2ème réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau
La République arabe d’Égypte et la République de Turquie (ci-après « les Parties »),
Rappelant la création du Conseil de coopération stratégique de haut niveau et la tenue de sa première réunion à Ankara le 4 septembre 2024, sous la coprésidence des deux Chefs d’État ;
Guidées par les liens historiques et fraternels profonds unissant la République arabe d’Égypte et la République de Turquie, ainsi que par leur engagement commun à développer les relations bilatérales sur la base du respect mutuel et de l’intérêt réciproque ;
Prenant note avec satisfaction de l’élan positif enregistré dans les relations bilatérales au cours des dernières années ;
Réaffirmant leur détermination à renforcer la coordination et la coopération dans les enceintes internationales et régionales, à l’appui des efforts mondiaux visant à relever les défis communs, notamment la paix et la sécurité internationales, le développement durable, le changement climatique, la protection de l’environnement et la sécurité alimentaire ;
Reconnaissant le rôle central de la coopération économique dans la promotion de la prospérité et du développement socio-économique inclusif à travers un partenariat productif et mutuellement bénéfique ;
Réunies à l’occasion de la deuxième réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau, tenue au Caire le 4 février 2026, sous la coprésidence des deux Chefs d’État,
Conviennent de ce qui suit :
- Réaffirment le rôle du Groupe conjoint de planification en tant que principal mécanisme de supervision et de coordination des relations bilatérales dans tous les domaines, se félicitent des résultats de sa réunion tenue le 12 novembre 2025 et réitèrent l’importance d’une coordination institutionnelle efficace et d’un suivi rigoureux afin d’assurer la mise en œuvre et l’obtention de résultats concrets.
- Se félicitent de la signature de mémorandums d’entente dans des domaines clés, notamment la coopération en matière de défense, d’investissement, de commerce, d’agriculture, de santé, de jeunesse et de sports, ainsi que de protection sociale.
- Reconnaissent la croissance significative du volume des échanges commerciaux bilatéraux, désormais proche de 9 milliards de dollars américains, et confirment que ce progrès reflète la volonté politique commune d’élever les relations à un nouveau stade de partenariat stratégique. Elles réaffirment l’objectif commun de porter le volume des échanges bilatéraux à 15 milliards de dollars américains d’ici 2028, par un renforcement accru des relations économiques et commerciales.
- Soulignent le rôle important de l’environnement d’investissement mutuel dans la consolidation de relations économiques bilatérales durables, équilibrées et mutuellement bénéfiques, et encouragent l’échange de délégations, l’organisation d’expositions et la tenue de forums d’investissement afin de stimuler la coopération commerciale et les opportunités d’investissement dans les deux pays.
- Conviennent de poursuivre l’amélioration du climat de l’investissement dans les deux pays et, dans ce cadre, se félicitent de la création de la Commission nationale pour la promotion et le suivi des investissements turcs en Égypte, en vue de faciliter davantage les procédures d’investissement.
- Décident de renforcer la coopération industrielle et la production conjointe dans les secteurs prioritaires afin d’approfondir la fabrication locale et de faciliter le transfert de technologies selon des conditions mutuellement convenues. Elles soulignent l’importance de promouvoir les investissements réciproques et les partenariats industriels, y compris les zones et projets industriels conjoints desservant les marchés régionaux et internationaux. Elles insistent également sur le renforcement de la coopération en matière de transfert de technologies, d’innovation et de renforcement des capacités par la formation, les partenariats institutionnels et l’échange d’expertises. Elles s’engagent à élargir la coopération dans les domaines de la production à faibles émissions et de la transition verte, notamment l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la gestion des déchets et les projets industriels bas carbone.
- Réaffirment leur engagement à renforcer la coopération économique, en mettant l’accent sur la réforme économique, les secteurs à forte productivité, les infrastructures avancées et une croissance tirée par le secteur privé. Elles reconnaissent le potentiel considérable de coopération dans l’innovation industrielle et la fabrication à forte valeur ajoutée, notamment, à titre non limitatif, dans les industries automobile et mécanique, la construction et le développement des infrastructures, les énergies renouvelables, l’agriculture, l’agro-industrie et le tourisme.
