Par Yasser Abdallah
L’ingénieure Margret Saroufim, vice-ministre de la Solidarité sociale, a participé à l’atelier régional de renforcement des capacités et à la conférence politique sur l’innovation pour les femmes entrepreneures du secteur agroalimentaire. L’événement a été accueilli par la Tunisie et organisé par l’Union pour la Méditerranée (UpM), le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM), la FAO et l’initiative PRIMA, avec le soutien financier de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID). Il a réuni un large éventail de décideurs politiques, de représentants d’institutions nationales et financières, d’acteurs du secteur privé, d’organisations de la société civile et de femmes entrepreneures venus de toute la région euro-méditerranéenne.
Mme Saroufim a souligné que la vision de l’État égyptien repose sur le principe selon lequel l’investissement dans le capital humain constitue le fondement du développement, et que l’autonomisation économique des femmes est une nécessité pour renforcer la productivité et réaliser un développement durable.
C’est dans cette optique que le ministère de la Solidarité sociale adopte une approche fondée sur la complémentarité entre protection sociale et autonomisation économique, convaincu que le développement social est le point de départ pour le renforcement des capacités, la création d’opportunités économiques et l’accès des familles les plus vulnérables à des revenus améliorés.
Le ministère estime également que l’autonomisation économique des femmes s’accomplit par la possession des moyens de production, l’accès au savoir et l’accès aux marchés. Cette vision revêt une importance particulière dans les communautés rurales, où les femmes jouent des rôles centraux dans la production, l’agriculture et la prise en charge de la famille, tout en faisant parfois face à des défis qui limitent leur accès aux opportunités économiques et aux ressources disponibles.
La vice-ministre a présenté le « Projet d’amélioration de la situation socio-économique, de la sécurité alimentaire et d’autonomisation des communautés rurales les plus démunies du gouvernorat de Minya ». Ce projet constitue un modèle exemplaire de renforcement des capacités et de partenariat, combinant la collaboration du ministère de la Solidarité sociale (coordinateur national), du ministère de l’Agriculture et de la FAO, avec un financement du gouvernement norvégien. Il s’inscrit dans le cadre des efforts de développement du monde rural égyptien, en lien direct avec l’initiative présidentielle « Vie décente » .
Le projet cible plus de 2 000 bénéficiaires répartis dans 10 villages, en améliorant la productivité agricole, en diffusant des pratiques agricoles adaptées au climat et en soutenant les petites et très petites entreprises, avec un accent particulier sur les femmes et les personnes en situation de handicap. Les activités du projet ont permis de créer 50 écoles d’agriculture de terrain pour les agriculteurs, où les femmes représentent environ 60 % de l’ensemble des bénéficiaires.
Les mécanismes du projet se sont également étendus au soutien de l’entrepreneuriat, en combinant formation pratique et amélioration de la production, tout en renforçant la capacité d’adaptation des communautés aux changements climatiques. Ce parcours intégré commence par l’identification des besoins des familles les plus vulnérables, suivis de la formation et de la production, pour aboutir à l’autonomisation et à la génération de revenus durables.
Mme Saroufim a également présenté un autre exemple de ces initiatives : la campagne « Ezra’ » (« Plantez »).
Lancée en 2024, elle s’appuie sur une collaboration continue entre le ministère, l’Alliance nationale pour le travail de développement civil, l’Organisation évangélique copte pour les services sociaux (CEOSS) et le ministère de l’Agriculture.
L’initiative constitue un modèle remarquable de promotion de l’autonomisation économique des populations défavorisées et offre une large opportunité aux femmes rurales de bénéficier d’interventions agricoles. Elle vise à soutenir les petits agriculteurs, à accroître la production de cultures stratégiques (en premier lieu le blé) et à renforcer la sécurité alimentaire grâce à la fourniture de semences subventionnées, à l’assistance technique et à la diffusion de pratiques agricoles modernes.
L’initiative en est actuellement à sa quatrième saison dans 16 gouvernorats, ayant réussi à toucher plus de 500 000 agriculteurs et à cultiver 720 000 feddans de blé.
Mme Saroufim a affirmé que ces modèles démontrent l’importance de la synergie entre protection sociale et développement agricole pour renforcer l’autonomisation économique des femmes rurales. Cette approche est soutenue par le système financier stratégique pour l’autonomisation économique, qui sert de mécanisme pour intégrer les efforts d’autonomisation déployés par 60 partenaires fournissant des services financiers et non financiers, à l’instar des services financiers offerts par les banques et les programmes sociaux à l’échelle internationale.
En conclusion de son intervention, Mme Saroufim a souligné que l’agenda politique régional 2026-2030 comprend plusieurs priorités : renforcer l’intégration entre protection sociale et autonomisation économique, passer d’initiatives isolées à des modèles de développement intégrés et réplicables, consolider la coopération régionale pour le partage des connaissances, la mobilisation des ressources et la mesure de l’impact, soutenir l’échange d’expériences pratiques entre les pays, et développer des mécanismes de suivi pour évaluer l’impact réel sur les revenus des femmes et la pérennité de leurs projets.





