déblocage du détroit d’Ormuz reste un point important des négociationsImage : Amirhosein Khorgooi/ISNA/WANA/REUTERS
L’accord préliminaire est censé lancer 60 jours de négociations supplémentaires sur les principaux points de désaccord.
Ces points incluent la levée des sanctions contre l’Iran et le sort de son programme nucléaire.
Les réactions
Pour le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, “il s’agit d’une étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit”.Le Qatar se dit “prudemment optimiste” pour la sécurité régionale. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a salué “un pas historique vers la paix” après la conclusion de l’accord avec l’aide de la médiation de son pays.
Sur X le président du Conseil de l’Union européenne, Antonio Costa a dit attendre “avec impatience la fin de cette guerre coûteuse et de la pleine restauration de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz”.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit espérer que l’accord “ouvrira entièrement la voie à l’instauration d’une paix et d’une stabilité durables.
Le président libanais Joseph Aoun a exprimé l’espoir que cet accord soit “un pas positif vers une baisse des tensions, (…) et ouvre la voie à des solutions diplomatiques”.
L’accord a largement été considéré comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique israélienne. Mais pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu la guerre contre l’Iran a sauvé son pays de la menace d’une “destruction nucléaire”.
Avoirs gelés
L’agence de presse semi-officielle iranienne Mehr a rapporté que les États-Unis débloqueraient 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés pendant la période de négociation de 60 jours, dont la moitié avant le début des pourparlers.
On ignore encore si les négociations porteront également sur le programme balistique iranien ou sur son soutien aux groupes armés par procuration dans la région, notamment le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.





