En raison de la fermeture du détroit d’Hormuz, l’Europe ne disposerait que d’environ six semaines de carburant pour avions, selon un avertissement de l’Agence internationale de l’énergie. Cette situation intervient dans le contexte de la poursuite de la guerre en Iran et de la fermeture de facto du détroit depuis plus de six semaines, rapporte le journal espagnol La Vanguardia.
Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, a indiqué que la situation pourrait bientôt entraîner l’annulation de vols si la crise d’approvisionnement persiste. Le détroit d’Hormuz constitue une voie stratégique pour l’exportation du carburant aérien depuis le Golfe, assurant le passage d’environ 20 % du commerce mondial de pétrole.
L’Europe dépend du Moyen-Orient pour environ 75 % de ses importations de carburant aérien, ce qui la rend particulièrement vulnérable à toute perturbation régionale. Les pays européens tentent actuellement de compenser ce manque par des importations en provenance des États-Unis et du Nigeria, mais ces alternatives ne couvriraient qu’environ la moitié des volumes perdus.
Les estimations indiquent que si plus de 50 % des approvisionnements ne sont pas compensés, certains aéroports européens pourraient connaître de réelles pénuries entraînant des annulations de vols. Même dans le scénario le plus optimiste, une crise pourrait émerger dès le mois d’août.
Le marché du carburant aérien est particulièrement fragile en raison de la rareté de ses sources de production et de la complexité de son transport. De plus, ses spécifications techniques limitent les possibilités de substitution rapide.
Les prix du carburant aérien en Europe ont fortement augmenté, passant à 1 838 dollars la tonne contre 831 dollars avant la guerre. Cette hausse pousse les compagnies aériennes à adopter des mesures d’urgence : EasyJet a signalé des coûts supplémentaires importants, tandis que KLM a annulé 160 vols intra-européens.
De son côté, la Commission européenne affirme qu’il n’y a pas de pénurie actuelle, mais avertit de risques possibles à court terme, tout en poursuivant ses réunions de suivi. Dans ce contexte, le secteur aérien européen pourrait être confronté à un défi majeur susceptible d’affecter les voyages durant la saison estivale.
Selon Al Youm Al Sabae





