Ayant su innover plus précocement, l’avionneur européen fait désormais la course en tête sur les moyen-courriers et concurrence l’américain sur son créneau historique des gros-porteurs. C’est en 2019 que le slogan « If it is not Boeing, I am not going ! » a commencé de perdre beaucoup de sa pertinence. Cette année-là, Airbus est devenu le premier constructeur aéronautique mondial, analyse Le Monde dans son édition le 24 septembre 2021. Avec 863 appareils livrés à ses compagnies clientes, l’avionneur européen a largement devancé son rival américain, repoussé loin derrière, avec seulement 345 livraisons. Les résultats du constructeur de Seattle avaient été largement affectés par la crise de son moyen-courrier 737 MAX, cloué au sol pendant près de vingt mois après deux catastrophes aériennes qui ont coûté la vie à 346 passagers et membres d’équipage. L’accession d’Airbus au titre de numéro un est passée largement inaperçue.
Le changement de leader a été éclipsé par les difficultés de Boeing, puis par la crise due au Covid-19. La discrétion et le triomphe très modeste d’Airbus ont aussi joué leur rôle. « Nous voulons rester humbles », concède Guillaume Faury, PDG d’Airbus. Ce dernier « ne veut pas que le groupe s’endorme sur ses lauriers ». Chez d’autres cadres dirigeants, la fierté d’être devenu le numéro un affleure derrière l’humilité. « Il y a cinquante ans, Airbus était une société qui faisait marrer Boeing. Pour eux, un groupe fondé par des Etats [la France et l’Allemagne], ce n’était pas sérieux », rappelle l’un d’eux.





