Ø 94 ans d’exploits et de défis
Ø Une réussite portée par une gouvernance visionnaire et des équipes dévouées
Ø Une flotte qui atteindra 97 appareils à l’horizon 2030 et plus de 80 destinations internationales
Ø Meilleure compagnie aérienne d’Afrique des services aux passagers selon Skytrax
Ø Première compagnie aérienne au monde à desservir Djeddah et Médine en 1936
Ø Des milliers de ressortissants rapatriés lors des crises politiques et de la pandémie de coronavirus
Ø Intégration à Star Alliance, la plus grande alliance aérienne mondiale, en 2008

La compagnie nationale EgyptAir a célébré jeudi dernier le 94e anniversaire de sa création. Au cours de ces longues décennies, le transporteur national a accumulé de nombreux succès et relevé avec efficacité d’importants défis grâce à une direction expérimentée et clairvoyante, ainsi qu’à des collaborateurs fidèles qui n’ont jamais ménagé leurs efforts pour hisser le nom de leur compagnie au plus haut niveau régional et international.
L’essor que connaît actuellement la compagnie nationale constitue une nouvelle étape dans son processus permanent de modernisation et de renouvellement, afin de rivaliser avec les plus grandes compagnies aériennes mondiales.

EgyptAir traverse aujourd’hui une phase de renforcement de ses ressources humaines et d’expansion de sa flotte. Au début de l’année en cours, la compagnie a réceptionné son premier appareil de type Airbus A350-900 lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté le Premier ministre, le Dr Moustafa Madbouli, le ministre de l’Aviation civile, le Dr Sameh Al-Hefni, le président de la holding EgyptAir, le pilote Ahmed Adel, ainsi que plusieurs responsables et parlementaires.
Selon les déclarations du ministre de l’Aviation civile, le Dr Sameh Al-Hefni, EgyptAir poursuit un ambitieux plan de modernisation de sa flotte afin d’améliorer l’expérience de voyage et de renforcer sa compétitivité sur le marché mondial. Il a précisé que la compagnie dispose actuellement de 67 avions commerciaux et de 4 appareils de fret aérien, soit une flotte totale de 71 aéronefs.

Le ministre a ajouté que le renforcement de la flotte se poursuivait avec l’intégration de 34 nouveaux appareils de dernière génération, dotés des technologies les plus avancées. Dix Airbus A350-900 ont déjà été commandés, auxquels s’ajoutent six appareils supplémentaires du même modèle, dont l’acquisition a été officialisée lors du Salon aéronautique du Bourget 2025, portant ainsi à seize le nombre total d’appareils commandés de ce type. Il a indiqué que la flotte d’EgyptAir devrait atteindre 97 avions à l’horizon 2030-2031.
La compagnie a également loué 18 nouveaux Boeing B737-8 MAX. Le premier appareil a déjà été réceptionné, tandis que les autres seront livrés progressivement au cours des années 2026 et 2027.
De son côté, le président de la holding EgyptAir, le pilote Ahmed Adel, a indiqué que le réseau aérien de la compagnie pour l’exercice 2024-2025 comprenait 82 destinations internationales au départ de l’aéroport du Caire, quatre destinations internationales depuis l’aéroport international d’Alexandrie et six destinations domestiques. Il a également souligné l’ouverture de nouvelles lignes vers Zurich, Prague, Mogadiscio, Djibouti, Abidjan, Taëf, Tabouk et Misrata.

Les réalisations d’EgyptAir ne se limitent pas à l’expansion de sa flotte. En 2025, la compagnie a remporté le prix de la meilleure compagnie aérienne d’Afrique pour les services offerts aux passagers. Elle a également obtenu la 68e place du classement des cent meilleures compagnies aériennes mondiales, gagnant vingt places par rapport à 2024, selon l’évaluation de l’organisme international Skytrax, référence mondiale en matière de classement des compagnies aériennes. Cette distinction constitue une reconnaissance internationale des progrès significatifs réalisés dans l’amélioration des services aux voyageurs.
Le prix a été remis lors d’une cérémonie officielle organisée en marge de la 55e édition du Salon aéronautique du Bourget à Paris, en présence du ministre de l’Aviation civile, le Dr Sameh Al-Hefni, du président de la holding EgyptAir, le pilote Ahmed Adel, du président de la compagnie EgyptAir Airlines, le pilote Mohamed Alyan, ainsi que de plusieurs hauts responsables du ministère de l’Aviation civile.

