Le président Abdel Fattah Al-Sissi a inauguré, à la Nouvelle-Alamein, la première édition du Forum «Al-Alamein-Afrique », consacré au renforcement de la coopération économique et des partenariats entre les pays africains.
Cette rencontre, organisée à l’initiative de l’Égypte et approuvée par l’Union africaine, se tiendra désormais tous les deux ans à Al-Alamein. Elle réunit le gouvernement égyptien, la Commission de l’Union africaine, l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).
La première édition rassemble plusieurs chefs d’État africains, de hauts responsables du continent, des dirigeants d’institutions financières internationales et régionales ainsi que des représentants du secteur privé venus d’Afrique et d’autres régions du monde.
Al-Sissi : « La stabilité, une condition du développement »
Dans son discours d’ouverture, le président Abdel Fattah Al-Sissi a souligné le lien entre stabilité politique et développement économique. Selon lui, la stabilité constitue une condition essentielle pour attirer les investisseurs et permettre aux entreprises, aux industriels et aux agriculteurs d’évoluer dans un environnement sûr.
Le président a également insisté sur l’importance du renforcement des institutions nationales, du respect de la souveraineté des États, du règlement pacifique des conflits et du principe de bon voisinage pour favoriser la coopération et l’intégration économiques.
Il a rappelé, à cette occasion, l’engagement de l’Égypte en faveur des initiatives de développement sur le continent, soulignant que le développement, l’indépendance et la prospérité des peuples africains constituent, selon lui, des objectifs auxquels il convient de rester attaché.
Pour le président Al-Sissi, le renforcement des échanges entre les pays africains constitue l’un des principaux enjeux économiques du continent.
Il a cité des données selon lesquelles le secteur privé représente plus de 70 % du produit intérieur brut africain, tandis qu’environ 85 % de ses échanges commerciaux s’effectuent avec des entreprises situées en dehors du continent.
Il a également souligné que plus de la moitié des petites et moyennes entreprises ne disposent pas d’informations suffisantes sur les opportunités offertes par les marchés africains voisins. Cette situation les conduit souvent à rechercher des débouchés sur des marchés internationaux plus éloignés.
Dans ce contexte, Al-Sissi a relevé que le commerce intra-africain ne représente encore qu’environ 18 % du commerce total du continent, malgré l’existence de différents accords et dispositifs commerciaux préférentiels.
Le Forum Al-Alamein-Afrique entend précisément contribuer à réduire ces obstacles en rapprochant les entreprises et les investisseurs, en facilitant l’accès à l’information et en favorisant la création de partenariats transfrontaliers.
Mise en œuvre de la ZLECAf
Al-Sissi a également mis l’accent sur le rôle du secteur privé dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Selon lui, le développement de contacts directs entre les acteurs économiques africains doit permettre aux entreprises de mieux identifier les opportunités offertes par les marchés du continent et de contribuer davantage à la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063.
La tenue du forum à la Nouvelle-Alamein coïncide par ailleurs avec l’accueil, par la ville, de la huitième session du Sommet de coordination de mi-année de l’Union africaine. Cette concomitance vise à illustrer le lien entre les dimensions politique et économique de la coopération africaine.
Le président a également insisté sur le potentiel démographique et économique du continent. Il a rappelé que les jeunes représentent environ 65 % de la population africaine et que le continent dispose d’importantes ressources naturelles et humaines.
Il a appelé à renforcer la capacité des pays africains à faire face aux transformations de l’économie mondiale et à participer davantage à la définition du nouvel ordre international.
Évoquant notamment les tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie, il a souligné leurs répercussions sur les économies africaines, notamment à travers la hausse des prix des carburants et des engrais ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement et du transport maritime.
« Le XXIe siècle sera africain »
En conclusion, le président a appelé à construire des États modernes, capables de s’adapter aux mutations économiques mondiales et de contribuer à l’émergence d’un avenir plus juste et plus durable.
Il a estimé que le XXIe siècle pourrait être « un siècle africain » si les pays du continent renforcent leur coopération et leur action commune.
Après la séance inaugurale, Abdel Fattah Al-Sissi, accompagné de plusieurs chefs d’État africains et chefs de délégation, a visité l’exposition économique organisée en marge du forum.
La délégation présidentielle a notamment découvert les stands d’Afreximbank, de l’Agence de développement de l’Union africaine (NEPAD) et de la République arabe d’Égypte, où ont été présentés différents programmes et projets destinés à favoriser l’intégration économique et les partenariats à l’échelle du continent.





