Avec le début de chaque saison, on aperçoit sur les réseaux sociaux de nombreux posts pour ou contre telle ou telle saison. Avec le début de l’automne et la baisse progressive des températures, les fans d’hiver hantent la toile avec des photos de pluies, vents, neige, etc… en exprimant leur joie de voir leur saison favorite revenir une fois de plus. A l’opposé, les fans d’été pleurent la fin de leur saison favorite.
Par Ghada Choucri



La météo et sa relation avec le moral a toujours été objet de polémique. La plupart des études concluent que les variations météorologiques n’ont que peu ou pas d’effet sur notre bien-être. “Les recherches scientifiques qui sont faites à ce sujet ne démontrent aucune corrélation significative entre la météo et l’humeur ou les rhumatismes”, a expliqué Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne lors des affirmations faites à Santé Magazine. Selon des chercheurs néerlandais, cette relation est difficile à mettre en évidence parce que le temps qu’il fait n’affecte l’humeur que d’un sous-ensemble de la population, avec une intensité qui varie d’un individu à l’autre, rendant les conclusions générales difficiles. Si le lien direct entre la météo et le moral n’a jamais été scientifiquement prouvé, il est démontré que la lumière joue un rôle crucial dans la régulation de notre horloge biologique et les fonctions qui en découlent (l’humeur en fait partie). “En réalité, plus que la météo, c’est l’absence de lumière qui a un impact négatif sur notre organisme”, explique Johanna Rozenblum. C’est en effet la lumière qui régule notre horloge biologique et saisonnière. Grâce aux informations recueillies par la rétine, comme la durée et l’intensité d’ensoleillement, l’hypothalamus situé dans le cerveau informe le corps qu’il doit s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.
Dépression saisonnière
La dépression saisonnière est une forme de dépression qui intervient à certains moments de l’année. Elle survient à l’automne lorsque la lumière du jour commence à diminuer, et dure jusqu’au printemps, s’amende en été et reprend à chaque automne. “Elle touche des personnes qui sont très sensibles à la luminosité. Dès lors que celle-ci commence à diminuer, vers le mois d’octobre ou de novembre, elles vont présenter les mêmes symptômes que la dépression classique. La différence, c’est que sa survenue chez elles est liée à la luminosité qui joue très clairement sur leur moral “, commente le Pr Bénédicte Gohier. On parle aussi de “blues de l’hiver” ou de “déprime hivernale”, selon Le journal Des Femmes.
Météo-sensibilité !
Il est vrai qu’on assiste à de véritables variations d’humeur en fonction du climat, du taux d’humidité, des changements de saison ou de la température”, explique Séverine Némesin, psychologue clinicienne à Top Santé. Certes, mais pourquoi ? Et que savons-nous de cette fameuse météo-sensibilité ? Plus une journée est ensoleillée, plus on a d’énergie et l’envie de bouger, explique la psychologue : “Lorsque la lumière baisse, je constate une certaine forme d’apathie chez mes patients. Et il faut savoir également que l’exposition de la peau au soleil permet la récupération, par l’organisme, de la vitamine D, qui est directement impliquée dans la recapture de la sérotonine, l’hormone du bonheur.” L’équation est donc simple : moins vous voyez la lumière du jour, comme en hiver, plus votre humeur en pâtit. Mais ce n’est pas tout : “l’ensoleillement a également un impact sur les rythmes circadiens du sommeil.
Lorsqu’il fait nuit plus tôt, l’endormissement peut être affecté, et les réveils plus compliqués.”. Une question demeure : sommesnous tous égaux face à la météosensibilité ? “Non”, répond la psychologue. “Tout cela varie en fonction de la façon dont on a été acclimaté à différents environnements, mais aussi de la sensibilité de chacun. Certains individus ont des seuils de tolérance très hauts, et d’autres très bas.” Et si vous faites partie de la seconde catégorie, sachez qu’il existe cependant des moyens d’y faire face.
Du moins en hiver : “le simple fait de savoir tout cela et de l’intégrer peut déjà aider. Mais au-delà de ça, vous pouvez aussi faire recours à des lampes de luminothérapie pour pallier au manque d’ensoleillement, et faire doser votre vitamine D pour repérer d’éventuelles carences. Si le temps joue vraiment sur nos émotions et spécialement pour les personnes pour qui la météo joue un rôle important sur leur humeur, il existe une thérapie qui tend à se développer de plus en plus et spécialement dans les pays où le soleil se fait plus discret (voire inexistant) pendant de longs mois : la luminothérapie. Une demi-heure d’exposition à une lampe très puissante par jour suffirait à combler le manque de soleil responsable de certaines dépressions. Moins puissant mais plus doux et très efficace, le simulateur d’aube permet d’être exposé à une lumière douce et progressive alors que l’on dort encore. Ainsi, le rythme biologique s’adapte mieux au raccourcissement des jours dès le début de l’automne, peut-on lire sur Passeport Santé.
Dépression estivale