- L’ingénieur Fahim Rayan
L’année dernière a également été marquée par une performance remarquable des ingénieurs de la société EgyptAir Maintenance & Engineering. Le constructeur Airbus a adressé ses remerciements à EgyptAir et salué le niveau de coordination et la rapidité d’intervention des équipes techniques de la compagnie lors de la mise en œuvre, en un temps record, des mises à jour logicielles récemment publiées pour les appareils de la famille A320.
À l’occasion de son anniversaire, EgyptAir a également lancé un projet de réhabilitation de son identité patrimoniale à travers l’application d’une livrée rétro sur un Boeing B737-800. Cette initiative remet à l’honneur le logo historique rouge et or utilisé dans les années 1980, traduisant la fierté de la compagnie pour son héritage et son attachement à son histoire.

La naissance d’une compagnie nationale
L’idée de créer une compagnie aérienne nationale a émergé dans les années 1920 sous l’impulsion du grand économiste Talaat Harb, qui s’était donné pour mission de concrétiser le rêve de jeunes Égyptiens désireux de fonder une compagnie d’aviation civile nationale.
Parmi les premières initiatives figurait celle de Kamal Aloui, parti à Paris en 1929 pour apprendre les techniques de l’aviation. Il acheta alors le premier avion enregistré en Égypte sous l’immatriculation SU-AAA, avant de l’offrir par la suite à EgyptAir.
L’idée de la création de la compagnie prit véritablement forme après l’exploit du pilote Mohamed Sedky, premier aviateur égyptien à rallier Le Caire depuis Berlin à bord de son avion « Princesse Faïza », le 26 janvier 1930, date désormais célébrée comme la Journée de l’aviation civile égyptienne.

Kamal Aloui, Mohamed Sedky et Talaat Harb unirent alors leurs efforts, avec le soutien de la Banque Misr, pour concrétiser ce projet. Le 7 mai 1932, un décret royal officialisa la création de la compagnie sous le nom arabe de « Société égyptienne des lignes aériennes » et le nom anglais « Misr Airwork ». Les Égyptiens devaient détenir au moins 60 % du capital social, fixé initialement à vingt mille livres égyptiennes.
L’un des moments les plus marquants de cette époque fut le lancement, en 1936, des premières liaisons vers Djeddah et Médine. Les avions d’EgyptAir devinrent alors les premiers au monde à atterrir dans les deux villes saintes.

- Le pilote Mohamed Sedky
Expansion internationale
En octobre 1936, l’Égypte entra dans l’histoire de l’aviation avec l’obtention par Lotfia El Nadi de sa licence de pilote privé, ouvrant la voie à de nombreuses femmes pilotes telles qu’Aziza Moharram, Linda Massoud et Nafissa Al-Ghamrawi.
Parallèlement, EgyptAir développa rapidement son réseau avec des vols vers Alexandrie, Marsa Matrouh et Assouan, avant d’étendre ses dessertes à Lod et Haïfa en Palestine dès l’année suivante.
La compagnie poursuivit ensuite l’élargissement de son réseau vers Port-Saïd, Minya, Assiout, Jaffa, Chypre et Bagdad.
Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939, EgyptAir entra dans une nouvelle phase de son histoire. Après le retrait de son partenaire britannique Airwork, le capital devint entièrement égyptien et la compagnie prit en 1941 le nom de « Misr Airlines ».

Les compétences des ingénieurs et techniciens égyptiens se révélèrent alors exceptionnelles. Les ateliers techniques fabriquèrent de petits avions destinés à l’entraînement de l’artillerie britannique et transformèrent également des appareils militaires Avro 19 et Anson en avions civils de transport de passagers. Les célèbres avions Dakota furent eux aussi reconvertis en appareils civils dans les ateliers d’Almaza.
Après la guerre, EgyptAir poursuivit la modernisation de sa flotte, qui atteignit 18 avions civils en juillet 1946.
Une étape décisive fut ensuite franchie avec l’acquisition de cinq avions Viking d’une capacité de 24 passagers, marquant le passage de l’ère des petits appareils à celle des grands avions et introduisant pour la première fois des équipages de cabine dédiés au service des passagers.

