Le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli, a dévoilé une série d’indicateurs économiques et énergétiques jugés « extrêmement positifs » lors de sa conférence de presse hebdomadaire tenue au siège du gouvernement dans la Nouvelle Capitale administrative. Entre nouvelles découvertes gazières, investissements étrangers massifs, réforme du secteur public et accélération de la transition énergétique, Le Caire cherche à afficher une image de stabilité et de résilience dans un contexte régional particulièrement tendu.
Au cœur des annonces figure le secteur énergétique, désormais présenté comme l’un des principaux moteurs de la relance économique. Le chef du gouvernement a révélé que plusieurs groupes internationaux se sont engagés à injecter plus de 19 milliards de dollars dans le secteur pétrolier et gazier égyptien au cours des trois prochaines années. Parmi eux figurent les groupes italien ENI, britannique BP, l’émirati Arcius ainsi que l’américain Apache. Selon Moustafa Madbouli, ces engagements traduisent la confiance renouvelée des partenaires internationaux dans l’économie égyptienne malgré les turbulences mondiales.
Le Premier ministre a également insisté sur les progrès réalisés dans le règlement des arriérés dus aux compagnies étrangères opérant dans le secteur énergétique. La dette, qui dépassait 6 milliards de dollars il y a deux ans, aurait été ramenée à 714 millions de dollars, avec une promesse d’apurement total avant fin juin 2026. Cette dynamique, selon le gouvernement, a contribué à relancer les activités d’exploration et de forage en Méditerranée et dans le delta du Nil.
Parmi les projets mis en avant figure le champ gazier « Denis », dont les réserves sont estimées à plus de deux trillions de pieds cubes de gaz naturel. Ce site, actuellement en développement au large de la Méditerranée, pourrait couvrir à lui seul jusqu’à 10 % des besoins égyptiens en gaz une fois pleinement opérationnel à partir de 2027. Le Premier ministre a par ailleurs salué les compétences des ingénieurs et ouvriers égyptiens travaillant sur la plateforme « Al-Qaher 2 », affirmant que leur expertise est désormais reconnue par les grandes compagnies internationales.
Sur le plan de la transition énergétique, le gouvernement entend accélérer fortement le recours aux énergies renouvelables. L’objectif fixé est désormais de porter la part des énergies propres à 45 % du mix énergétique national d’ici 2028, soit plus tôt que prévu initialement. Plusieurs projets éoliens et de stockage d’énergie doivent voir le jour dans la région du golfe de Suez et de Zaafarana, avec des capacités annoncées de plusieurs milliers de mégawatts.
En parallèle, l’exécutif poursuit sa stratégie d’ouverture économique. Moustafa Madbouli a confirmé que près de 30 entreprises publiques seront introduites à la Bourse égyptienne en vue de céder une partie de leur capital à des investisseurs et à des citoyens. Cette démarche s’inscrit dans la politique de l’État visant à élargir la participation du secteur privé et à optimiser la valorisation des actifs publics.
Le chef du gouvernement a également abordé les tensions régionales, condamnant fermement les attaques visant les Émirats arabes unis ainsi que les répercussions des troubles sécuritaires sur les marchés énergétiques mondiaux. Il a reconnu que les fluctuations des prix du pétrole et du transport maritime constituent un défi supplémentaire pour l’économie égyptienne, tout en assurant que l’État travaille à sécuriser durablement ses besoins énergétiques et à préserver la stabilité des approvisionnements.
Enfin, Moustafa Madbouli a annoncé la transmission au Parlement de nouveaux projets de lois relatifs au statut personnel des citoyens musulmans et chrétiens. Le Premier ministre a assuré que ces textes avaient été élaborés après de longues consultations avec des experts et qu’ils resteraient ouverts aux amendements parlementaires afin de parvenir à un équilibre protégeant les familles égyptiennes.





