Bahour Labib (1905–1994) fut l’un des plus grands archéologues égyptiens et une figure majeure des études coptes. Ancien directeur du Musée copte du Caire, il publia en 1976 pas moins de 158 feuillets des manuscrits de Nag Hammadi.
Un parcours exceptionnel, entre lutte et réussite
Né le 19 septembre 1905, il participa dès son jeune âge à la révolution de 1919. Il devint le premier Égyptien à obtenir un doctorat en archéologie, avant d’être nommé directeur du Musée copte. Il joua un rôle clé dans la préservation et la valorisation des manuscrits de Nag Hammadi, et fut également désigné à la tête d’initiatives internationales, notamment au sein de l’UNESCO pour la traduction de textes spirituels. Il reçut la médaille d’or de l’empereur Haïlé Sélassié et présida l’Organisation internationale pour l’étude des manuscrits. Il s’éteignit le 7 mai 1994.
L’homme profondément attaché à son pays
La vie de Bahour Labib reflète celle d’un patriote sincère, animé par une passion profonde pour le savoir et la vérité. Malgré les difficultés, il poursuivit son chemin avec détermination. Son histoire dépasse celle d’un individu : elle incarne celle d’une nation à travers un homme dévoué à la science et à son pays.
Origines et formation
Issu d’une famille érudite du village de Mir, dans la province d’Assiout, il fut fortement influencé par son père, Eqladius Bey Labib, linguiste accompli maîtrisant plusieurs langues et auteur de nombreux ouvrages en copte.
Bahour poursuivit ses études à l’École des Coptes, puis au lycée Khédivial, avant d’intégrer simultanément les facultés de droit et des lettres (section archéologie).
Entre 1930 et 1934, il poursuivit ses études en Allemagne sous la direction du grand égyptologue Hermann Grapow. Sa thèse portait sur le roi Ahmôsis Ier, libérateur de l’Égypte des Hyksôs et fondateur de la XVIIIe dynastie. Durant cette période, il visita de nombreux musées européens. La mort de son frère en 1932 marqua profondément cette étape de sa vie.
Retour en Égypte
À son retour, malgré son doctorat, il resta un an sans emploi universitaire. Cette situation serait liée à une déclaration faite lors de sa soutenance en Allemagne, où il compara l’expulsion des Hyksôs par Ahmôsis à la nécessité de chasser les colonisateurs britanniques d’Égypte.
Le Musée copte et ses réalisations
Bahour Labib dirigea le Musée copte de 1951 à 1965. Il enrichit considérablement sa bibliothèque, notamment avec les manuscrits de Nag Hammadi, et exposa de nombreuses découvertes issues des fouilles de Mar Mina.
Il occupa également de nombreux postes prestigieux dans des institutions culturelles et scientifiques, et participa à la traduction de la Bible avec des figures religieuses éminentes.
Les manuscrits de Nag Hammadi
Découverts en 1945 en Haute-Égypte, ces textes coptes, liés à la pensée gnostique, représentent une contribution majeure à l’histoire religieuse. Bahour Labib joua un rôle central dans leur étude et leur diffusion à l’échelle mondiale.
Rencontres et figures marquantes
Au cours de sa vie, il côtoya de nombreuses personnalités, dont l’empereur Haïlé Sélassié, le roi Farouk, et plusieurs intellectuels et hommes d’État éminents.
L’histoire de Bahour Labib demeure celle d’un homme de savoir, de conviction et d’engagement, dont l’héritage continue d’inspirer.





