Patrimoine, tourisme et culture : cette semaine, plusieurs médias internationaux mettent en avant une Égypte tournée vers l’avenir sans renier son histoire. Du spectaculaire chantier de reconstitution du phare d’Alexandrie à la dématérialisation du visa touristique, en passant par le regard sensible de l’actrice Rosaline Elbay sur Le Caire, tour d’horizon de trois articles qui ont retenu l’attention.
Le phare d’Alexandrie renaît des profondeurs
Un trésor englouti reprend vie
Après des siècles passés sous les eaux de la Méditerranée, le légendaire phare d’Alexandrie, l’une des Sept Merveilles du monde antique, dévoile peu à peu ses secrets. Dans le cadre du projet Pharos, une équipe internationale d’archéologues a réussi à remonter 22 blocs monumentaux, pesant chacun entre 70 et 80 tonnes, provenant de l’ancien édifice. Parmi ces éléments figurent des linteaux, des montants de portes, des seuils et de vastes dalles de pierre qui constituaient probablement l’entrée monumentale du phare, où se mêlaient influences architecturales égyptiennes et grecques.
Les vestiges du monument sont connus depuis leur découverte sous-marine en 1968. En 1994, une mission dirigée par l’archéologue Jean-Yves Empereur avait déjà permis d’identifier plus de 3 300 objets, dont des sphinx, des colonnes, des obélisques et d’imposants blocs de granit dispersés sur les fonds marins. Les opérations récentes marquent une nouvelle étape majeure dans l’étude de ce patrimoine exceptionnel.
Une reconstruction virtuelle sans précédent
Au-delà de leur récupération, les blocs font l’objet d’une numérisation par photogrammétrie de haute précision. Chaque pierre est transformée en modèle numérique afin d’être intégrée à une base de données comptant déjà plus d’une centaine de blocs scannés au cours de la dernière décennie. Les chercheurs reconstituent ainsi le phare comme un immense puzzle en trois dimensions, en croisant les vestiges archéologiques avec les descriptions laissées par les auteurs de l’Antiquité.
Édifié au IIIᵉ siècle avant notre ère sous Ptolémée Ier sur l’île de Pharos, le monument culminait à plus de 100 mètres et guidait les navigateurs en Méditerranée orientale pendant plus d’un millénaire. Endommagé par plusieurs séismes, notamment celui de 1303, il disparut progressivement avant que certaines de ses pierres ne soient réutilisées, en 1477, pour la construction de la citadelle de Qaitbay. Grâce aux technologies numériques et aux nouvelles découvertes, la silhouette de cette merveille antique reprend aujourd’hui forme, offrant un nouvel éclairage sur l’un des plus célèbres monuments de l’histoire.
L’Égypte passe au visa touristique 100 % numérique
À partir du mois d’août, l’Égypte mettra en place un système de visa touristique entièrement numérique. Les voyageurs pourront effectuer toutes les démarches en ligne avant leur départ, sans avoir à remplir de formulaires à leur arrivée. Cette réforme vise à simplifier les procédures d’entrée sur le territoire et à réduire les délais d’attente dans les aéroports, rapporte le Figaro.
Cette modernisation s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique du pays et de développement du secteur touristique. En offrant un parcours plus fluide et plus rapide aux visiteurs, les autorités égyptiennes espèrent renforcer l’attractivité de la destination et accompagner la hausse attendue du nombre de touristes internationaux.
Rosaline Elbay raconte son Caire
Publié par Cairo Scene, ce portrait donne la parole à l’actrice Rosaline Elbay, qui revient sur les lieux ayant marqué son histoire personnelle avec Le Caire. Elle évoque ses souvenirs d’enfance sur les bateaux du Nil, où ses parents avaient célébré leur mariage, ainsi que son attachement à Zamalek et au centre-ville, deux quartiers qu’elle affectionne pour leur charme, leur histoire et leur atmosphère propice à la promenade. Elle souligne également que Le Caire est une véritable ville qui ne dort jamais, où l’on peut dîner ou boire un jus de canne à sucre à toute heure.
Rosaline Elbay confie aussi sa nostalgie des cafés et restaurants emblématiques du centre-ville, comme Grillon, Estoril et Felfela, ainsi que son attachement à Darb 1718, qu’elle aimerait redécouvrir tel qu’il était autrefois, symbole de créativité et d’espoir. Passionnée d’histoire, l’ancienne étudiante en archéologie à Oxford plaide également pour un regain d’intérêt envers le Village pharaonique, qu’elle considère comme un site incontournable pour les jeunes Égyptiens, tandis que les chansons d’Abdel Halim Hafez et d’Oum Kalthoum restent, pour elle, indissociables des souvenirs familiaux dans les rues du Caire.





