Réputé dans le monde entier grâce à ses très longues fibres, le coton égyptien, en particulier du Delta du Nil, était, au XIXe siècle, la principale source de richesse du pays. Mais des décennies d’une concurrence internationale acharnée, face notamment au coton à fibres courtes – bon marché et très prisé des mastodontes du textile – ont laminé la filière égyptienne. Fin février 2020, le président Abdel Fattah Al-Sissi a appelé à produire plus de coton local. Objectif, redonner à l’Égypte une place dans la cour des grands alors que la production a baissé de 50% dans le pays ces dix dernières années.
L’Égypte a établi un record d’exportation de coton en 2021 en envoyant 1,8 million de kantars dans 28 pays d’une valeur de 4 milliards de livres (environ 256 millions de dollars), ce qui a ravivé l’espoir que l’Egypte retrouverait sa position en tant que leader sur la carte mondiale du coton. Selon le président de l’Organisme général d’arbitrage et de tests du coton en Égypte, Mohamed Khedr, les graines de coton sont actuellement « les types de graines les plus propres au monde », et les usines d’égrenage de coton qui ont été établies sont équipées de laboratoires internationaux et des équipements les plus modernes. Grâce à l’obtention par l’Egypte de la certification Better Cotton Initiative (BCI), ainsi qu’à l’orientation du pays vers la production de coton à fibres courtes et de coton coloré, le pays est sur le bon chemin.
La question qui se pose maintenant : l’Égypte réussira-t-elle à redonner l’éclat à « l’or blanc» sur les marchés mondiaux ? Les prix du coton égyptien sont passés de 2 500 livres en 2020 à 3 800 livres en 2021, une augmentation attrayante et encourageante facilitant alors aux agriculteurs de reprendre à nouveau la culture stratégique.
La culture du coton a connu un essor sans précédent en Égypte, de sorte que les surfaces cultivées se sont multipliées. Le gouvernement a présenté des facilités aux paysans pour se consacrer à la culture du coton égyptien à longues fibres; ce genre universel qui entre en concurrence avec le coton américain “pima”.
Les experts soulignent que le coton connaîtra un boom de productivité cette année 2021, tout en espérant que les prix continueront d’augmenter l’année prochaine 2022 pour dominer fortement sur le marché mondial. Le professeur d’économie agricole, Jamal Siam, déclare que la hausse des prix du coton cette année après une baisse l’année dernière est considérée comme “un bon indicateur pour encourager les agriculteurs à le cultiver, après que l’État a mis en œuvre la hausse mondiale”. Siam a confirmé que «le gouvernement avait adopté des prix l’année dernière qui détruisaient le coton égyptien et réduisaient sa productivité » .
« L’ancien prix, qui est de 2 500 livres le quintal, ne couvre pas les coûts de production, et le prix bas, par conséquent, conduit à une restriction de la surface cultivée », at-il ajouté. Et de souligner qu’une autre raison qui a favorisé l’augmentation de la superficie cultivée du coton, est la restriction des superficies rizicoles qui a permis l’expansion de la culture du coton. Il a poursuivi qu’il existe 5 variétés de coton égyptien à longues fibres et 3 variétés à usage spécial, notant que la variété “Guiza 94” est la plus demandée. Promouvant la qualité égyptienne, la styliste Marie Louise Bichara a dédié l’une de ses lignes au coton local, dans l’usine qu’elle dirige au nord du Caire. « Nous essayons de montrer au monde que si on veut fabriquer des produits de luxe, il faut utiliser le coton +extra long+ du Delta », explique-t-elle.
Les chemises, pantalons et vestes “Made in Egypt” qu’elle conçoit, disparaissent rapidement des rayons des boutiques de prêt-à-porter non seulement en Egypte mais aussi en France et en Italie, se félicite-t-elle.