Une nouvelle dynamique
Après la Révolution de 1952, EgyptAir bénéficia d’un soutien accru de l’État, qui augmenta son capital de 300 000 à un million de livres égyptiennes. Cette contribution permit notamment l’acquisition de cinq appareils Viscount à quatre moteurs et cinquante-deux sièges.
La compagnie introduisit également son premier simulateur de vol pour la formation de ses pilotes, devenant pionnière dans ce domaine. L’institut de formation d’EgyptAir devint alors une référence régionale.
Les grandes étapes de modernisation
Les années 1960 furent marquées par plusieurs évolutions majeures, notamment l’intégration de trois appareils De Havilland Comet 4C et l’ouverture de la plus longue ligne de la compagnie reliant Le Caire à Rome, Francfort, Zurich et Londres.
L’un des événements les plus importants de cette période fut la décision du président Gamal Abdel Nasser de fusionner EgyptAir avec Syrian Airways en 1960 pour créer la « Compagnie arabe unie de transport aérien », dans le cadre de l’union entre l’Égypte et la Syrie.

En 1962, la compagnie fut restructurée sous l’appellation « Organisation arabe générale de l’aviation », regroupant plusieurs filiales, dont les lignes internationales, les lignes domestiques, les services aéroportuaires et la société de tourisme Karnak. Les boutiques hors taxes d’EgyptAir furent également inaugurées à l’aéroport du Caire en 1963.
L’ère de l’ingénieur Mohamed Fahim Rayan
En 1980, l’ingénieur Mohamed Fahim Rayan fut nommé commissaire général d’EgyptAir avant de devenir président du conseil d’administration entre 1981 et 2002. Cette période fut marquée par une expansion sans précédent de la flotte avec l’acquisition d’Airbus A300-B4, de Boeing 767-200 et 767-300, d’Airbus A320-200, de Boeing 737-500, de Boeing 777-200 et d’Airbus A340-200 destinés aux marchés nord-américain et japonais.
Parallèlement, la compagnie modernisa ses infrastructures en développant ses centres de formation et ses simulateurs de vol, ainsi qu’un vaste complexe technique doté des technologies les plus avancées pour la maintenance et la révision des avions et moteurs.
Cette période vit également la création du complexe administratif des employés et de l’hôpital EgyptAir.

Une nouvelle restructuration
Le premier ministère de l’Aviation civile fut créé en 2002 et EgyptAir fut transformée en holding directement rattachée au ministère. Les différents secteurs furent réorganisés en filiales spécialisées couvrant le transport aérien, la maintenance, les services au sol, le fret, le tourisme, les boutiques hors taxes et les services médicaux.
Parmi les premiers succès de cette nouvelle structure figura l’obtention, en 2004, de la certification IOSA délivrée par l’Association du transport aérien international (IATA), faisant d’EgyptAir la première compagnie aérienne d’Afrique et de la région à recevoir cette distinction, ainsi que la dix-septième au niveau mondial.
En 2007, EgyptAir reçut une invitation officielle pour rejoindre Star Alliance, qu’elle intégra officiellement en juillet 2008 comme vingt-et-unième membre de la plus grande alliance mondiale du transport aérien, qui regroupe aujourd’hui 26 compagnies desservant près de 1 300 destinations dans 193 pays.
Cette réussite internationale fut accompagnée de l’inauguration, en décembre 2008, du terminal 3 de l’aéroport international du Caire, devenu le principal hub d’EgyptAir et des compagnies membres de Star Alliance.
Un rôle national dans les crises

Le rôle national d’EgyptAir apparaît particulièrement lors des crises et catastrophes. Pendant la pandémie de coronavirus, la compagnie a organisé des centaines de vols exceptionnels ayant permis le rapatriement de 77 000 ressortissants bloqués à travers le monde, en coordination avec les ministères des Affaires étrangères et de l’Immigration.
À la suite des événements politiques en Libye, EgyptAir a également assuré le retour d’environ 12 000 citoyens égyptiens. Des opérations similaires ont été organisées pour les ressortissants bloqués en Syrie.
Plus récemment, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, la compagnie a mis en place plusieurs vols vers la Pologne et la Roumanie afin de rapatrier les étudiants égyptiens ayant franchi les frontières ukrainiennes vers ces deux pays.





