




Il est des rencontres qui dépassent les murs où elles se tiennent. Des instants où les mots prennent le poids des promesses et la saveur de l’espérance. Ce jour-là, au Caire, la culture s’est faite passerelle, reliant les dunes du Sinaï, les rivages d’Assouan et les côtes de Marsa Matrouh au cœur battant de la capitale. Sous le patronage du président Abdel Fattah Al-Sissi, le ministère de la Culture a tendu la main à celles qui portent dans leurs gestes et leurs voix la mémoire et l’avenir des frontières égyptiennes.
Dans la lumière feutrée du théâtre Al-Hanager, niché au cœur de l’Opéra du Caire, un souffle de jeunesse et de fierté nationale emplissait l’air. Cent vingt jeunes filles venues des confins de l’Égypte – du Sinaï à Marsa Matrouh, du Nouvel Oued au désert rouge de la mer, jusqu’aux rivages d’Assouan – avaient fait le voyage pour participer à une rencontre rare et inspirante : un dialogue ouvert avec le ministre de la Culture, le Dr Ahmed Fouad Hanno, dans le cadre du programme présidentiel « Ahl Masr ».
Sous le patronage du président Abdel Fattah Al-Sissi, cette rencontre se voulait bien plus qu’un échange protocolaire. C’était la célébration d’une promesse : celle d’une culture qui appartient à tous les Égyptiens, qui transcende les distances et unit les cœurs. Le ministre, d’une voix empreinte de conviction, a rappelé que la culture égyptienne est, et restera, l’expression la plus authentique de notre identité, le ciment qui forge l’unité de la nation et la distingue dans le monde arabe et au-delà.
Les participantes ont partagé leurs histoires, souvent nées dans la discrétion des villages frontaliers, mais nourries par l’ambition et la créativité. Elles ont raconté comment, grâce aux ateliers, aux visites culturelles et aux formations offertes par le programme, elles ont acquis des savoir-faire artisanaux, appris à valoriser leurs talents et trouvé le chemin vers l’indépendance économique. Certaines ont découvert la force de leurs mains dans le tissage ou la poterie, d’autres la puissance de leurs mots sur scène ou dans l’écriture.
Dr Hanno les a écoutées longuement, saluant leurs succès comme autant de victoires collectives. « Vous êtes les partenaires de la construction de la patrie et de la préservation de son identité », leur a-t-il lancé, convaincu que la voix et la créativité des femmes des régions frontalières sont des piliers de la force culturelle et sociale de l’Égypte.
Au-delà de la beauté des récits, ce moment a révélé la vision profonde du projet « Ahl Masr » : instaurer une véritable justice culturelle, tendre un pont solide entre les périphéries et le centre, et offrir aux jeunes des horizons éloignés les mêmes clés de savoir et d’épanouissement que dans les grandes villes. En cultivant la curiosité, en valorisant le patrimoine et en outillant les nouvelles générations, ce programme dessine les contours d’une Égypte où chaque région, chaque village, chaque voix compte dans la symphonie nationale.
L’émotion était palpable lorsque les jeunes filles, les yeux brillants, ont exprimé leur gratitude envers ce projet qui a non seulement éveillé leur créativité, mais aussi renforcé leur sentiment d’appartenance à une même nation. Dans leurs mots se lisait la certitude que la culture est plus qu’un héritage : elle est une force vive, un lien indestructible qui traverse le désert, franchit les montagnes et embrasse les rives de la mer.
En refermant cette journée, il restait dans l’air un parfum d’engagement et de promesse. Ces jeunes femmes des confins égyptiens sont reparties vers leurs terres, porteuses d’un bagage nouveau : des savoirs, des compétences, mais surtout la conviction que leur voix compte et que leur créativité est une pierre essentielle dans l’édifice national. Là est peut-être le plus beau rôle de la culture : révéler à chacun qu’il est, à sa manière, artisan de l’avenir.





