Formé il y a seulement quatre mois, le parti Restore Britain (“Restaurer la Grande-Bretagne”) menace désormais d’enrayer la progression du parti Reform de Nigel Farage, avec un leitmotiv anti-immigration plus extrême et le soutien d’Elon Musk.
Restore espère confirmer sa percée lors de la législative partielle cruciale de jeudi à Makerfield, près de Manchester: les derniers sondages attribuent à sa candidate Rebecca Shepherd, entrepreneuse locale, entre 5 et 8% des voix – loin derrière le candidat de Reform, Robert Kenyon, mais capable de saper ses chances de l’emporter face au favori, le maire travailliste du Grand Manchester Andy Burnham.
A Hindley, petite ville de la circonscription de Makerfield, Darren, 54 ans, longtemps supporter de Farage, penche désormais pour Restore, illustrant le danger pour Reform: Farage a débauché trop d’ex-membres du parti conservateur, “il est aussi mauvais” que les autres, dit-il.
La progression de Restore, amorcée lors des élections locales de mai, témoigne de la montée de l’extrême droite au Royaume-Uni, théâtre de violentes manifestations anti-immigrés à répétition, comme la semaine dernière à Belfast.
Le scrutin de jeudi constituera son “premier test électoral sérieux”, souligne John Curtice, expert politique à l’université écossaise de Strathclyde.
Le fondateur de Restore, Rupert Lowe, 68 ans, l’un des cinq députés élus en juillet 2024 pour Reform, ex-président du Southampton Football Club et éphémère député européen (2019-2020), est un ancien compagnon d’armes de Farage, avec lequel il milite à l’époque pour le Brexit.
Mais les deux hommes se brouillent en mars 2025, après que Farage a accusé Lowe d’avoir menacé verbalement et physiquement son bras droit, le président de Reform et ex-député conservateur Zia Yusuf.
Lowe dément, mais le divorce est consommé. Trois mois plus tard, il fonde le mouvement Restore, qu’il transforme en parti en février dernier.





