Dr Badr Abdel-Aati, ministre des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Affaires des Égyptiens à l’étranger, s’est entretenu par téléphone, le vendredi 19 décembre, avec le ministre français des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot. Cet échange s’inscrit dans le cadre des consultations régulières entre Le Caire et Paris visant à coordonner les positions et à partager les analyses sur les principales évolutions régionales d’intérêt commun.
Selon l’ambassadeur Tamim Khallaf, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, les deux ministres ont procédé à un tour d’horizon de la situation dans la bande de Gaza. À cette occasion, le Dr Abdel-Aati a salué la position française en faveur des droits légitimes du peuple palestinien, rappelant également la reconnaissance historique par la France de l’État palestinien. Il a souligné la nécessité d’une mobilisation internationale concertée pour assurer la mise en œuvre de la résolution 2803 du Conseil de sécurité et permettre à la force internationale de stabilisation d’exercer pleinement le mandat qui lui a été confié. Le chef de la diplomatie égyptienne a insisté sur l’importance de consolider le cessez-le-feu, conformément au plan proposé par le président américain Donald Trump, et d’engager la deuxième phase de ce plan. Il a également mis l’accent sur l’impératif de garantir un acheminement sûr et sans entraves de l’aide humanitaire vers Gaza, de créer les conditions d’un redressement précoce et de la reconstruction, ainsi que d’avancer dans la mise en place d’un comité palestinien de technocrates chargé de l’administration du territoire.
Les discussions ont également porté sur la situation au Soudan. Le Dr Abdel-Aati a exposé les efforts déployés par l’Égypte dans le cadre du mécanisme quadripartite afin d’aboutir à un cessez-le-feu ouvrant la voie à un processus politique soudanais inclusif. Il a réaffirmé les principes constants de la position égyptienne, fondée sur le respect de la souveraineté du Soudan, l’unité et l’intégrité de son territoire, le rejet de toute tentative de partition et le soutien aux institutions de l’État. Il a appelé à une coordination accrue des efforts régionaux et internationaux pour favoriser l’apaisement, instaurer un cessez-le-feu durable et garantir des couloirs humanitaires sûrs permettant l’acheminement de l’aide au peuple soudanais.
Le ministre égyptien a par ailleurs informé son homologue français des conclusions de sa récente visite au Liban. Il a réaffirmé le rejet par l’Égypte de toute atteinte à la souveraineté libanaise et la nécessité de préserver l’unité et l’intégrité territoriale du pays, tout en soutenant les institutions nationales afin qu’elles puissent assumer pleinement leurs responsabilités en matière de sécurité et de stabilité.
Enfin, l’entretien a abordé le dossier libyen. Le Dr Abdel-Aati a souligné l’importance de parvenir à un règlement politique global, conduit et approprié par les Libyens eux-mêmes, débouchant sur l’organisation simultanée d’élections présidentielle et législatives dans les plus brefs délais. Il a également insisté sur la nécessité du retrait de l’ensemble des forces étrangères, combattants étrangers et mercenaires du territoire libyen, condition essentielle au rétablissement de la sécurité et de la stabilité en Libye et dans la région. Le ministre a réaffirmé, à cet égard, le soutien constant de l’Égypte à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Libye.





