Entre nourriture qui manque et épidémies qui menacent, le Venezuela pare au plus pressé mercredi, une semaine après son pire séisme depuis plus d’un siècle, qui a fait près de 2.000 morts et des dizaines de milliers de disparus.
Chaque heure qui passe réduit encore les probabilités de retrouver des survivants, comme cet enfant de trois ans sauvé miraculeusement mardi par des secouristes jordaniens.
Dans un pays déjà soumis ces dernières années aux restrictions des communications et de l’information, le gouvernement a restreint après le drame l’accès à l’Etat de La Guaira (nord), le plus durement touché, en imposant aux bénévoles l’obtention d’un laissez-passer.
“Il a été extrêmement difficile d’atteindre le territoire vénézuélien”, explique à l’AFP Luis Arteaga Benatuil, membre du groupe espagnol de recherche et de sauvetage USAR 13. “Nous arrivons tard, très tard (…), mais notre objectif demeure de sauver des vies”.
La catastrophe du 24 juin n’a pas rendu toutes ses victimes. Les Nations unies estiment que 50.000 personnes sont portées disparues. Et le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a déclaré qu’environ 30.000 personnes se trouvaient dans la zone du port de La Guaira, la plus ravagée, au moment du double tremblement de terre.
Depuis, selon lui, 6.461 personnes ont été secourues, 10.500 ont été blessées et l’ampleur des dégâts matériels a plongé une partie du pays dans le chaos.
Les autorités vénézuéliennes ont installé des centres de distribution d’aide mais les rescapés se sentent davantage soutenus par les étrangers et les bénévoles.
“Au début, tout se passait bien, mais ensuite la mauvaise organisation a commencé : d’abord les soldats eux-mêmes se servaient et puis tu te retrouvais avec ce qui restait”, raconte Yohana Alvarez, une vendeuse déplacée.
Pénuries “généralisées”
“Ce sont des gens venus de l’extérieur qui nous aident”, s’indigne Tibisay Méndez sur le réseau social TikTok, alors que “les policiers et fonctionnaires envoyés sur place se contentent de prendre des photos”.
Les zones touchées semblent avoir été rasées au sol, avec d’immenses trouées au coeur d’habitations désormais inutilisables. Sur la base d’images satellitaires, la Nasa estime qu’environ 58.870 bâtiments ont été endommagés ou détruits.
Dans l’État de La Guaira, “les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont en grande partie coupées”, s’est alarmé mardi le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).
“Les tensions au sein de la population s’accroissent, alors que l’accès à l’aide demeure limité”.
A La Guaira, Daniela Armas, une vendeuse de 18 ans blessée, décrit une situation apocalyptique: “De l’aide est distribuée ici mais parfois les gens s’entretuent pour de la nourriture (…). Tout le monde se bat, comme dans un combat de coqs”.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel à 50 millions de dollars pour nourrir 500.000 personnes pendant trois mois.





