Le Premier ministre, Moustafa Madbouli, a détaillé, lors de sa conférence de presse hebdomadaire tenue dans la nouvelle capitale administrative, les mesures adoptées par le gouvernement pour faire face à une crise économique mondiale exacerbée par les tensions géopolitiques actuelles.
D’emblée, le chef du gouvernement a insisté sur la volonté de l’exécutif d’informer les citoyens « en toute transparence » sur les décisions prises, soulignant que l’Égypte n’échappe pas aux répercussions d’un contexte international marqué par une guerre aux effets économiques lourds, notamment sur les marchés de l’énergie.
Une facture énergétique en forte hausse
Les chiffres avancés par le Premier ministre illustrent l’ampleur du choc. La facture mensuelle des importations de gaz naturel est passée de 560 millions de dollars à 1,65 milliard de dollars, soit une augmentation de plus d’un milliard de dollars par mois.
Dans le même temps, les prix des produits pétroliers ont connu une envolée spectaculaire. Le baril de pétrole, qui s’établissait à 69 dollars avant la crise, dépasse désormais les 100 dollars, avec des projections pouvant atteindre 150 à 200 dollars en cas d’aggravation du conflit.
Le diesel, élément central de l’activité économique, a quant à lui vu son prix bondir de 665 à plus de 1600 dollars la tonne, soit une hausse proche de 1000 dollars.
Un appel au rationnement
Face à cette pression sans précédent, le gouvernement appelle à un effort collectif de rationalisation de la consommation. « Plus nous réussirons à réduire notre consommation, plus nous allégerons la facture supportée par l’État », a affirmé le Premier ministre.
Cet effort concerne aussi bien l’usage de l’électricité que les déplacements ou encore la consommation de carburant. L’objectif est d’éviter un recours accru à la hausse des prix, qui pourrait alimenter l’inflation.
Des mesures concrètes dès la fin du Ramadan
Parmi les décisions annoncées :
- La fermeture des commerces, centres commerciaux, restaurants et cafés à 21h en semaine, et à 22h les jeudis et vendredis, à partir du 28 mars.
- L’extinction des éclairages publicitaires et la réduction de l’éclairage public.
- La fermeture complète du quartier gouvernemental à 18h après l’Aïd, avec recours au télétravail pour certaines tâches administratives.
Le gouvernement envisage également la généralisation du travail à distance un à deux jours par semaine dans les secteurs non essentiels.
Préserver l’économie sans pénaliser le citoyen
Malgré ces mesures, Moustafa Madbouli a tenu à rassurer : « Le gouvernement ne cherche en aucun cas à exercer une pression sur les citoyens », affirmant que les décisions sont dictées par la nécessité de préserver l’équilibre économique du pays.
Il a par ailleurs insisté sur la priorité donnée au maintien de l’activité industrielle et à la disponibilité des produits sur le marché, soulignant que les stocks actuels permettent d’éviter toute pénurie.
Une gestion sous tension d’une crise mondiale
En conclusion, le Premier ministre a rappelé que l’Égypte fait face à une crise globale dont les effets dépassent largement ses frontières. Saluant la résilience de l’économie nationale, il a assuré que l’État poursuivra une approche progressive dans ses décisions, afin de limiter l’impact sur les citoyens tout en garantissant la continuité de l’activité économique.
Dans un contexte incertain, le mot d’ordre reste clair : anticiper, rationaliser et maintenir la stabilité.




