Le Centre d’information et de soutien à la décision du Conseil des ministres a mis en lumière un rapport de l’agence de notation Fitch Ratings consacré aux répercussions des récents événements au Moyen-Orient. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du suivi et de l’analyse continus, par le Centre, des publications des think tanks, institutions internationales et agences de presse régionales et mondiales concernant les conséquences des tensions actuelles dans la région, notamment sous l’angle politique et économique, ainsi que leurs impacts potentiels sur l’Égypte.
Selon le rapport, l’escalade militaire à grande échelle a entraîné une détérioration marquée de la sécurité maritime et des flux commerciaux à travers le golfe Persique et le détroit d’Ormuz, avec des répercussions s’étendant jusqu’à la mer Rouge. La marine américaine a annoncé la création d’une vaste « zone d’alerte maritime » couvrant le golfe Persique, le golfe d’Oman, le nord de la mer d’Arabie et certaines parties de la mer Rouge, précisant qu’elle ne pouvait garantir la sécurité de la navigation commerciale dans ce périmètre. Les navires marchands ont par ailleurs été invités à maintenir une distance minimale de 30 milles nautiques des bâtiments de guerre américains.
Dans ce contexte sécuritaire dégradé, les compagnies maritimes et logistiques disposent d’alternatives extrêmement limitées pour préserver les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ces développements redessinent la cartographie des risques vers un choc systémique des chaînes logistiques : pressions accrues sur les routes maritimes, flambée des primes d’assurance, raréfaction des navires disponibles et perturbations des cycles de stocks. Résultat : une hausse structurelle des coûts de transport, des surprimes liées aux risques de guerre et des besoins en fonds de roulement, notamment dans les flux de commerce énergétique et de conteneurs.
Le comportement des acteurs du marché est ainsi passé rapidement d’une « prudence accrue » à une perturbation tangible. Plusieurs majors pétrolières et grandes maisons de négoce ont suspendu leurs expéditions de brut et de carburants via le détroit d’Ormuz, tandis que d’importantes compagnies maritimes et plusieurs États ont émis des recommandations appelant à éviter la zone ou à réévaluer les risques. Le trafic a ralenti, sur fond de menace d’un arrêt total du passage par le détroit.





