Au cours des derniers jours, les réseaux sociaux se sont transformés en une véritable scène où se croisent innovations technologiques, phénomènes esthétiques et détournements du quotidien. Escroqueries sophistiquées à base de deepfakes, avatars numériques concurrençant les influenceurs humains, retour inattendu du maquillage “grunge clean” et planches apéritives revisitées façon performance artistique : ces tendances révèlent à quel point la sphère digitale oscille aujourd’hui entre fascination, danger et créativité.
Par Marwa Mourad
Les arnaques 2.0 : Deepfakes et faux profils à l’assaut des réseaux
La fraude en ligne n’a jamais été aussi redoutable. Ces deux dernières semaines, plusieurs rapports ont mis en garde contre la prolifération d’arnaques appuyées par l’intelligence artificielle. Les escrocs utilisent désormais des deepfakes ultra-réalistes et des identités synthétiques pour tromper leurs victimes.
Selon TechRadar, 75 % des escroqueries en ligne trouvent leur origine sur les réseaux sociaux, et les pertes financières sont considérables : plus de 830 000 € enregistrés en France et jusqu’à 35 millions de dollars en Géorgie lors d’un seul cas. Les arnaques sentimentales, quant à elles, représentent des centaines de millions de pertes chaque année. Un signal fort que les plateformes doivent accélérer la mise en place de systèmes de détection.
Humanité vs virtualité : Les influenceurs face à l’IA
Autre phénomène marquant : l’émergence massive des influenceurs virtuels. Ces avatars numériques, créés de toutes pièces, séduisent les marques par leur coût réduit et leur contrôle total. Mais face à eux, les créateurs de contenu humains n’ont pas dit leur dernier mot.
Comme le souligne Reuters, l’authenticité et l’émotion restent des atouts majeurs de l’influence “vivante”. Dans un marché qui pèse plus de 11 milliards de dollars par an, les marques jonglent désormais entre avatars programmés et influenceurs de chair et d’os, chacun occupant une place stratégique dans la conquête des audiences.
Make-up “grunge clean” : Nostalgie ou simple esthétique marketing ?
Côté tendances beauté, c’est le “grunge clean” qui s’impose sur TikTok et Instagram. Inspiré des années 90, ce maquillage sombre mais minimaliste s’affiche comme une alternative au maquillage ultra-glamour. Pourtant, certains observateurs dénoncent une perte du sens originel : loin de l’esprit rebelle et contestataire du grunge, cette tendance serait davantage un produit marketing que l’expression d’une contre-culture.
Pourtant, les hashtags liés au grunge explosent, montrant à quel point les réseaux sociaux réinventent – et parfois édulcorent – les codes d’hier pour en faire des esthétiques prêtes à consommer.
La créativité culinaire Instagram-friendly : nouveaux visages de la planche apéro
Enfin, un courant plus léger mais tout aussi révélateur s’installe : la transformation de la planche apéritive en véritable œuvre d’art digitale. Fromages, charcuteries, fruits, desserts… chaque élément est soigneusement agencé pour devenir un tableau gustatif.
Sur Instagram et Pinterest, ces compositions attirent des millions de vues, au point que certains influenceurs en ont fait une activité professionnelle. Comme le note Times of India, cette démocratisation de la “charcuterie board” illustre la puissance des réseaux à métamorphoser une simple habitude culinaire en tendance virale.
Quand les réseaux dictent nos usages
Les réseaux sociaux ont donc mis en lumière quatre facettes contrastées de notre époque : la sophistication des arnaques, le bras de fer entre humains et IA, la réinvention esthétique d’un courant culturel, et la créativité culinaire transformée en performance.
Un kaléidoscope qui confirme une réalité : la sphère digitale est devenue à la fois un terrain d’innovation, de nostalgie, de danger et de mise en scène permanente.