Les banques mondiales sont sujettes à une régulation beaucoup plus stricte qu’en 2008. Et pourtant, la panique semble de retour
Après la grande crise f inancière il y a quinze ans, de nouvelles règles devaient s’assurer que ce phénomène ne se reproduirait pas. On saura bientôt si celles-ci sont efficaces, note dans sa chronique Eric Albert, journaliste au « Monde ». Dans la Lehman Trilogy, la passionnante pièce de théâtre de l’auteur Stefano Massini qui raconte l’épopée d’un siècle et demi de la banque Lehman Brothers, l’intrigue finit par arriver au « jeudi noir » de 1929. Un des membres de la famille Lehman annonce que plus rien ne sera jamais comme avant. « Quel en sera le coût ? », interroge un autre. « La régulation », répond le premier. Chaque crise majeure apporte ses promesses de « plus jamais ça », imposant une panoplie de règles et de supervisions. La grande crise financière de 2008, provoquée justement par la faillite de Lehman Brothers, n’a pas échappé à ce schéma. Quinze ans plus tard, les banques mondiales sont effectivement sujettes à une régulation beaucoup plus stricte, peut-on lire sur Le Monde. Et pourtant, la panique semble de retour. SVB, une banque californienne, a fait faillite.
Crédit Suisse, éminente institution de presque 170 ans, a f ini rachetée pour une bouchée de pain par son grand concurrent UBS, comble de l’humiliation. Le numéro un bancaire suisse rachète son rival en chute libre pour 3 milliards de francs et l’Etat suisse transaction. garantit la Une opération censée freiner la contagion.
Au pays des décisions consensuelles et de la lenteur qui en découle, on sait parfois se montrer brutal et rapide, mais il faut vraiment que l’heure soit grave. Elle l’a été pendant tout le week-end à Berne, où d’intenses tractations se sont déroulées au Bernerhof, le ministère suisse des Finances, en présence d’un aréopage inédit de banquiers et de responsables politiques.
Leur unique mission visait à éviter la catastrophe annoncée pour lundi matin 20 mars sur les marchés f inanciers internationaux en cas d’échec des négociations. Dès vendredi soir, les participants à cette séance de quasi ininterrompue ont multiplié entrées et sorties du ministère sans un mot pour les journalistes, les traits de plus en plus tendus.