On dit souvent que Le Caire est un musée à ciel ouvert. Si sa réputation historique repose sur les majestueuses pyramides de Guizeh ou l’ouverture récente du Grand Musée Égyptien (GME), la capitale abrite également une effervescence artistique contemporaine nichée dans ses quartiers historiques et ses galeries d’avant-garde. Entre institutions d’État et joyaux cachés, voici les cinq étapes essentielles pour comprendre l’âme artistique de la mégapole.
Par Marwa Mourad
1. Le Musée d’Art Moderne Égyptien
Leg : Complexe de l’Opéra du Caire, Zamalek.
Situé dans l’enceinte de l’Opéra du Caire à Zamalek, ce musée est la mémoire vivante des transformations sociales et culturelles de l’Égypte. Pour Younis, c’est un passage obligé : « C’est ici que l’on comprend comment les artistes égyptiens ont questionné leur époque. Les œuvres sont chargées de politique, de tensions sociales et de convictions personnelles. C’est une archive visuelle vibrante qui continue de résonner avec le présent.
2. Le Palais du Prince Taz
Leg : Quartier de Darb Al-Ahmar, près de la mosquée Al-Azhar.
Au cœur de l’effervescence de Darb Al-Ahmar, ce palais de l’époque mamelouke prouve que le patrimoine n’est pas qu’un décor de cinéma. Utilisé activement pour des expositions — notamment par Art Cairo cette année — ses cours intérieures et ses moucharabiehs imposent un rythme particulier aux œuvres contemporaines. « L’architecture dicte le tempo, forçant les créations modernes à dialoguer avec des siècles d’histoire », souligne Mohamed Younis.
3. Le quartier de Zamalek
Leg : Île de Gezira, Le Caire
Plus qu’une destination, l’île de Gezira est un « écosystème » à elle seule. Avec plus de 30 galeries concentrées sur un périmètre restreint, Zamalek permet d’explorer la diversité de l’art égyptien en une seule promenade. Des espaces expérimentaux aux galeries les plus établies, le quartier offre un instantané complet des tendances actuelles.
4. Le Musée Farouk Hosny
C’est la nouveauté du mois de janvier 2026. Dédié à l’œuvre du peintre et ancien ministre de la Culture Farouk Hosny, ce musée est une rareté au Caire : un espace entièrement géré par un artiste. « Le parcours est contemplatif, façonné par des années de pratique et d’engagement culturel loin des modes éphémères. C’est un lieu de maturité et de profondeur », explique Younis.
5. Le Musée de la Céramique Islamique
Nichée dans le somptueux palais du Prince Amr Ibrahim, cette collection est un véritable trésor caché. Pour le directeur d’Art Cairo, c’est une leçon d’esthétique : ” Ce musée rappelle que, dans notre culture, la beauté faisait partie intégrante de la vie quotidienne. La céramique y est un langage visuel complet, jouant sur la couleur et la géométrie avec une maîtrise absolue. “





