Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Dr Abdelaziz Konsowa, a annoncé le déploiement d’une stratégie nationale globale visant à positionner l’Égypte comme un hub régional pour l’enseignement supérieur, l’innovation et la recherche. S’inscrivant dans le cadre des directives de la direction politique, cette initiative ambitionne de maximiser le retour sur investissement de l’État dans ce secteur pour en faire un moteur de développement économique et social. Pour y parvenir, le ministère s’appuie sur trois piliers fondamentaux : l’internationalisation de l’enseignement égyptien, la transition vers une économie de la connaissance, et la modernisation des infrastructures institutionnelles et humaines, tout en alignant les compétences des diplômés sur les besoins réels du marché du travail.
Une refonte des critères d’évaluation et de promotion
Dans cette perspective, la philosophie de la recherche scientifique en Égypte s’apprête à vivre une transformation majeure. Désormais, l’évaluation ne reposera plus uniquement sur le volume des publications académiques, mais mesurera l’impact économique et social concret des travaux. L’objectif est de traduire les savoirs en solutions technologiques et en produits industriels viables. Cette transition s’appuie sur la solide assise scientifique du pays, qui occupe le 25e rang mondial pour les publications internationales, avec plus de 46 000 recherches publiées (dont plus de la moitié dans des revues de premier plan Q1) et un vivier de plus de 140 000 chercheurs. Pour accompagner ce changement de paradigme, un tout nouveau parcours de promotion académique basé sur l’innovation et l’économie de la connaissance sera introduit en parallèle du système traditionnel, soutenu par des financements ciblés et l’activation d’alliances de maturité technologique et industrielle.
Du laboratoire à l’usine : Des outils concrets pour l’innovation
Afin de fluidifier le passage de l’idée au marché de manière institutionnelle, le ministère lance l’initiative « De l’université à l’usine », une plateforme collaborative de transfert de connaissances dotée d’un financement progressif initialement public, puis élargi au secteur privé. L’écosystème sera renforcé par la généralisation des unités de transfert de technologie et de gestion de la propriété intellectuelle, la création de trois vallées technologiques (dédiées à l’agroalimentaire, la santé, les matériaux et l’énergie) ainsi que le déploiement de laboratoires vivants (Living Labs) dans les gouvernorats pour tester les innovations en conditions réelles. De plus, des chaires de recherche industrielle seront créées pour résoudre les défis techniques des entreprises.
En parallèle, un projet national de modernisation des laboratoires centraux sera mené en coopération avec le ministère de la Production militaire. Il se concrétisera par la mise en place d’un réseau numérique cloud unifié reliant les universités, les centres de recherche et le tissu industriel. Ce réseau permettra une utilisation optimale des équipements scientifiques grâce à des services dématérialisés comme la réservation en ligne et le suivi électronique des échantillons. Selon le porte-parole du ministère, le Dr Adel Abdel Ghaffar, cette restructuration stratégique marque l’avènement d’un modèle intégré où la science devient une source directe de valeur ajoutée, propulsant la compétitivité de l’Égypte conformément aux objectifs de développement durable de la vision « Égypte 2030 ».





