Madrid a accueilli une réunion cruciale réunissant des représentants de la Ligue arabe, de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ainsi que des ministres des Affaires étrangères de plusieurs nations européennes et arabes. Ce sommet intervient dans un contexte de crise sans précédent au Moyen-Orient et réaffirme l’engagement ferme de toutes les parties en faveur de la solution à deux États comme seule voie vers une paix et une sécurité durables dans la région.
Les participants à cette rencontre ont souligné que, depuis le lancement du processus de paix, les bases de la solution à deux États ont été définies par la communauté internationale. Ces bases incluent des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, les principes du droit international et l’Initiative de paix arabe. Toutefois, des actions unilatérales illégales, telles que la colonisation et les déplacements forcés, ont compromis ces efforts et sapé les espoirs des deux peuples de vivre en paix. Depuis le 7 octobre 2023, une crise humanitaire sans précédent, marquée par de graves violations du droit international, a accentué l’instabilité dans la région.
Les participants ont unanimement condamné toutes les formes de violence et de terrorisme, appelant à une mise en œuvre effective et irréversible de la solution à deux États, conformément aux normes du droit international et à l’Initiative de paix arabe. Cette solution doit garantir les droits du peuple palestinien, la sécurité d’Israël, et favoriser la création de relations stables et pacifiques dans la région.
Un impératif de paix après des décennies de conflit
Trente-trois ans après la tenue de la Conférence de paix à Madrid, le constat est amer : ni les parties prenantes ni la communauté internationale n’ont réussi à atteindre leur objectif commun, à savoir la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens, y compris Jérusalem-Est, qui dure depuis 1967. L’aspiration demeure de voir deux États souverains, Israël et la Palestine, coexister côte à côte en paix et en sécurité, intégrés dans la région sur la base d’une reconnaissance mutuelle et d’une coopération constructive.
Dans ce cadre, les participants ont salué l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) le 19 juillet 2024. Ils ont également réitéré l’importance de permettre au gouvernement palestinien d’assumer pleinement ses responsabilités dans l’ensemble de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est.
Appel à la fin des hostilités et à la restauration des droits palestiniens
Les représentants réunis à Madrid ont apporté leur soutien aux efforts de médiation entrepris par l’Égypte, le Qatar et les États-Unis, tout en rejetant toutes les tentatives de saboter ces processus de paix. Ils ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et durable à Gaza, ainsi qu’à la libération des otages et des détenus. De plus, ils ont insisté sur la nécessité de redonner à l’Autorité palestinienne le contrôle total des frontières, notamment le point de passage de Rafah, ainsi que sur le retrait complet des forces israéliennes de Gaza, y compris du corridor de Philadelphie.
L’urgence humanitaire dans la bande de Gaza a également été mise en exergue, avec des appels pressants à l’ouverture immédiate et inconditionnelle des points de passage israéliens pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire en quantités suffisantes. Le rôle clé de l’UNRWA et des agences onusiennes a été souligné dans ce contexte.
Une alerte sur la situation en Cisjordanie et à Jérusalem
Face à l’escalade des tensions en Cisjordanie, les participants ont réclamé l’arrêt immédiat des attaques militaires contre les Palestiniens et des actions illégales qui menacent la paix, telles que l’expansion des colonies, la confiscation des terres et les déplacements forcés. Ils ont rappelé l’importance de préserver le statut historique et juridique des lieux saints chrétiens et musulmans à Jérusalem, tout en reconnaissant le rôle central de la tutelle hachémite.
Un appel à la reconnaissance internationale de la Palestine
Un autre point crucial de cette réunion fut l’appel lancé à la communauté internationale pour qu’elle prenne des mesures concrètes en faveur de la reconnaissance mondiale de l’État de Palestine et de son admission en tant que membre à part entière des Nations unies. Cette reconnaissance réciproque entre Israël et la Palestine est jugée essentielle pour favoriser la paix et la stabilité à long terme.
Vers une conférence internationale pour la paix
Enfin, les participants ont réaffirmé leur engagement à travailler en faveur de la paix et de la mise en œuvre effective de la solution à deux États. Ils ont convenu de l’importance de convoquer une conférence internationale pour la paix dans les plus brefs délais. Ils ont également invité les parties et tous les membres de l’ONU à se joindre à la réunion élargie sur “la situation à Gaza et la mise en œuvre de la solution à deux États comme chemin vers une paix juste et durable”, qui se tiendra en marge de la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue le 26 septembre 2024.
Cette déclaration de Madrid marque ainsi une nouvelle étape dans la recherche d’une solution durable au conflit israélo-palestinien, ancrée dans le droit international et portée par une volonté commune de paix et de réconciliation.





