L’autonomisation de la femme égyptienne n’est plus une simple formule évoquée lors des conférences ou des manifestations officielles. Depuis 2014, elle s’inscrit dans une démarche claire au cœur de la vision de l’État pour construire la « Nouvelle République ».
La direction politique a adopté une approche visant à consolider le rôle des femmes en tant que partenaire essentiel du processus de développement, partant de la conviction que la construction d’un État moderne ne peut être achevée sans la conjugaison des efforts des hommes et des femmes.
Aujourd’hui, la « Nouvelle République » se construit avec les forces et les compétences des femmes comme des hommes. L’État est ainsi passé d’une phase centrée sur la revendication des droits à celle de l’autonomisation effective, dont les effets sont désormais perceptibles aussi bien dans les villes que dans les villages.


A partir de cette vision, le Bazar de Haute Egypte a été lancé sous le patronage du Premier ministre Moustafa Madbouli, le Conseil national de la femme(CNF) et l’Autorité de développement de la Haute-Égypte. Le « Bazar de Haute-Égypte : une vision globale pour un développement durable », mettant à l’honneur les savoir-faire authentiques du Sud de l’Égypte et ouvrant de nouvelles perspectives économiques aux femmes, aux artisans et aux porteurs de projets.
Le bazar a ouvert ses portes au jardin B-Cairo, à Zamalek, dans le cadre des efforts de l’État égyptien en faveur du développement durable, de l’autonomisation économique des femmes et de la valorisation du patrimoine artisanal. L’événement réunit des produits et métiers traditionnels issus de dix gouvernorats de Haute-Égypte, offrant une vitrine à la diversité des savoir-faire et à la richesse culturelle de cette région.
À travers cette initiative, les organisateurs cherchent à soutenir les entrepreneures et les groupes de production, tout en leur ouvrant de nouveaux espaces de commercialisation afin de permettre à leurs produits d’atteindre des marchés plus vastes et de bénéficier de nouvelles opportunités de croissance.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence notamment de Manal Awad, ministre du Développement local et de l’Environnement, de Khaled Fouda, conseiller du président de la République pour le développement local, d’Ahmed Al-Ansari, gouverneur de Gizeh, d’Ibrahim Saber, gouverneur du Caire, ainsi que de plusieurs responsables des gouvernorats de Haute-Égypte, du Conseil national de la femme, des ministères et organismes concernés et du secteur privé.
Le patrimoine, une richesse économique
La conseillère Amal Ammar, présidente du Conseil national de la femme a souligné que l’initiative réunissait développement et identité, patrimoine et perspectives d’avenir, affirmant que les métiers traditionnels ne sont pas seulement un héritage à préserver, mais peuvent également devenir des produits compétitifs, une source de revenus et une véritable opportunité de croissance.
Selon Amal Ammar, l’autonomisation économique des femmes produit des effets qui dépassent largement le cadre individuel : chaque opportunité offerte à une femme pour travailler et produire bénéficie également à sa famille et à sa communauté et contribue à la dynamique de développement national.
Elle a rappelé que l’autonomisation de la femme égyptienne occupe une place importante dans la vision du président Abdel Fattah Al-Sissi, qui a placé les femmes au cœur du processus de développement. Cette orientation s’est notamment traduite par la Stratégie nationale pour l’autonomisation de la femme égyptienne à l’horizon 2030.
Le Conseil national de la femme s’attache ainsi à faire évoluer l’autonomisation économique « de la formation vers la production, de la production vers la commercialisation et de la commercialisation vers l’accès aux marchés », car, comme l’a souligné sa présidente, la valeur d’un savoir-faire ne s’accomplit pleinement que lorsqu’il devient une opportunité durable.
De la formation au marché

Amal Ammar a insisté sur le fait que ces manifestations doivent constituer un début et non une étape finale, en ouvrant la voie à des marchés plus vastes, à davantage d’opportunités et à des partenariats capables de rapprocher le produit égyptien du consommateur et de lui assurer la reconnaissance et la valeur qu’il mérite.
S’adressant aux femmes participant au bazar, elle les a encouragées à croire en leurs compétences et à poursuivre le développement de leurs produits, soulignant que chaque grand succès commence par un premier pas.
Elle a enfin affirmé que chaque pièce et chaque métier présentés au bazar racontent une histoire de l’Égypte, celle d’un pays qui préserve son patrimoine, investit dans ses femmes et ses hommes et construit son avenir de leurs propres mains.
Des savoir-faire issus de dix gouvernorats
De son côté, le général Amr Abdel Moneim Moustafa, président de l’Autorité de développement de la Haute-Égypte, a expliqué que les produits exposés représentaient une partie de la production des complexes artisanaux relevant de l’Autorité dans les différents gouvernorats de la région.
Ces complexes contribuent à soutenir les artisans, à leur offrir un environnement adapté à la production et au développement de leurs activités et à préserver les métiers traditionnels.
Il a souligné que l’organisation du bazar était le fruit de la coopération et de la complémentarité entre l’Autorité de développement de la Haute-Égypte et le Conseil national de la femme, avec pour objectif de soutenir les artisans et les porteurs de projets, en particulier les femmes, et de leur ouvrir des débouchés commerciaux durables.
Les produits présentés sont issus des complexes artisanaux de l’Autorité dans les dix gouvernorats participants, mais également de groupes de production composés notamment de femmes exerçant différents métiers. Cette diversité illustre les efforts déployés pour renforcer l’autonomisation économique et créer les conditions favorables à la pérennité et à la croissance de ces activités.
Une vitrine du patrimoine du Sud
Après l’inauguration, les responsables et invités ont effectué une visite des différents stands consacrés aux gouvernorats participants. Ils ont découvert une grande variété de produits artisanaux, créations traditionnelles, produits alimentaires et agricoles, et ont échangé avec les exposantes sur leurs produits, leurs méthodes de fabrication et les étapes de leur réalisation.
Le bazar constitue ainsi à la fois un espace de promotion du patrimoine, une plateforme commerciale et un outil d’autonomisation économique, permettant aux savoir-faire transmis de génération en génération de trouver de nouveaux débouchés et de s’inscrire dans une dynamique de développement durable.
Le « Bazar de Haute-Égypte : une vision globale pour un développement durable » accueille le public chaque jour de 18h jusqu’aux premières heures du lendemain, au jardin B-Cairo à Zamalek. Les visiteurs peuvent y découvrir la richesse et la diversité des produits et métiers traditionnels des gouvernorats du Sud et contribuer directement au soutien des artisans et des entrepreneures en achetant leurs créations.