- Conviennent de renforcer la coopération dans les domaines de l’électricité et des énergies renouvelables dans le cadre du mémorandum d’entente signé en septembre 2024, et décident de désigner des points de contact nationaux pour coordonner les équipes de travail conjointes dans les domaines de l’énergie conventionnelle, des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert, ainsi que de l’énergie nucléaire.
- Soulignent l’importance de la mise en œuvre du mémorandum d’entente sur les hydrocarbures et les mines signé en mai 2025. À cet égard, les deux Parties conviennent de coopérer dans les activités d’exploration et de développement des hydrocarbures et des ressources minières en Égypte, y compris par l’intermédiaire de leurs entreprises et institutions publiques, et d’échanger des expertises en matière d’activités géologiques et de technologies minières modernes.
- Décident de renforcer la coopération macroéconomique en dynamisant la coopération douanière dans le cadre des instruments juridiques existants, notamment par l’échange de listes mises à jour des opérateurs du programme d’Opérateur économique agréé (AEO), afin de faciliter le commerce et d’améliorer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement. Elles conviennent également de lancer un dialogue financier de haut niveau entre les ministères des Finances pour échanger des expertises, suivre les évolutions financières régionales et internationales et explorer les possibilités de renforcer la coopération économique et l’investissement.
- Reconnaissent le rôle stratégique de l’aviation civile en tant qu’élément essentiel pour faciliter la coopération économique, le commerce, le tourisme, l’investissement et les échanges entre les peuples d’Égypte et de Turquie. À cet effet, les Parties expriment leur volonté de poursuivre les consultations techniques entre les autorités de l’aviation civile concernées afin d’identifier des solutions pratiques soutenant une croissance équilibrée, un renforcement de la connectivité et un partenariat durable dans le domaine de l’aviation civile.
- Décident de créer un comité technique conjoint pour la coopération dans les domaines de l’industrie pharmaceutique, des dispositifs médicaux, des systèmes de soins de santé, du tourisme médical, de la rééducation médicale, de l’informatique de santé et des partenariats public-privé, y compris par l’échange d’expertises et de bonnes pratiques.
- Réaffirment que la coopération agricole constitue un pilier du partenariat stratégique, contribuant au renforcement de la sécurité alimentaire, à la résilience des chaînes d’approvisionnement et au commerce agricole conforme aux normes internationales. Elles conviennent de renforcer la coopération dans les domaines de la quarantaine végétale, des mesures vétérinaires et du commerce des produits d’origine animale.
- Conviennent de renforcer la coopération technique et le renforcement des capacités dans le secteur agricole par l’échange d’experts, des programmes de formation conjoints et le partage des meilleures pratiques, tout en alignant les procédures sur les normes internationales pertinentes et en renforçant l’échange d’informations, la numérisation et les systèmes d’alerte précoce liés à la santé des végétaux et des animaux.
- Réaffirment leur engagement à mettre en œuvre le plan d’action entre les ministères du Travail des deux pays et à coopérer en matière de mobilité de la main-d’œuvre.
- Exprimant leur aspiration à élargir la coopération dans les domaines des antiquités, des musées, de l’archéologie, de la muséologie et de la lutte contre le trafic illicite des biens culturels, les Parties reconnaissent le tourisme comme un moteur clé de la croissance économique et de la création d’emplois. Elles encouragent la coopération visant à stimuler les flux touristiques, les échanges culturels et les opportunités d’investissement, et réaffirment leur disposition à échanger des expertises dans les industries culturelles et créatives ainsi que dans les technologies numériques connexes.
