Par Mohamed Gaballah

Sur les rives de la mer Noire, entre montagnes verdoyantes et littoraux somptueux, la Turquie a franchi une étape clé dans sa préparation à l’accueil de la COP31. Lors d’une rencontre internationale réunissant officiels, experts et journalistes sous le thème du « Dialogue bleu », Ankara a dévoilé sa vision pour l’avenir des mers et des océans face au changement climatique, martelant qu’il est temps de passer des engagements aux investissements et aux actions concrètes.

Le ministre turc de l’Environnement, de l’Urbanisme et du Changement climatique, et président de la COP31, Murat Kurum, a rappelé que la crise climatique s’aggrave au milieu de tensions géopolitiques et de crises économiques mondiales. Selon lui, le succès de la future conférence d’Antalya ne se mesurera pas au nombre de réunions, mais à la rapidité de mise en œuvre des projets financés pour protéger les côtes et soutenir les pays en développement.
Les débats ont souligné l’urgence de protéger les écosystèmes marins, rappelant que la pollution et le réchauffement des eaux dépassent les frontières nationales. Les rassemblements se sont conclus par l’appel de Trabzon, un document préconisant le développement de projets financés dans le domaine du « carbone bleu », le renforcement de la résilience côtière et la création d’un réseau de données marines pour alimenter les systèmes d’alerte précoce.
Pour démontrer l’efficacité de sa démarche, la Turquie a mis en avant des initiatives locales, notamment la gestion des déchets marins, la restauration de la faune aquatique et le projet d’aménagement urbain Uzunkum Waterfront à Trabzon, qui réintègre la nature au cœur du quotidien des citoyens.

L’événement a également été marqué par une parenthèse chaleureuse de la part du maire de Trabzon, Ahmet Metin Genç. Évoquant les atouts de sa ville, ce dernier a déclaré : « Trabzon est connue pour sa mer, ses noisettes, ses anchois… et comment pourrais-je oublier Mohamed Salah ? ». Cette mention de la star égyptienne du football a illustré le rôle clé du soft power sportif et culturel pour rapprocher les peuples, parallèlement aux négociations diplomatiques.
Alors que les regards se tournent désormais vers Antalya pour la COP31, le message envoyé depuis la mer Noire reste clair : le dialogue n’est qu’un début, la concertation une voie, et l’action sur le terrain la seule véritable mesure du succès.






