Le ministre égyptien des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Égyptiens de l’étranger, Dr Badr Abdel-Aati, s’est entretenu mercredi 11 mars par téléphone avec Massad Boulos, conseiller principal du président américain chargé des affaires arabes et africaines. Cet échange s’inscrit dans le cadre des consultations régulières entre l’Égypte et les États-Unis sur plusieurs dossiers régionaux, notamment la situation au Soudan, en Libye, dans la région des Grands Lacs et à l’est de la République démocratique du Congo, ainsi que dans la Corne de l’Afrique et la question de la sécurité hydrique de l’Égypte.
Au cours de la conversation, les deux responsables ont abordé les développements liés à l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Le chef de la diplomatie égyptienne a souligné la nécessité d’une mobilisation régionale et internationale pour contenir les tensions et privilégier les solutions politiques et diplomatiques afin d’éviter un élargissement du conflit dans la région.
Concernant la crise soudanaise, Dr Badr Abdel-Aati a réaffirmé le rejet par l’Égypte de toute tentative portant atteinte à l’unité et à l’intégrité territoriale du Soudan. Il a insisté sur l’urgence d’instaurer une trêve humanitaire, de préserver la souveraineté de l’État soudanais et de soutenir ses institutions nationales. Le ministre a également appelé à renforcer les efforts internationaux pour soutenir l’aide humanitaire et en faciliter l’acheminement dans l’ensemble du pays, tout en soulignant qu’il ne saurait être question de mettre sur un pied d’égalité les institutions étatiques et les milices armées. Il a par ailleurs évoqué la décision américaine de classer les Frères musulmans au Soudan comme organisation terroriste, estimant qu’il était essentiel de continuer à soutenir la stabilité de l’État soudanais et de ses institutions.
S’agissant de la Libye, le ministre égyptien a réaffirmé la position constante du Caire en faveur de la préservation de l’unité et de la stabilité du pays, ainsi que de l’unification de ses institutions. Il a insisté sur l’importance d’un règlement politique libyo-libyen global répondant aux aspirations du peuple libyen et garantissant la souveraineté nationale, tout en appelant à poursuivre les efforts visant à relancer le processus politique et à organiser, dans les plus brefs délais, des élections présidentielle et législatives simultanées.
Les discussions ont également porté sur la situation dans la Corne de l’Afrique. Dr Abdel-Aati a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la Somalie, rejetant toute reconnaissance de l’entité autoproclamée du « Somaliland ». Selon lui, une telle démarche constituerait une violation du droit international et porterait atteinte à la stabilité de la région de la Corne de l’Afrique ainsi qu’à la sécurité de la mer Rouge.
Concernant la région des Grands Lacs et l’est de la République démocratique du Congo, le chef de la diplomatie égyptienne a réaffirmé le soutien de l’Égypte aux initiatives visant à instaurer la paix et à consolider les processus de réconciliation, condition essentielle au développement durable de la région. Il a également réitéré l’engagement du Caire à soutenir toutes les démarches favorisant la sécurité, la stabilité et le principe de bon voisinage, tout en se déclarant prêt à coopérer avec l’ensemble des partenaires régionaux et internationaux afin d’assurer la mise en œuvre et la pérennité des accords existants.
Sur le dossier de la sécurité hydrique de l’Égypte, Dr Abdel-Aati a salué le message adressé par le président Donald Trump et ses efforts en faveur du renforcement de la paix et de la stabilité. Il a rappelé que le Nil constitue la principale source de vie pour le peuple égyptien, dans un contexte de forte pénurie d’eau. Le ministre a insisté sur l’engagement de l’Égypte en faveur d’une coopération constructive avec les pays du bassin du Nil, conformément aux principes du droit international et dans le respect des intérêts communs, tout en rejetant fermement toute mesure unilatérale concernant ce fleuve transfrontalier.
De son côté, Massad Boulos a salué le rôle central joué par l’Égypte dans la promotion de la sécurité et de la stabilité régionales. Il a également souligné les efforts déployés par Le Caire pour soutenir les processus de règlement politique des conflits au Moyen-Orient et en Afrique, réaffirmant la volonté de Washington de poursuivre la coordination et les consultations avec l’Égypte sur les différentes questions régionales et internationales d’intérêt commun.





