L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) vient de publier la dernière mise à jour de sa «liste rouge» qui suit l’état de santé des espèces.Parmi les nouvelles à faire leur entrée, plusieurs sont mises en danger par les projets d’exploitations minières sous-marins. On aurait pu croire les espèces qui habitent au fond des océans tranquilles.
Mais ces espèces menacées vivent en effet sur des cheminées hydrothermales, des colonnes de pierre situées à 5 000 mètres de profondeur au fond de l’océan, qui crachent une eau brûlante réchauffée par le magma. Mais même là-bas, elles sont menacées par les humains qui veulent exploiter le minerai de métal qui se forme près des cheminées.
« N’importe quel type d’activité, même exploratoire, va créer des panaches de sédiments, explique à RFI, Craig Hilton-Taylor, responsable de la liste rouge à l’UICN. En perturbant le sol marin, on projette beaucoup de sable qui va complètement étouffer les escargots en les empêchant de respirer, d’absorber des nutriments et cela va les faire disparaître. »
Des espèces de mollusques uniques « en danger critique »
Escargots, moules, palourdes, d’après leur décompte, plus de 60 % des espèces de mollusques uniques à ces endroits sont menacées par les projets miniers.Plusieurs sont même « en danger critique », le plus haut niveau avant l’extinction.
« Elles ont des aires de répartitions très réduites, restreintes aux cheminées hydrothermales, précise ce responsable de la liste rouge à l’UICN. Donc si l’exploitation devait avoir lieu, toutes ces espèces qui vivent sur des sites potentiels disparaitraient très vite. »
À l’inverse, celles qui vivent dans des aires marines protégées ont été placées en « préoccupation mineure» par les équipes de la liste rouge. Il est à rappeler qu’en 2021, les membres de l’UICN, qui rassemble notamment des États et des institutions scientifiques, ont voté pour soutenir l’arrêt de l’exploitation minière des fonds marins.