- Exprimant leur aspiration commune à poursuivre la coopération bilatérale dans le domaine de l’enseignement supérieur, les Parties conviennent d’échanger des expériences réussies et des modèles d’excellence et d’explorer de nouvelles opportunités de coopération future, notamment dans les domaines académiques d’intérêt commun, afin de soutenir et de développer les systèmes académiques et leurs résultats dans les deux pays, conformément aux objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable.
- Conviennent de promouvoir la croissance économique et le développement régional, en particulier en Afrique, et encouragent la coopération entre les entreprises égyptiennes et turques à travers des projets conjoints dans les domaines de la construction, des infrastructures et du développement urbain, en vue de mettre en œuvre des projets à fort impact.
- Réaffirment leur aspiration à soutenir un processus politique libyen mené et détenu par les Libyens, facilité par les Nations Unies, afin de préserver la sécurité, la stabilité, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité politique de la Libye.
- Réaffirment leur soutien au plan global du président Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza, y compris l’engagement d’Israël à un retrait complet de Gaza. Elles soulignent la centralité de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour définir la trajectoire de la phase transitoire temporaire jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne ait achevé les réformes requises, ouvrant la voie à son retour à l’administration de la bande de Gaza.
- Réaffirment l’impératif de préserver l’unité et l’intégrité territoriale palestiniennes et soulignent la nécessité d’assurer l’acheminement urgent, sûr, durable et sans entrave de l’aide humanitaire à Gaza, à grande échelle, ainsi que la nécessité d’ouvrir le point de passage de Rafah dans les deux sens. Elles mettent également en évidence l’urgence de lancer, dans les plus brefs délais, un processus de relèvement précoce et de reconstruction globale dans l’ensemble de la bande de Gaza, sans discrimination. Les deux pays expriment leur disposition à contribuer, aux côtés de la communauté internationale, aux efforts de relèvement et de reconstruction à long terme à Gaza.
- Réaffirment la nécessité de lancer un processus politique menant à l’établissement d’un État palestinien indépendant sur les lignes du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
- Soulignent les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies, ainsi que les avis consultatifs et les mesures provisoires de la Cour internationale de Justice, qui confirment l’illégalité de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et les obligations de la puissance occupante de respecter et de mettre en œuvre le droit international.
- Expriment leur préoccupation face aux politiques et pratiques d’Israël visant à entraver les activités des Nations Unies et de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Elles appellent au respect du mandat, des installations et du statut juridique de l’Agence dans le territoire palestinien occupé, ainsi qu’à l’autorisation et à la facilitation complètes de l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien occupé.
- Réaffirment leur engagement ferme en faveur de la souveraineté, de l’unité, de la stabilité et de l’intégrité territoriale de la Syrie. Elles soulignent l’importance des efforts de reconstruction, du renforcement des capacités des institutions de l’État et du lancement d’un processus politique inclusif, global et détenu par les Syriens, avec la participation de toutes les composantes syriennes.
- Soulignent la nécessité de lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, afin d’empêcher que le territoire syrien ne devienne une source de menace pour la sécurité et la stabilité des pays voisins et de la région. Elles insistent également sur l’importance de traiter la question des combattants terroristes étrangers liée à ces menaces.
- Condamnent fermement les violations israéliennes continues de la souveraineté syrienne et l’exploitation de la situation actuelle pour s’emparer de davantage de territoires syriens. Elles soulignent la nécessité pour Israël de respecter l’Accord de désengagement de 1974.
- Soulignent leur soutien continu aux institutions nationales libanaises et aux efforts de la direction actuelle pour consolider l’autorité de l’État et garantir que les armes soient exclusivement entre les mains de l’État, par une approche calme, graduelle et inclusive préservant l’unité nationale et la paix civile.
- Réaffirment leur soutien indéfectible au Liban, à son gouvernement et à son peuple face aux agressions israéliennes continues et aux violations de la souveraineté libanaise, condamnant clairement ces attaques et soulignant que la solution durable réside dans la mise en œuvre complète et non sélective de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies par toutes les parties.
