Interviewé par : Mohamed El Sayed El Azzawy
Rédigée par : Ingi Amr
L’ambassadeur du Canada en Egypte, S.E. M. Louis Dumas, dans une interview avec Le Progrès Dimanche
L’Egypte et le Canada entretiennent des relations bien établies et diversifiées axées sur plus de 40 ans de coopération. Les principaux aspects des relations égypto-canadiennes renferment un commerce bilatéral croissant et une coopération relative au maintien de la paix internationale, notamment au moyen d’une participation à la Force Multinationale d’Observateurs (FMO), au Sinaï. Plus la promotion de la gouvernance démocratique, des droits des femmes et des filles, le soutien à une croissance inclusive et la réduction de la pauvreté.
A la résidence de l’ambassadeur du Canada en Egypte, S.E. M. Louis Dumas, Le Progrès Dimanche a eu une interview avec le diplomate, portant sur les relations égypto-canadiennes. Etait présent à l’interview, le Consul du Canada, M. Matthew Friesen.
Histoire d’une résidence
Tout d’abord, l’ambassadeur a jeté la lumière sur l’histoire de la résidence qui fut construite en 1924 par un architecte italien et où habitait la Reine Farida ex-épouse du Roi Farouk, de 1948 à 1951, avant que le Canada ne devienne propriétaire de la résidence en 1962. Il s’agit donc d’un endroit dont l’histoire est associée à l’Histoire des Egyptiens; un endroit qui renferme dans ses replis un chapitre de l’Histoire moderne de l’Egypte.

Carrière de diplomate
M. Dumas a ensuite fait allusion à sa carrière de diplomate qui s’est prolongée tout au long de 32 années environ. Il a commencé sa carrière à Moscou puis s’est rendu en Egypte au début des années 90, précisément de 1993 à 1996. « Lorsque je suis venu en Egypte j’étais agréablement surpris par plusieurs choses. D’abord l’hospitalité des gens ; les gens sont très sympathiques et très accueillants. Et puis la richesse de l’Histoire. Ensuite les relations entre l’Egypte et le Canada qui sont beaucoup plus profondes que je ne croyais. Je suis resté pendant trois ans et demi et c’était une période vraiment fascinante », a déclaré M. Dumas.
Responsabilités régionales
Durant sa mission en Egypte dans les années 90, M. Louis Dumas avait des responsabilités régionales. Il était responsable des migrations non seulement en Egypte mais aussi dans d’autres pays : Soudan, Arabie Saoudite, Yémen, pays du Golfe, Israël et les territoires palestiniens. « J’ai visité plusieurs endroits dans la région. C’était très formateur », a affirmé M. Dumas. Le diplomate est ensuite de retour au Canada, puis en 2007 il part en mission à Singapour puis en Chine, il est de nouveau responsable des migrations. Dumas retourne de nouveau au Canada avant de devenir ambassadeur au Caire.
« Si je compare avec mon expérience de 1993 à 1996 en Egypte, j’ai vu un changement énorme », a souligné M. Dumas faisant allusion aux gros efforts déployés actuellement dans les divers domaines de développement.
Pour ce qui est des relations Egypte-Canada, le côté économique est un côté clé. « L’Egypte est le plus grand partenaire commercial du Canada en Afrique », a affirmé Louis Dumas. Le commerce bilatéral entre le Canada et l’Égypte s’est accru au cours des dernières années pour totaliser environ 2 milliards de dollars par an.
Les principales exportations canadiennes vers l’Egypte incluent le fer, l‘acier et les légumineuses. L’or demeure la principale importation canadienne d’Égypte, plus les textiles et les vêtements. Les entreprises canadiennes ont des investissements importants en Égypte dans les secteurs des produits pétrochimiques, du pétrole et du gaz.
L’Egypte est un marché à découvrir
« L’Egypte est un marché à découvrir. Les entreprises canadiennes vont, à partir de l’année prochaine, découvrir les potentiels que l’Egypte offre. Il y a beaucoup à faire ici en Egypte, beaucoup d’opportunités », a constaté l’ambassadeur.
