Pendant longtemps, les femmes atteintes d’un cancer du sein HER2+ avancé, lorsque la maladie atteignait les enveloppes du cerveau, se retrouvaient presque sans solution. Ces métastases leptoméningées, rares mais graves, entraînent alors souvent une dégradation neurologique rapide, selon doctissimo.fr.
Une équipe du MD Anderson Cancer Center a évalué une association de trois traitements chez 17 femmes présentant des métastases leptoméningées issues d’un cancer du sein HER2+ métastatique. Les premiers résultats intriguent par leur ampleur.
Les métastases leptoméningées correspondent à des cellules tumorales qui se dispersent dans le liquide céphalorachidien et tapissent les méninges, ces fines membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Contrairement à une “boule” tumorale dans le cerveau, la maladie est diffuse. Elle peut provoquer maux de tête, troubles de l’équilibre, paralysies partielles ou crises d’épilepsie.
Traiter cette forme reste compliqué car la barrière hémato-encéphalique bloque beaucoup de médicaments avant qu’ils n’atteignent le liquide céphalorachidien. Les options se limitaient surtout à la radiothérapie ou à des injections intrathécales (directement au niveau de la moelle épinière). Tucatinib, petite molécule ciblant HER2, avait déjà montré un effet sur les métastases cérébrales, et les chercheurs l’ont retrouvée dans ce liquide à des taux proches de la fraction libre dans le sang.
Dans l’essai TBCRC049, non randomisé de phase II, 17 femmes d’au moins 18 ans, avec cancer du sein HER2+ métastatique et métastases leptoméningées nouvellement diagnostiquées, ont reçu des cycles de 21 jours : tucatinib deux fois par jour, capécitabine par voie orale 14 jours sur 21 (chiomiothérapie orale – Xeloda), et trastuzumab en perfusion toutes les trois semaines (traitement classique des cancers du sein HER2+ dont le plus connu est l’herceptine). Quinze patientes présentaient déjà des symptômes neurologiques.
La survie globale médiane a atteint 10 mois, soit plus du double des 4,4 mois observés dans les séries historiques, et 41 % des femmes étaient encore en vie à 18 mois. “La combinaison a permis une amélioration cliniquement significative de la survie globale par rapport aux témoins historiques”, a déclaré Rashmi Murthy, professeure agrégée d’oncologie médicale du sein et auteure principale de l’étude. “Pour ces patientes, qui font souvent face à des options de traitement limitées, nos résultats représentent un pas en avant, offrant un nouvel espoir dans la façon dont nous traitons et prenons en charge les métastases leptoméningées”.
Chez 13 patientes évaluables, 5 ont présenté une réponse objective des métastases leptoméningées, et 7 des 12 femmes suivies pour déficit neurologique ont vu leurs troubles s’améliorer. “En plus des résultats encourageants sur la survie, tout au long de l’étude nous avons observé des améliorations des symptômes neurologiques”, explique Barbara O’Brien, professeure agrégée de neuro-oncologie et co-auteure principale de l’étude. “Les traitements des métastases leptoméningées du cancer du sein se sont historiquement concentrés sur la stabilisation de la maladie plutôt que sur l’amélioration des symptômes, ce qui rend ces résultats particulièrement significatifs et encourageants”, selon le MD Anderson Cancer Center. Les principaux effets indésirables – diarrhée, nausées, vomissements, syndrome main-pied et hausse des enzymes hépatiques – ont été jugés globalement gérables dans cet essai limité à 17 patientes.
L’étude comporte quelques limites (une interruption anticipée en raison du rythme lent de recrutement, un faible volume de données du fait de la rareté des métastases leptoméningées…), néanmoins, elle offre un premier espoir pour des femmes dont le pronostic est aujourd’hui bien sombre.





