Clin d’œil
Par : Samir Abdel Ghany
En seulement trois mois de travail au sein de l’atelier de gravure et d’impression de la galerie Dai à Zamalek, sous l’ombre d’un immense manguier, les contours d’une expérience artistique prometteuse ont commencé à se dessiner. L’artiste Ahmed Mohsen a attiré l’attention par son enthousiasme, sa persévérance et la rapidité de son évolution, au point que chacun attend désormais ses nouvelles œuvres et voit en lui un jeune artiste promis à un bel avenir dans l’univers du graphisme et de la gravure sur bois.
Q : Comment votre parcours artistique a-t-il commencé ?
R : J’ai obtenu mon diplôme de la Faculté des arts appliqués, section publicité, en 2018. J’aimais dessiner depuis mon enfance, mais le rêve de devenir artiste plasticien est venu plus tard. Au départ, je ne réalisais pas que l’art pouvait devenir un domaine d’études et un métier. Je souhaitais intégrer la Faculté des beaux-arts, mais les circonstances ne me l’ont pas permis. J’ai donc rejoint les arts appliqués, une formation qui a profondément contribué à ma construction artistique.
Q : Quels sont les principaux enseignants qui ont influencé votre expérience ?
R : J’ai eu la chance d’étudier auprès du Dr Hassan Al-Asr, que Dieu ait son âme, l’un des pionniers de l’art graphique en Égypte. Il m’a ouvert la voie et a joué un rôle important dans la formation de ma conscience artistique. Sa personnalité m’a également profondément marqué.
Par la suite, j’ai poursuivi des études supérieures et le Dr Mohamed Shehata m’a beaucoup aidé à mener à bien mon mémoire de master et à élargir mes connaissances artistiques et intellectuelles. C’est lui qui m’a encouragé à rejoindre l’atelier du Dr Hassan Ghanem, dont il admirait particulièrement le travail et les qualités pédagogiques.
Q : Qu’est-ce que l’atelier de gravure de la galerie Dai vous a apporté ?
R : Tout ce que j’avais appris de manière théorique au cours de mes années d’études, j’ai commencé à le mettre en pratique à l’atelier. La gravure sur bois n’est pas simplement du dessin : c’est un rapport direct avec la matière, le burin, l’encre et le papier. Elle exige patience, concentration et expérience.
À chaque œuvre, je suis confronté à de nouveaux défis, mais le Dr Hassan Ghanem a toujours été un excellent guide et un précieux soutien.


Q : Comment décririez-vous votre relation avec le Dr Hassan Ghanem ?
R : Dès le premier jour, j’ai senti qu’il me prenait véritablement sous son aile sur le plan artistique et qu’il se préoccupait sincèrement de mon avenir. Cela me donne un grand sentiment de responsabilité.
Au début, j’étais étonné de le voir s’occuper lui-même de l’achat du matériel. Il se rend notamment à Damiette pour acheter les burins, affûte les outils usés par le bois et apporte les encres, les papiers et les autres matériaux. À l’université, nous avions l’habitude que chaque étudiant apporte son propre matériel. Mais j’ai compris que ce qu’il faisait était motivé par son amour de l’art graphique, son dévouement à son travail et son attachement à son pays.
Il est devenu pour nous comme le père de la famille que forme l’atelier.
Q : Qu’est-ce qui distingue l’atmosphère de l’atelier ?
R : L’atelier est une véritable famille artistique. L’artiste Samir Abdel Ghany apporte, avec son humour et sa bonne humeur, une belle énergie au lieu. L’artiste Ihab El-Assiouti crée des personnages qui semblent être des blocs de pierre sculptés.
Hala Noaman Ashour se distingue par son esprit rebelle et sa détermination. Rasha Hassan apporte des détails étonnants à ses œuvres. Quant à Nevine Galal, elle choisit la musique avec soin et donne à l’atelier une atmosphère particulière, tout en faisant preuve d’une grande persévérance dans son travail de gravure.

L’atelier réunit également plusieurs artistes remarquables, parmi lesquels le Dr Sami El-Belshi, Heba Helmy, Hany Abdel Gawad, Mona Fathi, Marina Adel, Sonia Sobhi, Razan, Ahmed El-Saeedi et Wafaa El-Nachachibi.
Q : Quel est le moment qui vous tient le plus à cœur lorsque vous travaillez ?
R : Le moment de l’impression, parce que c’est celui où le tableau naît véritablement. Après de longues heures consacrées à la gravure, nous appliquons l’encre et voyons l’œuvre apparaître pour la première fois sur le papier.
Ensuite, nous laissons les tableaux sécher, mais nous repartons avec l’esprit encore tourné vers eux. Malgré la fatigue, nous sommes emportés par l’enthousiasme que procure la création artistique.
Q : Qu’avez-vous appris au-delà de l’aspect purement artistique ?
R : J’ai appris que l’éthique professionnelle est aussi importante que la compétence. Dès le premier jour, le Dr Hassan nous a dit : « Un artiste graphiste doit laisser derrière lui un espace propre. »
Nous lavons donc les outils, nettoyons les traces d’encre et rangeons l’atelier. Je tiens à l’aider après le départ de tout le monde et je suis heureux lorsqu’une nouvelle journée s’achève avec la naissance d’un ensemble de nouvelles œuvres.
Q : Qu’est-ce qui occupe actuellement votre esprit ?

R : Nous préparons une exposition à la galerie Dai au mois de décembre et nous sommes actuellement dans la phase de sélection des œuvres. Je réfléchis constamment aux tableaux qui me représenteront et à la possibilité que de nouvelles œuvres voient le jour dans les prochains mois et puissent être présentées.
Avec chaque nouvelle œuvre, je ressens une profonde gratitude envers mes enseignants, mais aussi une responsabilité grandissante envers l’art graphique. Puis je reviens toujours à la même question : que vais-je graver dans ma prochaine œuvre ?