L’ambassadeur d’Egypte au Canada, un modèle à suivre
Par ailleurs, M. Louis Dumas a souligné le rôle dynamique de l’ambassadeur d’Egypte au Canada, M. Ahmed Abou Zeid, dans la promotion des relations égypto-canadiennes, le qualifiant de « très dynamique » et « d’un modèle à suivre ».
Opportunités d’échanges culturels
Pour ce qui est des échanges culturels, il y a approximativement 100 000 citoyens d’origine égyptienne au Canada, qui forment des collectivités dynamiques. La diaspora canadienne en Égypte, comptant approximativement 40 000 personnes, illustre également les liens étroits qui unissent le Canada et l’Égypte. Ce qui renforce les opportunités d’échanges culturels égypto-canadiens.
« La Covid a ralenti la machine mais on est en train de chercher de nouvelles idées. L’on aimerait faire des expositions, ici à la résidence, d’artistes égyptiens et d’artistes canadiens ; donner la chance aux gens au Caire de venir voir la résidence, c’est un endroit historique…», a indiqué M. Dumas.
Interrogé par le Progrès Dimanche sur les moyens de conquérir le marché canadien et attirer les touristes canadiens, M. Louis Dumas a répondu : « Pour le tourisme, on était très prudent au Canada, à cause de la Covid ». La situation devient de plus en plus positive avec la vaccination, a-t-il souligné. « On encourage fortement les gens à se faire vacciner. Une fois vaccinés, ils peuvent voyager », a ajouté l’ambassadeur. « L’Egypte est un pays à découvrir », a-t-il précisé.
Efforts dynamiques de l’Egypte
Pour ce qui est du développement, l’ambassadeur juge dynamiques les efforts de l’Etat. Qu’il s’agisse de la vision 2030 ou des initiatives lancées en faveur des citoyens comme « Une vie décente » et « 100 millions de santé ».
La croissance au service de tous
En fait, le Canada appuie des projets de développement en Égypte. L’aide au développement est axée sur deux domaines. La croissance au service de tous, visant un secteur privé solide qui favorise les emplois décents et l‘esprit d‘entreprise chez les jeunes et les femmes et en soutenant la promotion des droits économiques et du leadership des femmes. L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, et en améliorant les politiques et les services pour permettre aux femmes de participer à l’économie.
« J’ai récemment visité Minia, en Haute-Egypte, où une aide, sous forme de machines à coudre, fut accordée à des mères de familles pour augmenter leurs revenus », a fait savoir l’ambassadeur.
D’autre part, l’éducation est un domaine très prioritaire pour le Canada. C’est une composante majeure des relations égypto-canadiennes. Établi dans la nouvelle capitale administrative, le campus « Universities of Canada in Egypt » accueille les antennes locales d’universités canadiennes.
La Femme égyptienne a une place de qualité
Interrogé sur les conditions de la Femme en Egypte, à comparer aux années 90, M. Dumas a affirmé que la Femme a toujours été « importante » en Egypte. Elle joue un rôle influent dans la société. Mais sans doute, les années 90 étaient une autre époque. Les femmes aujourd’hui ont une place de qualité dans la société. Elles occupent des postes clés, des positions éminentes. Les plus hautes autorités s’attachent à assurer la présence des Femmes à la Chambre des députés et au Sénat. Sans oublier les femmes qui occupent le poste de ministre. « La direction vers laquelle on va est positive », a précisé M. Dumas.
Pour un environnement sain
En ce qui concerne le domaine écologique, le diplomate canadien a indiqué avoir récemment rencontré la ministre de l’Environnement et l’avoir remerciée pour les grands efforts déployés dans le domaine écologique. Efforts visant à créer un environnement sain et à sensibiliser sur les questions environnementales. Pour ce qui est du climat, l’ambassadeur a fait savoir que le Canada a doublé le budget consacré à la lutte contre les changements climatiques. Il s’est également félicité de la tenue prévue en Egypte de la COP27.





