Dans l’ allocution qu’il a prononcée devant le Conseil de Sécurité, le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choucri, a indiqué que l’Égypte, cette nation qui compte plus de 102 millions d’âmes, était confrontée à une menace existentielle.
« Un énorme édifice fut construit sur le Nil, laissant entrevoir un avenir sombre pour les millions d’ Egyptiens pour lesquels le fleuve constitue la source de vie », a précisé Choucri au début de son allocution.
L’Egypte s’est tournée l’année dernière, en juin, au Conseil de sécurité pour mettre en garde contre le danger qui s’annonçait à l’horizon avec l’approche du premier remplissage du Barrage éthiopien, a rappelé Choucri. Nous avons mis en garde contre les tentatives de contrôler un fleuve duquel dépend notre survie. Nous avons appelé le Conseil à œuvrer à éviter l’escalade de la tension qui menacerait la stabilité de la région. Nous avons appelé nos voisins à être à la hauteur de la responsabilité et de reconnaître le caractère commun des richesses de nos peuples, a-t-il ajouté. Pourtant, quelques jours après ladite séance de l’année dernière, Ethiopie a commencé, sans aucun respect aux lois internationales, le premier remplissage unilatéral du GERD. Toutefois, la réaction de l’Egypte à cette agression contre le Nil, s’est caractérisée par la sagesse et le respect des démarches pacifiques pour régler la crise.
L’Egypte avait accepté de prendre part à des négociations parrainées par l’Union Africaine et auxquelles avait appelé le président Cyrille Ramaphosa. Le long de toute une année, nous avons pris part aux négociations gérées par nos frères Africains pour parvenir à une solution régionale à cette crise difficile, a rappelé Choucri.
Cependant, tous ces efforts ont échoué après un an de négociations non fructueuses, a indiqué Choucri.
Malgré les efforts déployés par les présidents de l’Union Africaine et nos partenaires internationaux, nous nous trouvons, de nouveau, face à l’attitude éthiopienne unilatérale. Attitude qui vise à remplir le Barrage sans un accord qui garantisse les droits des pays en aval. Attitude est concrétisée par l’annonce, trois jours avant cette séance d’aujourd’hui, du début du second remplissage.
Cet acte reflète non seulement un manque de responsabilité envers les répercussions du remplissage sur l’Égypte et le Soudan mais aussi les mauvaises intentions de l’Ethiopie. Ces dernières visent à imposer un fait accompli aux pays en aval et concrétisent un défi flagrant à la communauté internationale.
Cette démarche unilatérale constitue une négligence et un mépris des lois internationales, a lancé Choucri. Elle révèle également l’intention éthiopienne de contrôler le Nil et le transformer d’un fleuve transfrontalier en un outil politique. Ce qui porte atteinte à la paix et la stabilité régionales. Raison pour laquelle l’Égypte a décidé d’appeler à une intervention urgente et efficace de la part du Conseil de sécurité pour éviter une escalade la tension, a indiqué Sameh Choucri. Ceci conformément à l’article 34 du traité des Nations Unies.
L’Egypte s’est tournée vers le Conseil de Sécurité vu sa croyance en la valeur du Droit international et le rôle de l’action multilatérale dans la prévention des conflits, a souligné Choucri.





