Influencés par les codes esthétiques véhiculés par les réseaux sociaux, les jeunes d’aujourd’hui seraient beaucoup plus sensibles et surtout plus attentifs à leur apparence.
Par: Nermine Khattab
Si 57% des Egyptiens, obsédés et influencés par le trend, fréquentent quotidiennement les réseaux sociaux, ce chiffre monte à 83% chez les 15-24 ans. Dans le top trois de leurs réseaux préférés : Instagram, Snapchat et TikTok. Soit des réseaux qui font la part belle à l’image, via les photos et vidéos qui circulent dans les stories et autres canaux de discussion. Parents et enseignants constatent, souvent impuissants, – et parfois condamnent voire tentent d’inverser – cet état de fait. Ils déplorent bien souvent l’influence néfaste de ces nouveaux outils sur les jeunes, qu’il s’agisse de leurs centres d’intérêt, de leur culture générale (surtout lorsque l’on sait que les réseaux sociaux constituent le mode d’information privilégié par les plus jeunes) mais aussi de leur sommeil ou encore de leur santé mentale. Quoi qu’il en soit, les jeunes d’aujourd’hui seraient notamment beaucoup plus sensibles et surtout plus attentifs à leur apparence – pour ne pas dire obsédés par celle-ci. Alors, mythe ou réalité ?

« Différent oui, mais stylé ! »
Pour autant, on aurait tort de croire que les 18-25 ans sont aujourd’hui totalement affranchis de toute pression sociale. Cette dernière semble en revanche se concentrer autour d’un nouvel impératif peut-être plus complexe car plus difficile à définir de manière objective : le « style ». En d’autres termes, il serait aujourd’hui plus facile d’affirmer sa différence… mais à condition de soigner malgré tout son apparence en étant « stylé », en se distinguant ou en faisant mouche auprès de ses pairs. N’est-ce pas là une pression encore plus insidieuse ?
Dès lors, quelle relation les jeunes entretiennent-ils avec leur apparence ? Sont-ils détachés ou y accordent-ils une forte attention ? À cette question, les jeunes répondent de façon quasi unanime qu’ils y attachent de l’importance (85%). Les jeunes femmes sont très nombreuses à répondre par l’affirmative (89%) mais les jeunes hommes sont loin d’être en reste (80%).
Cette attention semble s’être accrue avec le temps. C’est du moins ce que nous disent 63% des répondants, pour qui les jeunes d’aujourd’hui accordent plus d’importance que leurs aînés à ce sujet. Pour le coup, les jeunes femmes se distinguent nettement des jeunes hommes dans ce constat : si les seconds sont une majorité à le percevoir (55%), ce sont 72% des premières qui le mettent en avant, comme si la pression s’était surtout concentrée sur les jeunes femmes au fil des ans.

Le « style » ou comment s’affranchir des marques
Mais alors, avoir du style, qu’est-ce que cela signifie ? Assurément, cela ne se résume pas à porter des marques. Ainsi, les jeunes se montrent assez détachés à l’égard de ces dernières : seuls 40% déclarent que c’est important pour eux de porter des vêtements ou des chaussures de marques, dont seulement 9% « très important ». À l’inverse, 59% affichent leur détachement, dont 20% qui l’affirment avec véhémence en déclarant n’y accorder « pas du tout » d’importance.
Notons toutefois que tous les jeunes ne dédaignent pas d’une seule voix les marques, certains s’y montrant nettement plus attachés. C’est – clairement – le cas des jeunes hommes par rapport aux jeunes femmes, sans doute en raison du poids des marques de sport chez eux : 50% d’entre eux indiquent faire attention aux marques, contre seulement 30% des jeunes femmes. Dans un contexte de forte inflation, le rapport aux marques est également très lié au niveau social du répondant : ainsi, les jeunes cadres (59%) et ceux disposant des revenus plus confortables (49%) y accordent beaucoup plus d’importance qu’en moyenne. Pour certains, le détachement s’explique donc aussi par des questions financières.
Si les jeunes ne font pas des marques une condition sine qua non de leur recherche de style, le fait d’être en ligne avec les tendances du moment leur apparaît en revanche un pré-requis significatif : 54% indiquent suivre la mode en matière vestimentaire et ce aussi bien chez les jeunes femmes (55%) que chez les jeunes hommes (53%). On peut donc être à la mode sans marque, mais on ne saurait s’affranchir de manière trop forte des tendances du moment, qui dictent encore à beaucoup de jeunes la manière de se vêtir.
Les jeunes sont donc particulièrement attentifs au style et aux tendances du moment, mais pas forcément aux marques. Dès lors, qui dicte les tendances ? À quel point les réseaux sociaux et le suivi du trend s’imposent-ils comme maitres de ce qu’il faut porter ?






