Le théâtre du Centre culturel de Kafr El-Cheikh a accueilli, dimanche dernier, la clôture des représentations des clubs de théâtre, dans le cadre de la saison théâtrale organisée par l’Autorité générale des Palais de la Culture, sous la supervision de l’écrivain Mohamed Nassef, vice-président de l’Autorité, et en partenariat avec le ministère de la Culture.











Les festivités ont débuté avec la pièce “Wali”, inspirée de La Saga de la tribu des Bani Zwal, écrite par Mohamed Ali Ibrahim, mise en scène par Ahmed Salama, avec des décors et costumes signés Amira Emad. L’intrigue, empreinte de mystère et de symbolisme, explore la vie d’un village hanté par une malédiction, conséquence d’un acte infâme. Pendant trois décennies, les habitants ont sombré dans la misère et l’ignorance, les femmes privées de maternité et l’ensemble du village obsédé par la figure lumineuse et intrigante de “Shams”. L’arrivée d’un étranger, porteur de vérités dérangeantes, bouleverse l’ordre établi et conduit les villageois à découvrir l’origine de la malédiction.
La deuxième pièce, intitulée “L’Opium”, est une adaptation de l’œuvre de Dr. Moustafa Mahmoud, mise en scène par Kyrillos Nabil. Elle raconte le parcours poignant d’un étudiant en droit, dont les rêves de grandeur se heurtent aux dures réalités de la vie. Obligé de trouver un emploi pour subvenir aux besoins de sa famille après la paralysie de son père, il intègre les archives du ministère des Wakfs. Là, il plonge dans un univers parallèle, explorant une bibliothèque remplie de manuscrits anciens. La pièce met en lumière les tourments intellectuels et spirituels du Dr. Moustafa Mahmoud, questionnant le rôle de la religion, souvent décrite comme “l’opium des peuples”. La mise en scène a été soutenue par une scénographie soignée, un éclairage signé Dr. Mohamed Nabil, et des costumes élaborés par Sabry Mohamed.
Après les représentations, une table ronde critique a réuni des personnalités du monde théâtral, dont l’écrivain Magdy El-Hamzawi, l’auteure Safaa El-Baili et le metteur en scène Mohamed El-Zeiny. Concernant “L’Opium”, les critiques ont salué le talent des acteurs, ainsi que la qualité des décors, des costumes et de la scénographie. Cependant, ils ont estimé que le texte manquait de profondeur, reposant sur une idée déjà exploitée. Ils ont conseillé aux metteurs en scène de choisir des œuvres qui résonnent avec les préoccupations contemporaines et les enjeux sociétaux.
Quant à “Wali”, les critiques ont loué la performance des comédiens et l’esthétique de la mise en scène, tout en soulignant la longueur excessive de la pièce et son recours à des idées éloignées des réalités sociales actuelles. Ils ont recommandé une meilleure focalisation sur des thèmes universels comme l’ignorance et ont insisté sur l’importance d’éviter l’usage d’objets violents sur scène.
Ces représentations, produites par l’administration générale du théâtre sous la direction de Samar El-Wazir et en collaboration avec l’administration centrale des affaires artistiques et la branche culturelle de Kafr El-Cheikh, s’inscrivent dans une initiative ambitieuse. Avec 155 spectacles gratuits, sélectionnés parmi 325 projets, l’Autorité générale des Palais de la Culture offre une plateforme exceptionnelle aux jeunes talents pour exprimer leur créativité, même avec des moyens modestes. Ce projet vise à promouvoir un théâtre accessible dans toutes les provinces, renforçant ainsi l’objectif d’une justice culturelle et d’un enrichissement des publics à travers l’art.
En conclusion, la saison théâtrale de Kafr El-Cheikh a mis en lumière l’importance de soutenir la jeunesse dans l’exploration artistique tout en continuant à explorer des récits profondément enracinés dans les réalités humaines et sociales.