- Expriment également leur soutien au président « Aoun » et à son gouvernement, saluant l’initiative lancée pour mettre fin aux attaques israéliennes comme une démarche responsable visant à prévenir l’escalade. Elles réaffirment leur rejet des violations israéliennes répétées de l’accord de cessation des hostilités et appellent au retrait d’Israël de toutes les zones occupées, y compris les cinq points frontaliers occupés dans le sud du Liban.
- Expriment leur profonde préoccupation face à la poursuite du conflit au Soudan. Elles réaffirment leur appel à une solution pacifique par une trêve humanitaire conduisant à un cessez-le-feu permanent, suivie d’un dialogue national inclusif et d’un processus politique soudanais global, détenu et dirigé par les Soudanais.
- Réaffirment leur respect et leur engagement en faveur de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale du Soudan, ainsi que leur soutien aux institutions nationales soudanaises et leur rejet catégorique de la création de toute structure de gouvernance parallèle au Soudan. Elles confirment leur soutien aux efforts des acteurs régionaux et internationaux, y compris la « Quad », l’Union africaine et la Ligue des États arabes, pour parvenir à une solution politique au conflit et atténuer les souffrances du peuple soudanais. Elles soulignent également la nécessité d’assurer un accès durable et sans entrave à l’aide humanitaire, d’augmenter le volume de l’assistance au Soudan et aux pays voisins, ainsi que la création d’abris et de couloirs sûrs pour renforcer la protection des civils et faciliter l’acheminement de l’aide.
- Soulignent la nécessité de traiter le défi du terrorisme dans la région du Sahel. À cet égard, les deux pays poursuivront leurs efforts pour renforcer les capacités des États du Sahel à faire face aux groupes terroristes, en coordination avec les gouvernements concernés. Partant de leur conviction que la stabilité du Sahel requiert l’implication de toutes les parties prenantes, elles réaffirment l’importance d’accélérer le processus de réintégration des trois États du Sahel au sein de l’Union africaine.
- Expriment en outre leur préoccupation face à la grave crise humanitaire dans la région du Sahel résultant de l’escalade des activités terroristes et du déplacement de millions de personnes à l’intérieur de la région. Elles appellent la communauté internationale, les agences des Nations Unies et les organisations humanitaires à intensifier leurs efforts pour faire face à cette crise en consultation avec les gouvernements concernés.
- Concernant la Corne de l’Afrique, les deux Parties réaffirment leur soutien indéfectible à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie, et renouvellent leur rejet de toute mesure susceptible d’y porter atteinte. Elles expriment également leur appréciation mutuelle pour leurs efforts respectifs en matière de lutte contre le terrorisme, de renforcement de la stabilité et de promotion du développement durable en Somalie.
- Soulignent l’importance de sécuriser la mer Rouge et de rétablir les niveaux normaux de la navigation maritime internationale qui la traverse. Elles condamnent toute tentative visant à établir une présence militaire sur ses côtes en violation du droit international et des usages internationaux.
- Conviennent d’intensifier leurs efforts de coordination, ainsi qu’avec les autres pays régionaux concernés, pour soutenir les initiatives de désescalade au Moyen-Orient et créer un climat propice à la reprise de négociations entre les États-Unis et l’Iran, fondées sur la bonne foi et le respect mutuel, en vue de parvenir à un accord satisfaisant servant les intérêts communs et consolidant la paix, la stabilité et la prospérité au Moyen-Orient.
- Reconnaissent l’importance vitale du Nil pour l’Égypte au regard de la rareté de ses ressources en eau. Tenant compte de l’impact néfaste du changement climatique sur les ressources hydriques, elles conviennent de renforcer la coopération technique en matière d’utilisation durable de l’eau.
- Conviennent de poursuivre une coopération étroite dans le cadre des organisations internationales et régionales.
- Conviennent de tenir la prochaine réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau en 2028 à Ankara.





