Le Président Abdel Fattah Al Sissi s’est entretenu ce jeudi avec le sultan Haitham ben Tariq à Mascate, à Oman, au sujet de la crise américano-iranienne dans la région, après s’être rendu aux Emirats arabes unis.
Selon l’agence de presse officielle omanaise, les deux dirigeants ont échangé « leurs points de vue sur les moyens de parvenir à un accord final concernant la crise américano-iranienne, en privilégiant systématiquement le dialogue et les voies diplomatiques pour stabiliser la zone ».
Cet entretien de haut niveau a permis d’aborder en profondeur les dossiers importants de la région ainsi que leurs répercussions politiques, économiques et sécuritaires.
L’Egypte et Oman jouent un rôle de médiateur central entre Washington et Téhéran depuis plusieurs semaines afin de désamorcer une crise qui menace l’équilibre du Moyen-Orient.
La visite à Mascate s’inscrit dans la continuité directe de la coordination établie dès le mercredi 6 mai lors d’un entretien téléphonique entre les deux chefs d’Etat.
Au cours de cet échange, le Président Al Sissi avait affirmé que « la sécurité d’Oman et de l’ensemble des pays arabes constitue un pilier indissociable de la sécurité nationale égyptienne ».
En multipliant ces consultations en un temps record, Le Caire confirme son rôle de garant de la stabilité.
Lors de son escale de quelques heures à Abou Dhabi, le Président Al Sissi avait réitéré le rejet total du Caire face aux agressions iraniennes, les qualifiant d’« escalade majeure menaçant la paix régionale et mondiale ».
« Ce qui touche les Emirats touche l’Egypte », a confirmé Al-Sissi lors de sa visite fraternelle, affirmant que ces agressions menacent la paix régionale et mondiale.
Il a réaffirmé la solidarité de l’Egypte avec les Emirats arabes unis face aux circonstances régionales actuelles, soulignant le « soutien total du Caire pour la sécurité et la stabilité de son partenaire ».
Al Sissi qui a été invité à déjeuner par le leader émirati a également qualifié les récentes attaques de « violation flagrante des principes du droit international et de la Charte des Nations unies », selon le communiqué.
Face à ces tensions, il a appelé à une intensification des efforts diplomatiques pour résoudre la crise par le dialogue.
Cette recontre intervient alors que les Emirats ont été la cible de deux attaques consécutives au début du mois de mai. Dimanche soir, deux drones ont touché le navire MV Barakah au nord de Fujaïrah, sans faire de blessé au sein de l’équipage.
Lundi 4 mai, le site pétrolier de Fujaïrah a été visé par des missiles de croisière et des drones lancés, selon plusieurs rapports, depuis l’Iran.
Toutefois, Téhéran a nié toute implication dans ces opérations. Le porte-parole iranien a souligné, dans un communiqué publié mardi, que les forces armées iraniennes n’ont mené aucune activité de missile ou de drone contre les Émirats au cours des derniers jours.
Le lundi 4 mai, la région de Tibat, dans la province de Bukha à Oman, a été la cible d’une attaque ayant touché un bâtiment résidentiel pour les employés d’une entreprise.
Selon l’agence de presse omanaise, l’incident a fait deux blessés légers parmi les résidents étrangers et a causé des dégâts matériels sur plusieurs véhicules et habitations environnantes, marquant une extension inquiétante des hostilités dans la zone frontalière.
Téhéran a été accusé d’être à l’origine de ces frappes sur Oman ainsi que de celles ayant visé les Émirats le même jour, le tout dans le contexte d’une trêve particulièrement fragile entre l’Iran et les Etats-Unis entre en vigueur le 8 avril.





